dimanche 11 juin 2017

Frères et soeurs sans rivalité #Eviter d'enfermer un enfant dans un rôle

Aujourd'hui je vous parle une nouvelle fois du recueil "Frères et sœurs, sans rivalité", écrit par Adele Faber et Elaine Mazlish!
J'aborde de nouveau le thème des étiquettes mais cette fois ci dans le cadre de la fratrie!

Je commence tout de suite par une "erreur" que j'ai faite pendant des années...!
Lorsqu'un conflit éclatait entre deux enfants, et que l'un d'entre eux tapait l'autre, je me dirigeais spontanément vers l'"agresseur" en premier (sauf urgence!). Ce n'est qu'en second lieu que je m'adressais à l'agressé...!
Or, en faisant cela je risquais d'enfermer l'"agresseur" dans un rôle :(.
La lecture de "Frères et sœurs, sans rivalité" m'a fait grandement réfléchir et revoir les choses autrement.Il arrive à Titouan de faire mal à son frère de façon volontaire. Je m'efforce alors de m'adresser en premier à Loup ("Oh, ça fait mal de se prendre un coup!", "Oh, tu as été surpris!"). Ce n'est qu'ensuite que je discute avec Titouan, que je mets des mots sur ce qu'il vit à ce moment-là et sur comment, à son avis, il aurait pu faire autrement.
Cela me demande encore un effort car, comme vous l'aurez sans doute compris, ce n'est pas spontané chez moi!! Mais le fait est que, avec cette réaction, je ne risque pas d'enfermer mes enfants dans un rôle. D'autre part, cela m'oblige à ne pas réagir à chaud! (Et croyez-moi ce n'est pas facile lorsque l'on voit son bébé avoir mal ou avoir peur...!)

Voici un autre exemple, une autre anecdote. Lorsque j'ai partagé ma deuxième échographie avec ma mère, celle-ci s'est adressé à Titouan en lui disant "Oh, bientôt tu seras le "grand"!".
Heureusement, mon fils n'y a pas vraiment prêté attention et je me suis, quant à moi, empressée de rectifier le tir. Hors de question que Titouan devienne le "grand" alors qu'il aurait pu rester le "petit" (si on va par là..), si nous n'avions pas eu de second enfant...
Non, Titouan n'allait pas devenir "grand frère". Il allait avoir un frère. Grosse nuance vous en conviendrez!!
Loup n'est d'ailleurs pas son "petit" frère même s'il sait qu'il est le plus âgé et qu'ils sont frères! D'ailleurs, nous parlons surtout d'eux en mentionnant avant tout leur prénom! : "Loup a l'air d'aimer ça lorsque tu lui lis une histoire!", etc.
Bref, chez nous, pas de petit ou de grand mais simplement deux enfants et c'est déjà pas mal ;)!

Et il y a tout un tas d'autres d'étiquettes possible dans une fratrie, comme le bourreau/la victime par exemple! Vous en voyez d'autres?

Pour finir, je partage avec vous le "pense-bête" élaboré par Adele Faber et Elaine Mazlish.

Ne laissez personne enfermer un enfant dans un rôle

Ni ses parents:
Au lieu de: "Jean, as-tu caché la balle de ton frère? Pourquoi es-tu toujours aussi méchant?"
Dites: "Ton frère veut qu'on lui rende sa balle."

Ni l'enfant lui-même:
Jean: "Je sais que suis méchant."
Vous: "Tu es aussi capable d'être gentil."

Ni ses frères et sœurs:
La sœur: "Jean, tu es méchant! Papa, il ne veut pas me prêter son ruban gommé!"
Vous: "Essaie de lui demander autrement. Tu seras peut-être étonnée de voir comme il peut être généreux."

Si Jean fait mal à son frère, occupez-vous du frère sans attaquer Jean.
Vous: "Ça doit faire mal. Tu veux que je frotte doucement? Jean a besoin d'apprendre à s'exprimer avec des mots, pas avec ses poings!"

Prenez soin de vous et à tout bientôt :).

4 commentaires:

altahine a dit…

Bonsoir Deborah,

je me fais très souvent la réflexion en ce moment, qu'avec la fatigue et la routine, ma manière de parler peut ressembler à un étiquetage en règle, même si dans mon esprit il n'en est rien. Je me dis que je devrais être plus constamment vigilante à mes formulations car je ne voudrais pas en effet que l'un ou l'autre (ou les deux) de mes enfants se sente(nt) enfermé(s) dans un rôle... J'essaie de faire de mon mieux mais je suis consciente que je suis parfois loin de mes objectifs. Alors j'essaie de ne pas perdre de vue ce que je fais aussi pas trop mal : par exemple, chez nous l'étiquette "jumeaux" n'existe pas, c'est un terme qu'ils n'entendent pas de nous, et peu d'autrui; et je suis aussi très attentive à décoller les étiquettes qui viennent de l'extérieur (c'est sans doute plus facile).
Je comprends très bien ce que tu veux dire quand tu écris qu'il n'est pas spontané de réagir de la manière préconisée par Faber et Mazlich, ni à chaud contre l'agresseur, cela me demande aussi un effort, surtout les jours où l'un des enfants est particulièrement agressif et "récidiviste". Mais aujourd'hui par exemple j'ai réussi à rectifier le tir alors que c'était un peu mal parti avec Louna. Ça m'encourage.

Déborah D. a dit…

Bonjour Nathalie 🙂,
Comme tu as raison de voir en premier lieu ce que nous réussissons à faire plutôt que l'inverse !!
Surtout que la fatigue n'aide pas !!
Bientôt en vacances ?
Bonne continuation à toi et chapeau de ne pas avoir cédé à l'étiquette très classique des "jumeaux "!!
Des bises à vous !!

altahine a dit…

Bientôt en vacances, oui, nous décollons le 30, dans 9 jours, j'ai hâte !
Nous serons là jusqu'au 23 août, et vous, vous partez en vacances ?
Bises

Irina a dit…

Merci pour ces conseils, je vais les prendre en compte car notre première intention c'est aussi d'aller voir l'agresseur et après la victime. Sinon, nous avons très peu utilisé les mots petite sœur (7 mois) et grand frère (2 ans et 10 mois), on les appelle toujours par leurs prénoms et on évite au maximum de les comparer en termes de caractère ou développement.