dimanche 23 avril 2017

Frères et soeurs sans rivalité #Les disputes

Voilà plusieurs jours sans articles..la faute aux microbes ;)!
J'espère que, de votre côté vous allez bien.
Aujourd'hui, je vous parle à nouveau de "Frères et sœurs sans rivalité"!

Parce que les mésententes sont inévitables, Adèle Faber et Elaine Mazlish se sont bien sûr penchées sur l'épineuse question des disputes dans la fratrie (ou, pour élargir, entre enfants!).

Je résume ici leur pensée et je vous partage leur "pense-bête".

Alors, comment régler les disputes?

Niveau 1. Chamailleries normales.
1. Pensez à vos prochaines vacances.
2. Dites-vous que vos enfants font une expérience importante dans le domaine de la résolution de problème.

Niveau 2: La situation se dégrade. L'intervention d'un adulte pourrait être utile.
1. Reconnaissez leur colère: "Vous avez l'air furieux l'un contre l'autre!"
2. Reflétez le point de vue de chacun des enfants: "Ainsi, Sara, tu veux continuer à tenir le chiot, parce qu'il vient juste de s'installer dans tes bras...Et toi, Benoît, tu trouves que tu as aussi le droit d'avoir ton tour."
3. Décrivez le problème avec respect: "C'est une situation difficile. Deux enfants mais seulement un petit chien."
4. Manifestez votre confiance dans la capacité des enfants à trouver une solution qui leur convient mutuellement: "Je vous fais confiance pour trouver une solution qui sera équitable pour chacun de vous...et équitable pour le chien."
5. Quittez la pièce.

Niveau 3: Situation qui pourrait devenir dangereuse.
1. Informez-vous: "Est-ce une bagarre pour jouer ou une vraie bagarre?" (Les bagarres pour jouer sont permises. Les vraies bagarres ne le sont pas.)
2. Rappelez-leur la règle: "On peut jouer à se battre si tout le monde est d'accord." (Si ça n'amuse plus l'un des deux, ça doit cesser.)
3. Si le jeu est trop rude selon vous...: "Vous êtes peut-être en train de jouer, mais je trouve ça trop rude. Vous devez trouver une autre activité."

Niveau 4: Situation définitivement dangereuse! Intervention indispensable de la part d'un adulte.
1.  Décrivez ce qui se passe: "Vous êtes tous les deux très en colère l'un contre l'autre!"
2. Séparez les enfants: "Ce n'est plus prudent d'être ensemble. Il vous faut une période de calme. Vite, toi dans ta chambre, et toi dans la tienne!".

N'hésitez pas à mixer un peu tout cela et d'aviser, de personnaliser en fonction de la situation.
Je vous propose un exemple concret qui se passe en structure d'accueil et qui se situe un peu à cheval de toutes les situations évoquées plus haut. On notera le jeune âge des enfants, ce qui explique mon implication (tout aussi imparfait soit-elle ;)!)

Situation:
Je suis avec un petit groupe d'enfants âgés de 2 à 6 ans.
Camille (2 ans) et Sacha (3 ans 1/2) se disputent très fortement un légo. Camille s’apprête à griffer Sacha. Et Sacha serre les dents et les poings.
J'interviens en arrêtant le geste de Camille et en m'exclamant: "Stop!".
Je reconnais leur colère: "Je vois deux enfants très en colère".
Camille et Sacha s'exclament vigoureusement: "Oui!!!". 
Je décris la situation: "Je vois deux enfants qui veulent le même jouet". La tension commence déjà à s'apaiser. "Vous allez me dire chacun votre tour ce qui se passe pour vous. Sacha tu commences."
Sacha, en colère: "Camille elle me prend le légo qui est long! Mais moi j'en ai besoin pour faire un avion!"
Moi: "D'accord Sacha, je comprends." Puis, m'adressant à Camille: "Et toi Camille? Que se passe-t-il pour toi?"
Camille: "Bah moi aussi je veux faire un avion!!".
Moi: "D'accord, je vois. C'est un problème qu'on a là! Il y a deux enfants mais pas assez de légos longs pour faire deux avions.."
Je les laisse réfléchir. L'ambiance est nettement moins "électrique" entre les deux jeunes enfants.
Moi: "Comment est-ce qu'on peut faire quand on veut un objet mais que quelqu'un d'autre l'a entre les mains?"
Camille: "On lui demande.."
Moi, m'adressant à Camille: "Penses-tu que si tu lui demandais, Sacha voudrait bien te prêter le légo?"
Camille demande à Sacha...
Sacha: "Non! moi je veux faire un avion!"
Je m'adresse alors à Sacha: "Sacha, comment pourrions-nous faire alors?" Silence.
Lucien (5 ans), qui avait observé la scène depuis le début, prend part à la conversation:
"Moi je sais! On pourrait partager le nombre de légos en deux! Comme ça, ils en auraient chacun le même nombre!"
Moi: "Oh, ça c'est astucieux Lucien! C'est une solution!"
Moi: "Vous en voyez d'autres Camille et Sacha?"
Sacha, lumineux et fier: "Ah oui moi je sais! Je vais faire un bateau! Comme ça j'ai pas besoin des mêmes pièces! Et Camille elle peut faire un avion!"
Moi: "Waouh! Quelle chouette idée!! Ça te convient Camille?"
Camille, heureuse: "Oui!!!"
Les deux enfants se remettent chacun à leur construction tranquillement :).

Et chez vous? Comment gérez-vous les disputes des enfants?

2 commentaires:

altahine a dit…

Bonsoir,
particulièrement intéressant cet article.

Ici je suis en ce moment je suis malheureusement bien trop fatiguée pour arriver à gérer même les simples chamailleries avec patience et zénitude, mais je me soigne (en tous cas j'essaie): j'ai commencé une initiation à la CNV par un mini stage intensif qui m'a donné grandement envie de poursuivre.

Heureusement je peux compter sur l'indéfectible papa pour renvoyer les enfants dos à dos en leur demandant de trouver une solution eux-mêmes en cas de petites chamailleries (il est plutôt rare que ça aille au-delà).

Déborah D. a dit…

Bonjour Nathalie,
Bon courage pour cette période de fatigue..
Pas facile de garder son sang-froid dans ces conditions, j'en sais quelque chose!!
C'est chouette que Roméo soit là pour te soutenir 🙂!
La CNV ce n'est pas facile au début, c'est comme apprendre une nouvelle langue..et ça peut prendre du temps !!
Bonne semaine à vous quatre et à très bientôt 🙂