samedi 29 octobre 2016

L'instruction en famille #Les questionnements, la suite...

L'instruction en famille est un sujet qui soulève beaucoup de questions et de remarques. Et c'est tant mieux dans un sens!
Dans cet article, j'ai essayé de regrouper quelques unes d'entre elles. Certaines sont posées par une lectrice assidue, d'autres ont été lues ou entendues de ci, de là.
Et, en commentaires, n'hésitez pas à partager vos réflexions, vos expériences, vos questions, etc. 

"Libre de ses choix":
Certains parents pensent à l'IEF. Puis, se rétractent..et ne font finalement pas ce choix. La raison invoquée est souvent la suivante:  Selon eux, sans école, leur enfant n'aura pas accès à toutes ces fabuleuses choses proposées par un établissement scolaire...
Selon eux encore, parce qu'ils pensent que grâce à l'école, leur enfant sera libre de ses choix et ne suivra plus ceux de ses parents...

Qui dit IEF ne dit pas enfermement. Bien au contraire même! Vous pouvez vous tourner vers des ressources extérieures. Vous pouvez laisser votre enfant à diverses activités qu'il aura choisies, et loin de vous. Toutes ces "fabuleuses" choses peuvent se trouver en dehors du cadre de l'école...et heureusement!!
Mon enfant libre de ses choix? Eh bien lorsque le parent décide d'inscrire son enfant à l'école, le choix n'appartient pas à l'enfant non plus...
En tant qu'adultes nous prenons nécessairement des décisions à la place de nos enfants. Surtout lorsqu'ils sont très jeunes. Petit à petit, nous laissons de plus en plus de place à leur capacité de prise de décision.
Que nos enfants aillent à l'école ou non, nous pouvons leur laisser une marge de liberté, encourager leur autonomie, etc. Et tout cela les aide à suivre LEUR propre voie.
Ne mélangeons pas tout ;)!

"Je ne me sens pas capable d'assumer l'IEF":
Pour plusieurs raisons, nous pouvons croire que nous ne serions pas capables d'un tel choix. 
Certains ont peur de ne pas tout savoir. D'autres (ou les mêmes ;)) ont peur d'étouffer, de ne pas avoir la patience ou l'énergie.

Pour répondre à ces deux questions. La première d'abord.
Saurais-je instruire mes enfants?
En fait la question ne se situe pas là il me semble. Car, lorsque vous faîtes le choix de l'IEF, vous êtes aussi convaincus qu'il y a mille et une manière d'apprendre, mille et une personnes qui ont des choses à transmettre à votre enfant.
Pas besoin d'être doué dans toutes les matières ou de s'intéresser à tout...! Le rôle du parent instructeur peut être simplement de proposer des outils adaptés et qui répondent aux questionnements de leur enfant. Mais aussi, une diversité de sorties, de rencontres, de lectures, etc.
En fonction des raisons de l'IEF, de la vie et de la personnalité de chacun, ce rôle ne sera pas le même et c'est cela aussi qui fait la richesse de ce choix.

La seconde question est une inquiétude concernant la peur d'étouffer, de ne pas avoir la patience ou l'énergie...
Un peu comme chaque métier, il y a des jours plus faciles que d'autres. Mais il existe toutefois des solutions.
Peur d'étouffer? Rien n'oblige le parent à rester en permanence avec ses enfants, ou même encore, d'arrêter totalement de travailler. Certains parents ont des loisirs, s'octroient des sorties. D'autres travaillent à temps partiel ou seulement quelques heures par semaine (ce qui est mon cas), etc.
Peur de ne pas avoir la patience ou l'énergie? Comme dit plus haut, il y a en effet des journées difficiles! Cela fait partie de la vie et ce n'est en rien dramatique à partir du moment où personne n'en souffre. Pour éviter cela, prendre du temps pour soi est essentiel. Certains jeunes enfants fréquentent une halte-garderie quelques heures par semaine.
Il y a des rencontres entre enfants/parents qui permettent de souffler, d'échanger, de se sentir "normaux", etc.
Travailler un peu me permet de "voir autre chose", faire de la médiation me permet de me recentrer, etc. Alexandre s'occupe beaucoup de Titouan. C'est essentiel pour nous. Je peux recharger mes batteries!! Et nous sortons en amoureux dès que le besoin est là! Un juste équilibre qui convient de trouver et de réadapter souvent.

Et cette dernière question en amène une autre...

"Comment gérer le quotidien de façon sereine?":
Comment faire pour que ce quotidien soit le plus apaisé possible? Il y a beaucoup de façon d'y parvenir!
Pour y répondre, voici en bref notre quotidien et notre semaine.
Lorsque le papa et moi avons opté pour ce choix, il nous importait que nous soyons tous deux impliqués. Aussi, le travail d'Alexandre lui permettait sans difficulté cela.
Nous passons alors toutes nos matinées et nos débuts d'après-midi ensemble. De nombreux matins, Alexandre et Titouan vont au square ou aux Buttes Chaumont. Pendant ce temps, je prends du temps pour moi, je fais le ménage ou les courses, etc.
Nous déjeunons tous les trois ensemble et nous allons à la sieste :)! Alexandre part au travail vers 15h30. L'après-midi, nous sortons : goûter avec d'autres enfants, bibliothèque, square, etc. Ou nous restons au chaud à la maison à faire une activité : peinture, jeux de société, pâtisserie, etc.
Les journées passent finalement très vite et notre petit garçon à la chance de passer presque tout son temps avec ses deux parents. Et, nous, ses parents, sommes plus que conscients et heureux de ce que ce choix nous permet d'exceptionnel: être ensemble!
À chaque famille ses solutions!

"Selon vous, quelles "qualités" sont requises pour que l'IEF satisfasse à la fois l'enfant et les parents ? N'y a-t-il pas des limites/des réserves propres à l'IEF tout comme il y en a à tout système (l'école institutionnelle par exemple) ? ":
Lorsque l'on fait le choix de l'IEF, on ne peut que s'intéresser de très près à l'éducation en général et à son enfant en particulier. De nombreux parents rencontrés se sont d'abord documentés puis passionnés pour l'éducation dite "positive". Et chemin faisant ils en sont venus à la question de l'IEF.
L'intérêt et la bienveillance que portent naturellement la très grande majorité des parents pour leurs enfants sont les qualités essentielles pour que tout se passe au mieux.
Il y a inévitablement des limites et des réserves à L'IEF. Le précieux avantage de ce choix est la liberté et la diversité qu'il propose. Il y a alors toujours des solutions car il n'y a pas qu'une manière de procéder.
Et je terminerai en disant que ce choix est avant tout guidé par l'envie!! C'est presque comme le choix d'un métier finalement! Qu'avons-nous envie de vivre? Quelles sont nos priorités? 




Un  grand merci tout particulier à Nathalie pour toutes ces questions si pertinentes!
À très vite!

2 commentaires:

altahine a dit…

Bonsoir,
ah! merci pour cet article, que j'attendais tout particulièrement ! :) Et je suis d'autant plus contente de le lire que certaines des réponses que tu donnes tombent à pic pour moi, et font écho (et me permettent de continuer ma réflexion) à certains aspects de mon (notre) quotidien de ces deux derniers mois/15 derniers jours (ça ne s'arrange que depuis hier) indépendamment de toute perspective d'IEF... bref (toi-même tu sais ^^).
Merci donc pour ces réponses qui ont l'intérêt de "démythifier" un peu l'IEF en effet (source de beaucoup de fantasmes par manque d'information, me semble-t-il).
Une chose me frappe : sauf erreur de compréhension de ma part, tu fais deux fois l'analogie avec un métier. Du coup, je me suis fait la réflexion que d'après ce que tu décris, le simple fait de faire son "métier" de parent conduit, dans une moindre mesure, à faire de l'IEF : en observant et en nourrissant la réflexion, les intérêts, les talents de nos enfants, ne sommes-nous pas déjà un peu dans cette démarche ?
En tous cas, pour ma part, quoique sensible à toutes ces explications ou arguments, je ne me sens toujours pas attirée par ce choix (je sais d'ailleurs que ce n'était pas le but de l'article ;) ), en revanche je n'envisage pas de scolariser mes enfants sans suivre, accompagner et "complémenter" activement cette scolarité.
Bon dimanche et bonne continuation ! Bises à toute la famille.

Déborah D. a dit…

Merci à toi Nathalie 🙂.
Évidemment ici et comme à chaque fois d'ailleurs, pas question de convaincre bien sûr 🙂! Juste l'idée d'informer, de partager, d'échanger, etc.
Le parallèle concernant le métier peut en effet être vu de cette façon, dans le sens où c'est un choix de vie tout aussi important que le choix d'une (ou de) carrière(s)!
Bises!