mercredi 18 novembre 2015

Des mots pour apaiser

Dur de revenir sur le blog après ces événements mais c'est important aussi de mettre des mots et d'aller de l'avant. Je remercie les lectrices qui ont pris de nos nouvelles, ça touche beaucoup :).
Dans cet article j'ai envie de partager avec vous plein de choses. Excusez par avance ce qui risque d'être un peu brouillon..révélateur, sans doute, de l'état d'esprit dans lequel je suis aujourd'hui.

J'espère, qu'autour de vous, tout va bien.

Les attentats ont eu lieu à moins de dix minutes de chez nous. Depuis, le quartier revit. Mais, il faut être honnête, il est très difficile de se remettre des événements.
Notre quartier c'est comme un petit village. J'y suis née et j'y suis restée. Je ne suis d'ailleurs pas la seule et je croise très régulièrement mes copains et copines de l'école. C'est rare à Paris.
Des visages que je croisent depuis presque 30 ans..Imaginez!
Notre quartier est complètement cosmopolite. Il y a de tout et c'est pour ça que je l'aime! Tout le monde se connaît, au moins de vue.

Comment cela s'est passé pour nous ce soir là?
Je rentrais d'un atelier. Alexandre essayait de rendormir Titouan. Je me suis assise devant mon ordinateur et j'ai entendu des pétards ou un rideau métallique qui dysfonctionnait..Nous n'avons pas du tout compris. Puis, les pompiers sont arrivés. Cela n'arrêtait pas. De notre fenêtre nous ne voyions pas grand chose. Nous avons regardé les informations en direct, chacun notre tour. L'autre essayant de rendormir notre petit garçon qui n'avait de cesse de dire: "Pin, Pon!..Parti??". Difficile de le rendormir. J'apprends que l'un des lieux touchés est celui tenu par un ami d'enfance. Impossible d'avoir de ses nouvelles. Titouan ressent mon attente, mon inquiétude, notre choc aussi. Il entend les sirènes des pompiers qui sont omni-présentes. Il fait nuit.
Bref..Je n'ai pas hésité une seconde et j'ai parlé à Titouan.

Que dire à nos enfants?
Les pédopsychiatres sont visiblement d'accord sur le fait que tout dépend de l'âge et du contexte.
En deçà de 4 ans, Serge Tisseron propose de dire que quelque chose de grave s'est passé et que des gens sont morts, que nous sommes inquiets et que cela n'a rien à voir avec l'enfant.
Pour les plus âgés, Serge Tisseron propose un dialogue en partant de ce que l'enfant dit avoir vu/entendu/compris. (cf.vidéo)

Autour de moi, certains parents ont fait le choix de ne rien dire du tout, pour protéger/préserver leurs enfants.
J'ai fait le choix de dire. Mais je ne l'ai pas dit n'importe comment.
Pourquoi en parler est important?
Parce que l'enfant, même le tout petit bébé, ressent les choses, ressent l'angoisse de ses parents. Il voit et entend les adultes autour de lui. Il voit que Papa se fâche soudainement plus rapidement qu'à l'accoutumée. Il voit que Maman est perdue dans ses pensées. Il voit bien que ce n'est pas comme d'habitude. Il n'est pas idiot.
Mettre des mots lui permet de se rassurer et surtout de comprendre qu'il n'y est pour rien.

Leur dire la vérité c'est les inscrire dans le Monde. Ils en font parti. 
Maintenant, ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas choisir ses mots. 

Que dire à un petit enfant de moins de trois ans?
Si vous êtes loin de tout ça et en fonction de ce que vous ressentez, vous pouvez peut-être vous en tenir à: "Il s'est passé quelque chose de grave. J'ai été choqué. Je me remets doucement. Cela n'a rien à voir avec toi. Je t'aime." ou même tout simplement: "J'ai appris une mauvaise nouvelle. Je ne suis pas très bien. Tu n'y es pour rien."
Mais dites-leur que vous vous êtes inquiétés et précisez encore encore qu'il n'y est pour rien.
Les enfants ont souvent tendance à se croire responsable des émotions de leur parent.
Il est important aussi de mettre des mots sur leur ressenti à eux. Vous pouvez dire: "J'ai l'impression que tu es inquiet/triste." Votre enfant confirmera ou non vos impressions.

Si vous vivez à Paris ou comme nous, à deux pas des drames, c'est un peu différent. Mais pas plus que ça..
Le soir des attentats et alors que nous entendions les sirènes des pompiers, que je m'inquiétais pour un ami et des familles habituées des lieux (parents "d'élèves"), j'ai dit à Titouan: "Il s'est passé quelque chose de grave. Papa et moi sommes choqués et inquiets. Cela n'a rien à voir avec toi. On t'aime."
Il nous était impossible de ne rien lui dire. Il entendait, voyait, ressentais. En mettant des mots, nous l'avons apaisé.
En fait, je me rends compte que, malgré notre proximité avec les lieux et les victimes, nous avons préservé notre garçon au maximum de ce que nous pouvions.
Nous n'avons pas la télévision et nous n'avons donc pas été tenté de l'allumer en la présence de notre enfant. Nous nous sommes relayés et discrètement isolés pour regarder les informations en direct sur internet le soir du drame.

Et après 5 ans?
Je pense que j'aurai eu ce discours, qui est très soft, jusqu'à 4 ou 5 ans (voire plus) selon sa maturité..Pas nécessaire, selon moi, de parler de "morts", "d'actes de guerre", etc. Et encore moins de parler de terrorisme ou de détails atroces. Surtout si cela s'est passé à côté de chez soi, c'est terriblement angoissant.
Au-delà de 5 ans: "Des méchants ont tué des gentils", c'est suffisant non? Mais il n'y a pas de mots justes ou de mots à éviter. Chaque parent l'a dit (ou pas) avec ses mots et ses ressentis. C'est très bien aussi.
Comme le conseille Serge Tisseron ou encore Claude Halmos, vous pouvez partir de ce qu'il a entendu et des questions qu'il vous posera. Tout comme nous, les enfants ont besoin de comprendre. Expliquons-leur. Sans détails abominables. Sans angoisse. Parlons-leur de tolérance, de solidarité et d'amour.

Rassurer votre enfant:
Si votre enfant a eu accès à des informations qui l'ont boulversé, je vous propose un petit exercice qui peut le rassurer et vous rassurer vous aussi :). Vous pouvez lui dire, en le tenant par la main: "Là, maintenant, tout de suite, tu es en sécurité." Dites-lui autant de fois que nécessaire. Demandez-lui: "Tu sens comment ça fait d'être en sécurité à l'intérieur de soi?". Ainsi, petit à petit ou peut-être instantanément, il éprouvera ce sentiment de sécurité indispensable à son bien-être. La peur est un sentiment qui empêche de grandir sereinement.
Contrairement à ce que nous pourrions penser, il n'est pas conseillé de lui dire que cela ne se reproduira plus. Nous n'en savons rien.
Inutile aussi de lui dire que cela peut se reproduire à tout moment. Ce serait trop angoissant.
Mais lui dire que nous sommes là pour lui, que des adultes et des gens qui l'aiment sont là pour le protéger, que nous sommes ensemble.

Accueillir les sentiments:
Certains adultes cachent leurs émotions pour ne pas inquiéter leurs enfants. Or, c'est le silence, le faire semblant qui les inquiètent car ils sentent que cela sonne faux.
Ces sentiments, aussi désagréables à vivre soient-ils, font partie de la vie. C'est important d'aider votre enfant à les nommer.
On pourra accueillir les sentiments en disant, par exemple:
"Tu as l'air...",
"Je vois que tu es... "(quand le sentiment est très évident),
"J'ai l'impression que..."
"Ça peut être gênant de..."
"Souvent on se sent... lorsque..."
Parlez de vos ressentis sans trop en faire, sans l'inquiéter.

Que penser de la minute de silence?
Certains professionnels de la petite enfance se sont demandés comment mettre en place la fameuse minute de silence. Je crois que celle-ci ne fait pas sens pour un petit enfant de moins de six ou sept ans. Cela demande beaucoup trop d'abstraction, de prise de conscience, etc.
Peut-être le ressentez-vous différemment?
Une minute de silence peut se faire à un autre moment plus approprié, pour nous, adultes. L'important c'est de penser aux victimes et à leurs proches.
Je vous invite à visionner cette vidéo, extrait d'une conférence d'Isabelle Filliozat.
Enfin je me questionne quant à la portée de cette minute de silence imposée dès l'école primaire. Il me semble que de "forcer" la main des enfants pour se recueillir, penser aux victimes, c'est les obliger à avoir de l'empathie. Or, l'empathie mature.
Certains enfants ont aussi le droit de ne pas être tristes à ce moment-là. Et de ne pas culpabiliser de ne pas ressentir ce que le professeur ou le parent aimerait qu'ils ressentent. Peut-être réaliseront-ils quelques jours ou quelques mois plus tard. Et là, ils auront probablement et profondément envie de penser à ces personnes disparues et à la fraternité. Réellement. Pas parce que l'enseignant(e) le leur auront demandé.

La vie continue:
Autour de moi, notamment sur les blogs que j'aime habituellement lire, il y avait, dès le lendemain des attentats, des petits mots disant "La vie continue", "Je n'ai pas peur", "Je n'ai pas voulu être triste pour mes enfants", "Je vais sortir, faire la fête! Un beau pied de nez!", etc.
Or, je ne le ressens pas de la même façon. Oui, la vie continue. Oui, l'amour est plus fort Ce sont des évidences.
Maintenant, je n'ai pas envie de faire la fête. Non, je n'ai vraiment pas envie de sortir. Non, je ne vais pas me frotter à la foule. Oui, j'ai peur. J'ai peur d'un mouvement de foule, d'une panique générale ou pire.. Lorsque je me rends dans un lieu public, je cherche du regard la sortie de secours..
J'ai peur parce que je suis Maman. J'ai peur parce que je les aime, ces deux-là, mon homme et mon fils. Et qu'ils m'aiment.
Alexandre et moi pensons aux victimes chaque jour et en particulier à un "ancien" papa du Jardin d'enfants qui était malheureusement au Bataclan ce soir là..et qui laisse deux petites filles et une femme.
Pendant trois à quatre jours, j'ai été comme sidérée. Je m'en remets tout tout doucement.
Parfois il est bon aussi de s'écouter, de prendre le temps, de ne pas avoir peur d'avoir peur..pour repartir de plus belle!!
Pendant ces jours de choc où je me disais "Mais pourquoi?", "Mais comment?", "Ça aurait pu être moi ou un proche.", je ne suis pas que restée à regarder les actualités, cloîtrée à la maison. Non, j'ai dansé avec Titouan. J'ai ri de le voir rire et j'ai ri avec lui. On s'est fait des chatouilles, on a joué à cache-cache et à s'attraper. On a promené notre chien. On s'est dit qu'on s'aimait. On a joué au ballon. On s'est fait des tas et des tas de câlins et de bisous. La vie continue, bien sûr.



Ce billet est ma participation, un peu en avance, aux "Jeudi éducations" de Wonder Mômes.
Eux aussi participent:
Parent Ultime avec "Apprendre la paix intérieure aux enfants",
Creativemumandco avec "3 jeux 100% fait-maison pour aider les enfants à gérer leurs émotions!",
Les idées du Samedi avec "La forêt des Mille Ombres, un livre sur le vivre ensemble",
Félie et ses monstres gentils avec "Mais maman, pourquoi ils font ça ? Pourquoi ils font du mal ?",
WonderMômes avec "Favoriser le langage avec les Images à raconter (coffrets Montessori)",
Maman Moderne Politiquement Incorrecte avec "Quelle éducation pour mes enfants après le 13.11.2015?",
Family's Power avec "Après les attentats".


7 commentaires:

Anonyme a dit…

Ton article m'a mis larmes tellement je te comprends...quand on est maman on le vit encore differement.Je pense bcp à vous chaque jours depuis samedi,bien sûr ici en Belgique il n'y a pas eu de morts,mais malgré cela ici Molenbeek près de chez nous je ne me sens pas bien ni tranquille quand je sors avec Alexandre.On entends la police,et lundi les détonations.Ce n'est pas comme à Paris mais il y a plein de terroristes recherchés par ici et ce n'est pas tranquilisant de se dire que bcp viennent d'ici :( C'est un article qui sera très utile pour bcp de parents je pense.Je suis de tout coeur avec toi et peinée que vous avez perdu proche.J'espere que bientôt les choses s'apaiseront même si j'ai doutes (oui dsl pas très optimiste ce soir)et mon commentaire est surement aussi un peu brouillon dsl Deborah.Profitons de chaque moment passé en famille,et de notre petit chouchou,les enfants sont de vrais soleils au milieu de toute cette horreur.Courage à toi et Alexandre.Soyez prudents.Je pense à vous et si tu as envie de parler je suis là pour toi.Barbara

altahine a dit…

Merci pour cet article, d'avoir eu le courage, d'avoir pris le temps de l'écrire. Je me retrouve dans ce que tu exprimes en écrivant : "J'ai peur parce que je suis Maman. J'ai peur parce que je les aime(...) Et qu'ils m'aiment." Et aussi quand tu parles de penser aux victimes et à leurs proches.

Je n'ai encore rien dit aux enfants, mais je me suis très sérieusement posé la question tout le week end. Parce que j'ai toujours su et cru profondément qu'il est important de parler même aux tout-petits. Mais là... j'ai été dépassée. Nous n'avons pas regardé la télé en leur présence (nous la regardons de toutes façons peu d'habitude, justement "à cause" d'eux). Nous avons évité de parler des événements devant eux. Nous sommes loin du sinistre théâtre des attentats, et j'ai été très vite rassurée quant à l'absence de victimes dans mon entourage proche. Mais (différemment de toi bien sûr), j'ai aussi ressenti ce sentiment de sidération. Je n'ai donc pas trop su comment et quand en parler aux enfants, mais je suis sûre qu'ils m'ont sentie un peu plus tendue depuis ces derniers jours (des contingences contrariantes et sans aucun rapport s'étant ajoutées à ces très mauvaises nouvelles). J'ai décidé ce soir de faire très attention prochainement à ma manière d'être avec eux et de leur parler, d'une façon ou d'une autre, de mes sentiments. Je ne veux pas les blesser avec des non-dits et des réactions déplacées.
J'ai en revanche parlé lundi matin avec mes élèves de 4e, dont je suis la prof principale; il nous avait été demandé (à ma semi-incompréhension) de ne pas "réagir dans l'urgence", mais comment ne pas répondre aux interrogations qui n'ont pas cessé pendant une heure ? Et mes élèves m'ont impressionnée par la justesse et la sensibilité de leurs réactions et questionnements, et aussi par le calme et l'écoute très auto-disciplinée (assez inhabituels) dont ils ont fait preuve durant toute cette heure-là. Cela m'a rendu un (tout petit) peu d'optimisme quant à l'avenir, mais je me demande quand même, chaque fois que je croise un enfant, ce qu'il adviendra de lui plus tard, quel monde nous lui laisserons, et quelles ressources nous aurons su lui transmettre pour faire face à tout ça... car il faut bien dire que nous avons quand même peu de raisons d'être particulièrement confiants dans ce qu'il adviendra du monde vu l'état dans lequel il est actuellement (événements et mentalités).
J'ai décidé ce week end de désormais bien garder à l'esprit en toutes circonstances que chacune des minutes dont nous avons la chance de bénéficier doit être vue et savourée comme telle, et que même si la peur rôde (je mentirais en disant que la perspective de notre voyage à Noël ne m'inquiète pas du tout, ou même que je me sens parfaitement sereine en allant travailler... même si nous ne vivons pas a priori dans un endroit spécialement "sensible"), il ne faut pas se laisser ronger et déstabiliser.
Bonne continuation à vous.


Géraldine a dit…

Idem, merci pour ton article dans lequel je me retrouve également. Et oui, j'ai peur aussi et c'est normal. Et ça ne veut pas dire qu'on va se laisser faire. Chacun trouvant d'ailleurs sa propre manière de faire.
Tu sais, il y a cette histoire du petit Colibri qui prend quelques gouttes d'eau dans son bec qu'il relâche sur le grand incendie. Et il poursuit sans cesse ses aller-retour. D'autres animaux s'agacent, eux qui ne font que regarder le feu. Et le petit Colibri conscient qu'il ne peut pas éteindre le grand feu tout seul, finit par leur répondre tout en continuant : "Mais moi, au moins j'aurai fait ma part".
Et bien voilà, ton blog c'est l'eau du petit colibri, c'est de l'amour sur le feu de la bêtise. Et personne n'a dit que le petit Colibri n'avait pas peur du grand feu. Et bien sûr ce n'est pas le côté dérisoire que je souligne mais plutôt que cette eau là, c'est celle qui permet avec, celle qu'apporteront d'autres, d'éteindre le feu. Alors merci encore une fois. :-)

Parent Ultime a dit…

De la part de moi, de mon fils et probablement de tous les québécois, notre coeur est avec vous.
Sandra

Déborah Defaux a dit…

@ Barbara: Merci pour ton soutien :) Nous commençons, tout doucement, à nous remettre. À bientôt Barbara

@altahine: C'est tout à fait naturel d'être "dépassé" par ce genre d'événements, de ne pas savoir quoi dire et comment. Comme tu peux le voir je n'ai finalement pas dit grand chose à Titouan. Je lui aies surtout parlé de nos sentiments à nous. Et puis je n'ai pas vraiment eu le choix..il entendait les pompiers (de 22h à 2h) sans relâche..
Pour ce qui est de tes élèves, cela a dû, malgré tout, te faire du bien de constater qu'ils étaient intéressés et soucieux. Je comprends tout à fait que tu aies eu envie de répondre à leurs questions. Comment ne pas d'ailleurs? Comment rester impassible devant leurs doutes et leurs interrogations?
Je te souhaite plein de doux moments avec tes enfants et tes élèves.
Merci à toi aussi, tu as raison, il ne faut pas se laisser ronger et déstabiliser..

@Géraldine: Merci beaucoup à toi :). Ton petit mot est adorable. Ah, cette légende, j'aime!! (Nous l'avons écouté avec Titouan (un livre-cd est sorti) et il a adoré!! À ma grande surprise parce que le texte n'est pas évident!)
Très bon week-end Géraldine :).

@Parent Ultime: Merci à toi et à ton fils Sandra :). Et merci aux québécois :).

Anonyme a dit…

Coucou Deborah,ici c'est un peu la panique alerte 4 à Bruxelles:métro et magasin etc fermé,on n'osent même pas sortir tranquillement:( Passe quand même un bon week end avec ta famille.Prenez soin de vous.Barbara

Déborah Defaux a dit…

Oui j'ai vu ça Barbara..Bon courage à vous :(. Prenez soin de vous aussi.
À bientôt