vendredi 30 octobre 2015

Les étiquettes

Aujourd'hui je vous parle d'un sujet qui me tient à coeur et qui fera peut-être aussi écho en vous?
Les "étiquettes" est un thème qui me parle. Sans doute parce que j'en ai pas mal souffert étant petite.
"Elle est timide", "Elle manque de confiance", "Elle est pas matheuse pour un sou"...Bref, vous voyez le genre? Et si je ne l'étais pas? Et si je savais ne pas être timide/nulle en math, etc.?

Oui mais voilà, quand on a huit ans, on croit être ce que nos parents/nos professeurs disent de nous: "Ah oui j'ai mauvais caractère?? Bon bah si tu le dis..!". "Ça ne vaut même pas la peine d'essayer de changer..".
Le petit enfant n'a pas la maturité et le recul nécessaires pour se dire: "Je ne suis pas timide. C'est simplement que j'ai parfois besoin de temps pour être à l'aise."
Isabelle Filliozat affirme que "les enfants ont tendance à se conformer aux définitions que nous faisons d'eux."
En effet, par des qualificatifs, des étiquettes, l'enfant sera convaincu de cette description que l'on fait de lui.
Les étiquettes ce sont ces petits mots, ces jugements que l'on met au-dessus de la tête de quelqu'un: "Il est comme ceci ou comme cela, etc." 
Il est probable que, pour se rassurer, certaines personnes tentent de faire entrer un enfant, un être humain dans une norme. La norme rassure. Elle classe la personne, ce qui permet de porter plus facilement un jugement, et d'y coller dans la foulée, une étiquette.
Or, il est indispensable de ne pas confondre l'enfant et le comportement! Un "mauvais" travail scolaire rend compte d'une difficulté de l'enfant à répondre aux attentes de son professeur mais ce n'est certainement pas l'enfant qui est "nul"!!

Les étiquettes négatives:
Qui n'a jamais entendu ou s'est surpris à dire, par exemple:
-Mon fils est un enfant difficile. Sa soeur, elle, est un ange.
-Luc c'est le pitre de la famille!
-Antoine casse toujours ses jouets. Cet enfant est destructeur.
-Benoît est naïf. Tout le monde peut profiter de lui.
-Il faut toujours que Samir gâche les bons moments!
-Etc.
Adele Faber et Elaine Mazlish propose de répondre, à la question: "Est-ce que la façon même de penser des parents au sujet de leur enfant peut influencer ce que l'enfant pense de lui-même?":
"Parfois, il suffit de quelques mots, un regard, un ton de voix, pour vous signifier que vous êtes lent, stupide, une petite peste ou encore une personne fondamentalement aimable et capable! Ce que vos parents pensent de vous peut facilement vous être communiqué en quelques secondes. Quand vous multipliez ces secondes par des heures de contact quotidien entre parents et enfants, vous pouvez vous rendre compte que de jeunes personnes peuvent être influencées par ce que les parents pensent d'elles. Non seulement leurs sentiments en sont modifiés, mais leur comportement l'est également."
Si, par exemple, l'on étiquette un enfant comme étant lent à apprendre, il peut se mettre à se percevoir comme quelqu'un qui apprend lentement... Etc.
Pour qu'il y ait "étiquette", il faut qu'il y ait répétition. Si nous disons une fois à notre enfant qu'il est "lent", cela ne risquera probablement pas de l'affecter plus que cela...Toutefois, rappelons qu'un jugement négatif n'est jamais bienveillant...!

Les étiquettes positives
On ne s'intéresse pas tellement aux étiquettes positives...se disant que ça ne peut que valoriser une personne.
Or, une étiquette, qu'elle soit négative ou positive, enferme la personne dans une ligne de conduite. Dire: "Eugénie est gentille" est confus pour la petite fille en question. Oui, parce que dès fois, Eugénie a envie d'étriper son petit frère. Parfois Eugénie est en colère mais puisque "elle est gentille", elle ne s'autorise pas à ressentir cela de peur de ne plus être aimée, ou alors elle culpabilise de le ressentir.
Maintenant, dire de temps à autre "Tu as été sage", par exemple, ne renferme pas notre enfant dans une case, c'est l'accumulation de ce qualificatif qui va entraîner cette étiquette.
Il est donc préférable de dire: "Merci d'avoir consolé ton petit frère. Voilà ce qui s'appelle "faire preuve d'empathie"." Vous pouvez vous reporter à l'article "Féliciter son enfant?"

Comment aider les enfants à se dégager des rôles? Que répondre aux "mauvaises langues"? 
Dans leur ouvrage "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" d'Adele Faber et Elaine Mazlish, les auteurs propose plusieurs idées pour aider un enfant à se dégager d'un rôle qui l'empêche de s'épanouir:
1. Recherchez les occasions de lui présenter une nouvelle image de lui-même.
2. Placez-le dans des situations qui lui permettent de se voir d'un oeil différent.
3. Faites en sorte qu'il vous entende dire des choses positives à son sujet.
4. Donnez vous-même l'exemple du comportement que vous souhaitez lui inculquer.
5. Soyez le coffre aux trésors de ses bons coups.
6. Quand son comportement reflète l'ancienne image qu'il avait de lui-même, exprimez vos sentiments ou vos attentes.

Pour sortir de ce cercle, vous pouvez aussi parler de vous en utilisant le "je" d'affirmation et en décrivant la situation. 
Par exemple: "J'ai pu passer un agréable moment avec mon amie pendant que tu jouais, je t'en remercie."
"Merci d'avoir rangé tes chaussures ";
"J'apprécie quand on lit un livre, tous les deux, tranquillement". Etc.

Il est donc nécessaire d'éviter de cataloguer son enfant et de toujours voir ce qu'il y a de positif en lui, de toujours lui laisser une chance de changer tout en restant à l'écoute de ses émotions.
En effet, même si les enfants essaient de faire des efforts, nous aurons tendance – involontairement – à ne repérer que les comportements qui vont dans le sens de notre étiquette. Et nous ne voyons même plus les comportements positifs ou ceux qui viennent justement monter que, là, dans telle situation, l'enfant a réagit autrement. L'enfant qui fait des efforts pour changer et dont personne ne remarque les efforts en question, se décourage vite et cesse d'essayer de s'améliorer.

Et cela nous demande sans doute encore plus de vigilance lorsque nous vivons avec plusieurs enfants et que, la comparaison, arrive peut-être plus facilement. 
En tant qu'EJE, il m'est arrivé, parfois, de mettre une "étiquette" à un enfant. Alors, bien sûr, jamais à haute voix et jamais bien longtemps, mais, il m'arrivait de penser: "Siméon ne lâche rien!", par exemple. Eh bien, très vite, j'essayais d'inverser la vapeur, de l'observer, de repérer les fois où il se montrait souple et de le valoriser à ces moments-là. Et c'est incroyable car, non seulement mon regard changeait sur lui et lui, changeait aussi...;).
Alors, forte de cette expérience, je me suis toujours interdit de poser une étiquette sur mon garçon. Dès que dans mon esprit, je pense à un semblant de :"Qu'est-ce qu'il est agité!", je fais volte-face, je m'arrête de suite et je repense aux (nombreuses) fois où il s'est montré calme, patient, concentré, appliqué. Je l'observe avec bienveillance et je vois les moments où il est tout tranquille! Je ne m'arrête et ne soulève QUE sur ces moments là, et "ça marche" ;).
Il est en effet préférable de souligner ce qui va plutôt que ce qui ne va pas (au moins de notre point de vue)!

Pour tempérer nos propos on pourra aussi dire, en parlant de son petit: "Il aurait tendance à...", "Il pourrait avoir tendance à...". :
"Il pourrait avoir tendance à s'énerver facilement";
"Elle aurait tendance à avoir besoin de temps avant d'être à l'aise avec quelqu'un qu'elle ne connait pas très bien."
Etc.
Ce qui souligne que "habituellement" il ou elle est comme cela mais qu'il ou elle sait aussi être autrement :).

Et en nous comportant comme si nos enfants étaient capables, dans bien des cas, nous allons les aider à prendre confiance et oser changer :).

Il me semble aussi important de préciser, que si nous voulons éviter ou défaire nos enfants d'étiquettes, il est essentiel de commencer par être bienveillant envers soi-même. "Non, je ne suis pas comme ceci ou comme cela" mais "Oui, je sais être autrement". Bref, de ne pas s'enfermer dans ce que nous croyons que nous sommes...surtout si ce n'est pas très valorisant ou épanouissant!

Enfin, je me pose la question et peut-être vous aussi, vous êtes vous demandé: "Mais une étiquette finalement n'est-ce pas aussi une façon de (re)connaître son enfant?" Dire "Mon fils est comme ça" c'est aussi prendre en considération sa personnalité, sa sensibilité, non?
Eh bien je répondrai: Oui, dans la mesure où nous sommes vigilants avec cette étiquette, que nous mesurons nos propos, qu'elle ne dessert pas notre enfant, que nous l'aidons à transformer ses aspects "négatifs" en "positifs" et que nous lui laissons la possibilité de changer!

Que répondre aux "mauvaises langues" ;)?
Vous êtes conscients du bien fondé de ne pas étiqueter votre ou vos enfants mais voilà qu'un proche ou un passant intervient: "Oh mais t'es pas gentille dis-donc de ne pas me dire bonjour!", "Ton frère, lui, il est serviable.", "Qu'est-ce que tu es difficile, tu n'aimes jamais rien!"...
Comment peut-on soutenir nos enfants sans les enfermer dans des rôles tout en repoussant poliment les amis et la famille "bien attentionnés"?
Vous pouvez répondre: "Quand il sera prêt à le faire (dire bonjour, sourire, goûter au repas, etc.), il le fera!".
"Ainsi votre enfant comprend que vous ne le poussez pas à faire quelque chose qui le rend mal à l'aise. Mais il comprend également que vous attendez de lui qu'il ne reste pas bloqué indéfiniment à ce stade. Il peut décider de changer quand il se sentira prêt à le faire."
Par ailleurs, pour en revenir à cette phrase que nous avons tous entendu au moins une fois: "Oh mais t'es pas gentille dis-donc de ne pas me dire bonjour!", je ne vous donne aucun "conseil", j'ai manqué moi-même de bienveillance lorsque cela est arrivé ;). Maintenant, bien que nous savons que même les étiquettes positives peuvent enfermer, là, en l'occurence, je peux vous dire que j'ai usé et abusé de cette étiquette positive!!: "Non, elle dit n'importe quoi la dame! Tu es très gentil mon chat! Tu diras bonjour quand tu seras prêt, et si tu en as envie (oui, "si tu en as envie" parce que franchement dire bonjour à une personne qui nous dit que l'on n'est pas gentil..il y a des limites!! Non? ;))".

Pour rédiger cet article je me suis appuyée, entre autres, sur le fabuleux "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" d'Adele Faber et Elaine Mazlish, que je vous recommande :).

N'hésitez pas à partager votre point de vue et votre expérience à ce sujet en commentaires :)!

Bonne soirée à vous :)

jeudi 29 octobre 2015

"L'agressivité" du tout petit


Voici un article, attendu il semblerait (;)), sur le thème de l'agressivité du tout-petit, âgé entre 1 et 3 ans!
Je vais tâcher de répondre à quatre questions:
-Qu'est-ce que l'agressivité chez un jeune enfant?
-Pourquoi un petit enfant peut-il avoir des comportements agressifs?
-Comment réagir face à son enfant qui "agresse"?
-Comment réagir face à son enfant qui se fait "agresser" par un autre enfant?
Pour cela, je m'appuie, entre autres, sur le livre "J'ai tout essayé" d'Isabelle Filliozat et sur "Pour une enfance heureuse" du Dr Catherine Gueguen.

Qu'est-ce que "l'agressivité" chez un jeune enfant?
Il est préférable de ne pas parler d'agressivité mais de "comportements agressifs". Ces derniers sont naturels chez un tout-petit. Il ne s'agit d'ailleurs pas de violence car à cet âge les études ont montré qu'il n'y a pas intention de faire mal. Ce sont plutôt des gestes impulsifs: mordre, taper, tirer les cheveux, etc. L'enfant qui a des comportements agressifs n'est pas un enfant "méchant", "violent" ou "agressif". Ces comportements agressifs sont une modalité d’expression, de décharge de ses émotions, sentiments, frustrations, peurs, difficultés… qu’il ne parvient pas encore à libérer autrement. Et ce serait d'ailleurs vraiment terrible si l'adulte en venait à lui mettre ce genre d'étiquettes néfastes à la construction de son estime de lui.

Pourquoi un petit enfant peut-il avoir des comportements agressifs?
Plusieurs raisons peuvent expliquer ceci. Voici un extrait de "J'ai tout essayé":
"1. Petit, il fait cela de manière expérimentale, comme il le ferait avec des jouets. Il n'a pas l'intention de faire mal et ne réalise pas vraiment le lien entre son acte et la souffrance de l'autre.
2. Il teste son pouvoir de déclencher des cris...Mais n'éprouve pas forcément de colère envers sa victime.
3. Les enfants de deux ans poussent, tapent ou mordent le gêneur. Là encore, pas de méchanceté, ils tentent de bousculer l'obstacle.
4. Parfois, il s'agit réellement de violence, il cherche à "faire la force". Quand il n'arrive pas à se faire entendre, parce qu'il n'a pas encore les mots, son corps agit. Ce n'est pas une décision consciente, mais une prise en charge corporelle de son expression "J'en ai assez! J'existe! Je veux ma place!".
5. Bébé, il ne savait pas encore lâcher volontairement. Sous stress, le petit peut ne pas trouver tout de suite la commande "lâcher". Inutile de lui crier de lâcher, mieux vaut l'aider en lui ouvrant la main pour libérer les cheveux de la petite soeur."

Tout cela est donc avant tout lié à une immaturité neurologique et une grande impulsivité.
Si nous essayons de trouver d'autres causes complémentaires à ces comportements agressifs, on y retrouve souvent le même élément déclencheur :
-fatigue,
-faim,
-besoin d'attention,
-besoin de se dépenser etc....

Après l’âge de 3 ans, c’est différent. La morsure signifie quelque chose de plus globale, et elle ne doit être envisagée qu’au regard du comportement général de l’enfant. Est-il particulièrement stressé par exemple ? On incrimine souvent un manque affectif, ou un manque relationnel. L’enfant cherche à tout prix à interagir avec l’autre et ne possède pas les bons outils pour ça. A défaut des mots, les enfants démunis ou stressés utilisent la force.

Par ailleurs, il est aussi probable que s'il y a  des violences à la maison, il y ait "violence" partout. Si un petit enfant est régulièrement frappé ou humilié par ses parents par exemple, il est très possible que ce soit aussi de cette façon là qu'il s'exprime parfois au square ou à la crèche :(.

Comment réagir face à son enfant qui "agresse"?
Sur le moment ou juste après, il faut agir le plus calmement possible. Il est important d'arrêter l'enfant en douceur en privilégiant le mot "Stop" plutôt que "Non". En effet, en entendant le mot "Non", l’enfant entend « tu es méchant » et ce n’est pas le cas, l’enfant n’a aucun désir de faire mal. En disant "Stop", on aide son enfant à maîtriser son impulsivité.
L'enfant qui agresse a besoin d'être apaisé et compris. Toutes les émotions sont légitimes. Maintenant, tous les comportements ne sont pas acceptables.
L’enfant ne comprend pas toujours le lien de cause à effets, et c’est cela que nous, adultes, devons l’aider à intégrer. Car il peut parfaitement comprendre le fait que cela fait mal. En effet, très jeunes, les enfants sont doués d’empathie.
Le plus important c’est donc d’aider l’enfant à comprendre le lien de cause à effet. S’approcher de lui très calmement, le plus posément possible, sans cri ni violence, et parler, lui montrer que l’autre a mal, lui expliquer les conséquences de son geste.
Lorsqu'on crie, menace, puni, humilie, on renforce l'agressivité du petit enfant, et on lui fait perdre, petit à petit, confiance en lui.
En dessous de 5 ans l'enfant n'a pas la maturité cérébrale pour analyser des actes, son comportement, et prendre du recul.
Pour aider son enfant à apprendre à gérer ses gestes impulsifs, on pourra passer du temps avec lui,  le nourrir affectivement, jouer avec lui, s’accorder chaque jour 10 à 15 minutes avec lui, exclusivement. Un quart d’heure de jeu où c’est lui qui décide, un câlin, des jeux de construction ou la bagarre sur le lit par exemple, ou bien des jeux de simulation. Par exemple avec des marionnettes où l’on mime des scènes que l’enfant peut vivre.

Comment réagir face à son enfant qui se fait "agresser" par un autre enfant?
Chaque situation est différente. En ce qui nous concerne, lorsque cela arrive, j'avise en fonction de la réaction de Titouan. Souvent, il est un peu abasourdi par ce qui vient de lui arriver. Il ne s'est pas encore fait mordre ou taper violemment. Il a par contre déjà été poussé plusieurs fois. À ce moment là, dans son regard, je lis de l'incompréhension, "Mais qu'est-ce qui vient de se passer? Pourquoi?".
Alors, je mets des mots sur ses émotions à lui et sur l'événement en lui-même. J'essaie de montrer de l'empathie pour l'autre enfant tout en expliquant à mon garçon que ce que l'autre vient de faire n'est pas acceptable.
Concrètement, cela donne quelque chose comme: "Oh, le garçon t'as poussé! Tu t'es retrouvé par terre! Ça surprend. C'est pas agréable. Vient dans mes bras mon chat. Tu sais, je crois que le petit garçon n'a pas encore appris à dire "Pardon, j'aimerais passer s'il te plaît". Ce n'est pas possible de pousser comme ça!".
Peut-être réagissez-vous différemment? Racontez moi!

mercredi 28 octobre 2015

Marcher dans la rue

Il y a quelques mois, mon voisin m'a demandé, étonné: "Mais tu laisses pas Titouan se promener dans la rue?". Ce à quoi je lui ai répondu que je ne préférais pas pour le moment...Nous avions pourtant déjà essayé!
En fait, mon garçon préfère marcher seul d'un pas très très décidé plutôt que de marcher tranquillement à mes côtés ou de me donner la main ^^. Et, en ville et dans ces conditions, hors de question qu'il marche en solitaire!

Mais, je dois bien avouer que j'ai été un peu déçue que cela se passe comme ça. J'aurais nettement préféré que mon garçon marche tranquillement à côté de moi et qu'il ne parte pas tout d'un coup à droite ou à gauche ou devant, en courant à toute vitesse!! Mais je n'allais pas prendre le risque qui lui arrive un accident pour rester en accord avec mes principes de "liberté"! Il a bien fallu que je m'adapte ;)!

Toutefois, j'y ai réfléchi à nouveau et je me suis dit que c'était dommage que nous ne nous promenions pas plus que cela en ville, dans notre quartier. Je me suis dit que mon garçon allait bien finir par intégrer le fait que: "Dans la rue, on se donne la main!" et que petit à petit, il parviendrait à marcher tranquillement non loin de moi :). Alors j'ai réessayé un certain nombre de fois. Titouan aime toujours autant marcher seul (enfin s'il "marchait" en effet ça irait...mais mon garçon, lui, court!!). Toutefois, il a visiblement bien intégré la fait que: "Dans la rue, on se donne la main!". Et, je constate, que jour après jour, il cherche de moins en moins à enlever sa main de la mienne. 

Alors, chaque jour ou presque, nous nous promenons un peu dans le quartier (en plus du square!), en prenant le temps, en observant, en discutant avec les commerçants et les passants, et mon garçon apprécie grandement. 

Dans la rue je suis hyper vigilante, je ne me permets pas de prendre en photos mon garçon, j'ai malheureusement bien trop peur qu'il ne parte d'un coup d'un seul sur la route! D'autant que dans notre quartier les trottoirs sont minuscules et il y a un monde incroyable!!
En toute logique (;)), voici donc quelques photos de notre dernière sortie au Parc Floral, où là, pour le coup, Titouan peut librement marcher à sa guise (et moi prendre des photos ;))!! J'ai suivi mon garçon pendant plus d'une heure. Il a beaucoup marché, il s'est arrêté ici et là, il a regardé les oiseaux, il a ramassé des pommes de pin, des bâtons, il a senti les jolies fleurs, il a monté des escaliers une bonne dizaine de fois, il a joué avec quelques enfants :).

Que ce soit en ville ou au parc, ces moments là, où on prend vraiment le temps de faire ce que Titouan a envie, où je le suis joyeusement dans ses déplacements, me rappelle encore un peu plus la chance que nous avons de ne pas avoir à nous presser.

Et pour vous comment cela se passe-t-il? Ballades dans la rue ou pas?








mardi 27 octobre 2015

Un peu de Reggio à la maison..

La philosophie Reggio propose aux enfants un matériel authentique, naturel et beau qui a le potentiel de susciter l’émerveillement et l’exploration, ainsi que d’engager l’enfant dans les essais, les tâtonnements, la création.

1. Des "loose parts":
Je vous en parlais ici, rien de plus passionnant et stimulant pour un petit enfant que de jouer avec des trésors de la Nature. Les possibilités sont infinies!!
Vous pouvez proposer tout ce qui vous plaira pour peu que cela permette de créer, d'imaginer et d'éveiller les sens de votre enfant. Vous pouvez les présenter sous forme "d'invitations à jouer", d'une mise en scène donc, qui comme son nom l'indique "invite à jouer", donne envie ;). Laissez libre cours à votre imagination :). Les premiers temps, je vous conseille de faire simple et de pas proposer trop d'éléments à la fois. Vous pourrez ensuite mettre à la disposition de votre enfant plusieurs "outils" différents (bouteille, râteau, fourchette, paille, bâton de bois, coton tige, verre, marron, etc).



2. Jouer avec un miroir:
Sur un miroir, le jeune enfant peut construire dessus, peindre, dessiner le reflet d'un objet, jouer avec l’image d’une construction qui se répète, étudier les mélanges de couleurs et la transparence avec de petits récipients colorés (verres en plastique, bouteilles colorées, papiers translucides), renvoyer la lumière (artificielle ou naturelle). 
Là encore, les possibilités sont infinies!!
Pour cette première approche, Titouan s'est montré intéressé, curieux et observateur :). Il a surtout joué avec son propre reflet (se voir sous cet angle, ça change!), a fait rouler des boules colorées en bois, a observé un certain temps le reflet de son arc-en-ciel et a souhaité inviter sa veilleuse fétiche à venir jouer avec nous ;)!
La prochaine fois, je lui proposerai peut-être de jouer avec ses bouteilles d'eau colorée :).






lundi 26 octobre 2015

DIY: Pâte à modeler

Etant donné que la première pâte à modeler a intéressée mon garçon plusieurs fois, je me suis lancée dans une recette de pâte à modeler maison et comestible!

Pour 1 boule de pâte d'environ 400g, vous aurez besoin de:

-1 tasse de farine;
-2 cuillères à  soupe de sel;
-1 cuillère à soupe de crème de tarte;
-1 tasse d'eau;
-1 cuillère à soupe d'huile végétale;
-des colorants (en gel, en tube, naturels...à vous de voir :)).

Comment faire?
Dans une casserole, mélangez tous vos ingrédients secs, ajoutez l'eau, l’huile, le colorant choisi. Faites chauffez à feu moyen jusqu'à obtenir une pâte qui se détache des bords.
Si vous souhaitez vous lancez directement dans la fabrication de plusieurs boules de pâte, ne mettez pas de colorant tout de suite ;). Faîtes une pâte "nature" en augmentant la dose des ingrédients. Attendez que la pâte ait un peu refroidi, pour ensuite la séparer en plusieurs boules et la colorer.
Vous pouvez même y ajouter de l'extrait d'amende amère :).
Vous pouvez aussi ne pas la colorer du tout! En effet, pour un tout petit la découverte sera avant tout sensoriel (toucher, goût (!), odorat).

La pâte a une texture incroyable!! Elle se conserve plusieurs longs mois dans une boîte hermétique à température ambiante.

Cette pâte à modeler est comestible ce qui est très intéressant si, comme le mien, votre enfant a tendance à mettre à la bouche ;)! Quoi qu'il en soit c'est toujours plus rassurant, je trouve, de savoir ce que nous donnons à nos enfants!

Vous avez déjà testé la recette? Ou vous en connaissez une autre? Racontez-moi!

Bon lundi!


vendredi 23 octobre 2015

Les gommettes ^^

Lorsque Titouan (vers 16 mois) a commencé à vouloir enlever le masking tape qui décorait joliment quelques unes de nos affiches, et à vouloir le recoller, je me suis dis qu'il aimerait sans doute utiliser des gommettes! 
C'est une activité classique qui demande peu de préparation et aucun rangement...enfin si peu!
Je lui ai proposé de grosses gommettes, plus faciles à manipuler, pour commencer. Puis, de plus petites.
Titouan aime les décoller et les coller. Il s'applique soigneusement à les coller avec son petit doigt ;).
J'ai également l'impression qu'il choisit celles qu'il préfère :). Il ne semble pas les prendre au hasard et choisit souvent une gommette ronde en premier ;).
L'activité "gommettes" est plutôt très basique mais elle n'en n'est pas moins intéressante dans plusieurs domaines. Cela exerce la motricité fine bien sûr. Mais cela permet aussi au jeune enfant de jouer avec les formes et les couleurs. Puis, par la suite, de créer tout un tas de choses! Abstraites dans un premier temps :). Cela lui permet par ailleurs de découvrir qu'il y a un côté autocollant et un autre qui ne l'est pas ;).
Idéalement, les gommettes seront suffisamment adaptées pour que le petit enfant puisse les décoller lui-même de la planche.
Les gommettes présentent surtout de l'intérêt si elles sont choisies par l'enfant et si l'adulte lui laisse faire ce qu'il en veut. C'est-à-dire les mettre sur une feuille, la table, la chaise....ou sur lui! D'en mettre plusieurs au même endroit ou, au contraire, une seule et puis "voilà!" ;).
Comme dans toute activité, l'important est la créativité et la liberté permise grâce à un juste accompagnement de l'adulte.
Je propose rarement cette activité à mon garçon. Mais c'est lui qui va se servir tout seul :). Il va chercher sa boîte de gommettes, son cahier ou une feuille, puis il s'installe sur sa petite table. Pour plus de facilité je lui ai prédécoupé des bandes de trois grosses gommettes que je range dans la boîte appropriée. Parfois, il dessine sur le même espace. Lorsqu'il en a assez, il remet tout à sa place :).
Ce n'est pas une activité que j'affectionne particulièrement mais c'est une activité qui a le précieux avantage de permettre à mon jeune garçon d'être totalement autonome et c'est très appréciable!



jeudi 22 octobre 2015

"Sage" avec les autres?

Lorsque l'on est parent, on est bien souvent confronté à ce questionnement: "Mais pourquoi est-il "sage" (que je déteste ce mot!) avec les autres? À la crèche? Chez la nounou? Avec ses grands-parents?"

Vous avez très certainement connu la situation où votre enfant s'endort sans dire un mot avec sa mamie alors qu'avec vous c'est un peu plus chaotique, votre fille qui mange de tout et sans rechigner chez la nounou alors qu'avec vous elle refuse systématiquement tout ce qui ressemble de près ou de loin à un légume, votre fils qui ne se met jamais en colère avec son papi mais qui "explose" à votre retour...

Dans votre tête de parent, vous vous dîtes:
"Je suis vraiment nul...",
"Elle ne m'aime pas, elle ne se sent pas bien avec moi",
"Je fais quelque chose de mal",
"L'auxiliaire a plus l'habitude que moi, c'est pour ça qu'elle y arrive"

Dans la tête du personnel de crèche, de l'assistant(e) maternel(le), des grands-parents:
Si tout va bien, ils ne se diront rien. Ils comprendront tout à fait la différence!
Mais certains pourront se dire:
"Moi je sais comment faire avec les enfants, c'est mon métier",
"Avec moi ça marche. J'ai plus d'autorité que sa maman."
"Ses parents ne savent vraiment pas s'y prendre..."

Mais dans la tête de votre enfant:
"Lorsque je suis avec Maman/Papa, je suis en sécurité, je suis bien, je suis moi!"

Il y a quelques mois cela m'est arrivé et je vous raconte!
Ma mère, que Titouan connaît très très bien et aime beaucoup, est venue le garder un soir. Non pas pour la première fois, mais nos sorties sont bien rares il faut l'avouer!
À ce moment là dans nos vies, le temps du coucher était un peu compliqué. Titouan avait du mal à trouver le sommeil.
Mais là, "Bim!", il s'endort très rapidement et très facilement avec sa mamie!
Lorsque nous sommes rentrés de notre soirée, il dormait profondément...
Ma mère m'a rapporté qu'il s'est réveillé, comme à son habitude, 45 min après son endormissement. Et qu'il s'est rendormi, relativement vite, contre elle. 
Nous nous sommes couchés à côté de lui (nous faisions du cododo intensif à cette époque là!) et il s'est ensuite réveillé beaucoup plus tard que les autres fois. Il s'est "jeté" sur moi et a tété. Il s'est ensuite réveillé quelques fois dans la nuit pour retrouver le sein, comme c'est toujours le cas. 

Eh bien, je vous assure que, même en étant convaincue de la théorie, cela a été peu facile à vivre sur le moment. Pourquoi mon fils s'était-il endormi en moins de dix minutes avec sa grand-mère mais qu'il mettait 1h30 voire plus avec moi??!

J'ai discuté avec quelques mamans (parfois EJE aussi) et je me suis raisonnée! Tout cela c'est NORMAL! Il n'y a rien que je fasse de moins bien ou de "pas comme il faut", il n'y a rien que ma mère (le personnel de la crèche, la nounou) ne fasse mieux. Il y a juste que mon garçon sait qu'avec moi il peut être vraiment lui. (Et en plus il paraîtrait même qu'il remplit son réservoir affectif à mes côtés et que, grâce à cet échange, il développe son cerveau et ses compétences ;)).
C'est notre privilège de Maman/Papa ;-)!
Alors maintenant, lorsque sa mamie vient le garder, je profite juste de ma soirée! Je sais qu'il est bien, et qu'il va s'endormir tranquillement. Je sais que je n'ai pas de soucis à me faire :). Merci Maman :)!


mercredi 21 octobre 2015

Lectures d'automne #1


Aujourd'hui je partage avec vous ma sélection de nos lectures d'automne pour Titouan (19 mois).

Je commence avec deux albums sans texte que vous avez déjà vu sur notre table des saisons, ici.
Le premier est superbement illustré par Rotraut Susanne Berner. "Le Livre de l'automne" fourmille de petits détails à la manière d'un "Cherche et trouve". 
Il existe un livre pour chacune des saisons. Les scènes sont semblables sur tous les albums mais évoluent au fil des saisons. On retrouve également les mêmes personnages à chaque ouvrage!
On ne s'en lasse pas! Il y a toujours quelque chose à observer! Titouan nomme tout ce qu'il connait et me demande ce qu'il ne connait pas. Puis il répète ;). Il adore chercher le chat Mingus à chaque page! 






Le second fait parti du quatuor des livres des saisons de Gerda Müller. J'ai nommé "Autumn". Les illustrations sont chaleureuses et offrent une véritable ambiance automnale. On aime!!



Nous avons ensuite emprunté quelques albums à la bibliothèque. Je vous parle de deux d'entre eux!
Et je commence par le très joli album "Dix feuilles volantes" d'Anne Möller. Dans la bibliothèque où je me rends, il est classé avec les premiers documentaires. Et pour causes, il est extrêmement réaliste et explicatif.
Je n'étais pas sûre qu'il plairait à Titouan...Je le trouvais un peu trop compliqué...eh bien il l'a adoré!
Le déroulement de l'histoire n'a pas spécialement retenu son attention mais il a aimé s'attarder sur de nombreuses pages! 
L'histoire? "Dix feuilles ont poussé sur la branche d'un saule. Mais maintenant elles jaunissent, car l'automne est arrivé." Chaque feuille s'envole et il arrive quelque chose pour chacune d'entre elles. 
On y parle cycle de la vie de façon très accessible.
À la fin du livre, un petit lexique imagé pour expliquer, entre autres, plus en détails les animaux et les végétaux rencontrés dans l'album.
Je le conseille vivement, notamment pour un enfant entre 3 et 7 ans!




Enfin, le magnifique album "Maintenant que tu sais" d'Anne Crausaz. L'univers graphique de cette illustratrice est très fin, très poétique. Chaque ouvrage est un petit chef-d'oeuvre et celui-ci ne fait pas exception!
Une amanite se confie et raconte ce qu'elle vit. Le lecteur voit les choses d'un autre oeil et va au-delà des apparences. Le respect de l'environnement est aussi mis en avant.
J'ai adoré le lire! Titouan, lui, ne s'y est pas tellement intéressé! Trop jeune sans doute! Nous le réemprunterons à l'automne prochain ;)!





Je vous souhaite un beau mercredi avec le rendez-vous "Chut les enfants lisent" organisé par Yolina :).

mardi 20 octobre 2015

Celui qui aimait les animaux

Je vous le racontais ici, Titouan vit avec trois animaux: un chien et deux chattes.
Il a développé avec chacun d'entre eux une relation toute particulière. Et depuis quelques temps il les malmène nettement moins et c'est fort appréciable :).

Titouan et son chien:
Ils jouent beaucoup beaucoup ensemble. Titouan lui lance des balles, va chercher des bâtons de bois pour lui, l'aide à creuser des trous...!
Fersen (le chien) semble également bien apprécier son petit maître. Il faut dire que ce dernier partage généreusement tous ses repas avec lui ^^. Et ça a su toucher notre chien en plein coeur ;)!
Mais, notre chien évite son contact. Il n'y a donc pas encore de moments "câlins". Leur relation est essentiellement basée sur le jeu...et la nourriture!
Notre cocker est un peu craintif et ses réactions peuvent être assez surprenantes. Il n'aime pas être dérangé et nous veillons alors à ce que ce soit le cas le plus souvent possible.
Depuis quelques temps c'est Titouan qui se charge de donner les croquettes du chien! (Sous très haute surveillance quand même!).





Titouan et ses chattes:
Nos deux chattes ont des tempéraments très différents. L'une est très craintive et ne se laisse pas approcher par n'importe qui! Pas même par notre petit garçon! Titouan essaie simplement de l'appeler "Nono" pour "Juno" et c'est tout ^^.
Par contre, avec notre deuxième chatte, Mina, la relation est tout autre! Elle est très câline et se laisse volontiers "papouiller" par Titouan. Et c'est adorable le regard qu'il porte sur elle. Il est souvent si doux, si tendre...j'aime les voir ensemble!
Depuis peu il l'appelle moins "Maa" mais "Mimi" ;). Ce qui, vous en conviendrez, est tout aussi mignon :D!
Il m'assiste spontanément lorsque je change leur litière!! Il m'apporte ce dont j'ai besoin, il m'aide à verser la litière propre, etc.

Par ailleurs, Titouan est attiré par tous les animaux en général. Il se passionne notamment pour les animaux de la ferme et en particulier les volailles! Il aime observer les oiseaux, rencontrer d'autres chats et chiens. Il est curieux lorsqu'il croise un insecte ou un escargot. Il imite un tas de cris d'animaux! Bref, celui qui aimait les animaux c'est mon garçon!
Et vos enfants aussi?


Belle journée à vous :)

lundi 19 octobre 2015

Et puis j'ai VRAIMENT lâcher-prise...

Voilà une petite anecdote qui m'est arrivée il y a peu. Titouan jouait avec l'un de ses jeux de motricité fine que je lui ai fabriqué. Il enfilait les bâtonnets avec beaucoup de concentration et de persévérance. C'était vraiment très beau à observer. Il a fait cela pendant cinq bonnes minutes. Puis, il a voulu enlever le couvercle et y mettre tous les bâtonnets d'un coup d'un seul. Il y est parvenu avec une grande aisance. Et, allez savoir pourquoi, j'ai voulu m'exclamer: "Ah oui c'est plus facile comme ça!". Mais je n'ai rien dit. Je me suis retenue et une petite voix dans ma tête m'a dit:" Facile? Difficile? Et alors???". Non mais franchement pourquoi avais-je voulu lui dire ceci!!
Bref, je l'ai laissé continuer, tranquillement. Il a fait cela un bon moment. Il a vissé et dévissé le couvercle de nombreuses fois. Il a mis les bâtonnets. Un par un. Plusieurs en même temps. Puis, il a recommencé comme au début, encore un long moment d'ailleurs! Je n'ai presque rien dit pendant ces quinze minutes...oui, oui! Quinze minutes! Cela faisait très longtemps que mon garçon ne s'était pas concentré autant!

Cela peut paraître idiot mais c'est la première fois où j'ai vraiment ressenti, à l'intérieur de moi, que les expériences étaient nettement plus importantes que les résultats, le but, les objectifs. Je le savais déjà en théorie. Je l'avais déjà observé avec de nombreux enfants et avec Titouan. Mais, là, c'était en moi, comme une évidence. Vous saisissez?
Plus de pression aucune. Plus de: "Ce serait sympa si on..". Plus de: "Ah oui c'est vrai on pourrait faire ça", etc. 
Avez-vous ressenti cela vous aussi? C'est magique n'est-ce pas? On ressent comme un magnifique lâcher-prise!! Un sentiment de liberté! Une incroyable confiance!
Et cette anecdote est un nouveau pas pour moi vers les apprentissages autonomes.

Belle journée à tous :)



dimanche 18 octobre 2015

L'instruction en famille #Les questionnements

Aujourd'hui je vous parle de ces questions que l'on se pose ou que l'on nous pose, des peurs que nous pouvons avoir lorsque nous faisons le choix de l'IEF.
En ce qui nous concerne, nous avons fait le choix de l'instruction en famille (IEF) pour notre enfant.
Bien entendu, pour l'instant, cela n'est qu'un projet et cela ne sera officiel qu'à ses six ans! (Et puis nous ne savons pas non plus de quoi demain sera fait...).
Pour le moment, nous prenons le temps de vivre, de profiter et d'être ensemble. Chaque jour.

Avant de commencer l'article, je tiens à préciser que ceci n'est pas un article CONTRE l'école!
Si, en effet, je ne suis absolument pas convaincue par le système éducatif français, en revanche, je ne mets pas dans le même "panier" les enseignants! Je sais qu'une grande partie d'entre eux sont dans la bienveillance et ont conscience des lacunes de l'EN. Quelques uns (de plus en plus même!) oeuvrent, discrètement mais sûrement pour faire changer les choses de l'intérieur. D'autres ont conscience que ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour les élèves et subissent ce système qui ne répond pas à leur conviction. C'est extrêmement dur de faire bouger les choses. On se confronte souvent à un mur!! (C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je n'ai pas souhaité devenir enseignante. J'avais peur de ne pas réussir à changer les choses de l'intérieur...). Je comprends donc aussi aisément ces personnes là (parce que je crois que j'en aurais été!). Sans compter les parents qui ne sont pas toujours réceptifs aux innovations de certains enseignants. Il arrive même que des parents demandent des notes lorsqu'il n'y en a pas! Peut-être car cela leur donne l'impression d'un travail effectif? Je ne sais pas...
Et je crois que le simple fait que des enseignants aient conscience de ce qui serait à améliorer est une chance pour leurs élèves! Car ils sont nécessairement plus empathiques et plus à l'écoute :).
Maintenant, il y a aussi beaucoup d'enseignants qui ne remettent pas en cause le système (compétition, notes, etc.) ainsi que leur pratique professionnelle.

Dans cet article, je me propose de répondre à ces questions et idées préconçues, qui sont, par ailleurs, tout à fait légitimes!
Pour ce faire, je vous fais part, entre autres, de bribes de conversations que j'ai pu entretenir avec mon entourage ou des inconnus.

Je vous en avais déjà parlé ici et . J'éprouve le besoin d'y revenir encore. (Désolée pour celles et ceux que cela n'intéresse pas...C'est juste que je suis en pleine réflexion à ce sujet...).

L'annonce du projet d'Instruction En Famille:
Il y a plusieurs types de réactions lorsque l'on annonce que l'on aimerait proposer l'IEF à son enfant.
Il y a ceux qui prennent peur: "Mais pourquoi?? Mais t'as pas peur que ceci ou cela?".
D'autres qui sont outrés: "Mais enfin c'est n'importe quoi!!".
D'autres qui ne savent pas:" Non mais attend, l'école est obligatoire!".
Il y a ceux qui disent "Oui, oui...", pensant que nous allons changer d'avis!
Et enfin, d'autres s'exclament: "Comme je te comprends!!". (Lorsque cela arrive c'est génial!).
Mais celles qui ont peur sont nombreuses... Souvent d'ailleurs, elles ne s'étaient jamais posées la question de l'IEF et n'avaient jamais osé penser qu'il était possible de ne pas aller à l'école.
Peur de la marginalisation. Peur de l'isolement. Peur de la non-socialisation.
Après les avoir plus ou moins informées, ces personnes ont encore des questions, des doutes.
Voici quelques unes de leurs questions:
"Et t'as pas peur qu'il soit seul? Il aura besoin d'un espace et d'un lieu rien qu'à lui? Et les amis, t'as pas peur qu'ils soient tous comme lui?"

Seul? C'est un mythe de croire que l'IEF se passe uniquement à la maison. Au contraire, les occasions de sortir et de rencontrer du monde sont bien plus nombreuses qu'à l'école, d'autant plus qu'il existe des groupes d'enfants non-scolarisés partout en France, partout dans le monde!
L'école est un lieu de rencontres, certes. Toutefois, être entouré de 25 autres (au moins!) personnes nées la même année, vivant dans un même quartier, étudiant exactement la même chose au même moment n'est peut-être pas ce qu'il y a de mieux pour s'ouvrir au monde!!

Un espace à lui? Bien entendu. Tous les enfants ont besoin d'un espace rien qu'à eux, d'un jardin secret, d'activités personnelles. Je ne suis pas persuadée qu'il y ait pour cela besoin que parents et enfants soient séparés huit à dix heures par jour, quatre jours par semaine. Deux ou trois activités par semaine (ex: théâtre, football, danse, etc.) devraient largement suffire non :-D?
Et notre garçon vivra ses aventures, non pas d'écolier mais d'enfant! Et il aura plein de choses à nous raconter aussi, j'en suis sûre :).
D'autre part, si l'enfant a besoin d'avoir son espace à lui, il en va de même pour nous, parents! Certains ont plus besoin que d'autres d'avoir des moments à eux, des activités extra-familiales. C'est à prendre en compte pour s'assurer de l'équilibre de chacun.

Des amis comme lui? En fréquentant des groupes de "non-sco", les enfants rencontrent d'autres enfants qui, comme eux, ne vont pas à l'école. En effet.
À l'école, les enfants rencontrent des enfants qui, comme eux, vont à l'école ;-).
Mais école ou pas, il est évident que tous les enfants sont différents de part leur tempérament, leur histoire, leurs passions.
Et puis, que dire des établissements privés? Dans les écoles Montessori par exemple, les enfants viennent tous du même milieu social. Dans les écoles religieuses, tous les enfants partagent la même religion.
C'est, pour moi, nettement plus enfermant.
Et l'école public? Eh bien, pour ma part, mes amis me ressemblaient beaucoup...Même milieu social, même éducation et nos parents sont devenus amis...Ou inversement??!
Finalement, on va souvent vers des gens qui nous ressemblent plus ou moins. Ecole ou pas :).
Je crois que l'ouverture d'esprit vient surtout de notre éducation ET de notre tempérament. Si l'école rendait sociable cela se saurait!!!
Sans compter que notre enfant sera également entouré d'enfants scolarisés bien sûr!! (À commencer par ses cousins et cousines).
Mais pas que! Les amis devraient-ils tous avoir le même âge? Vivre dans un même quartier?
L'IEF offre la liberté et l'opportunité d'avoir des amis de tous les âges et du monde entier. (Fort heureusement, des enfants fréquentant l'école peuvent aussi avoir cette chance là! L'un n'empêche pas l'autre :).)

L'envie d'aller à l'école: 
Pour répondre à cette question, une conversation synthétisée que j'ai eu il y a plusieurs mois avec quelques membres de ma famille.
Titouan (13 mois à l'époque) demande à téter. Ma cousine (23 ans) s'inquiète:
"Mais tu comptes l'allaiter jusqu'à quand?".
Moi: "Je n'ai pas vraiment de limites. L'OMS recommande jusqu'à 2 ans 1/2...".
Elle (choquée): "Quoi?? Mais tu te rends compte qu'il ira à l'école?".
Agacé, Alexandre intervient: "Bon, bah, de toutes façons, ça tombe bien, il n'ira pas à l'école!!".
Ah, ah!!
Bon, alors là, tous les regards étaient sur nous!! L'allaitement long à côté, c'était de la rigolade!!
Et des tas de questions ont suivi, qui viennent pour la plupart de mon demi-frère de 15 ans bientôt:
Lui: "Mais il y a peut-être un jour où il voudra aller à l'école?"
Moi: "Oui c'est vrai et il ira s'il le demande d'ailleurs!".
Lui: "Mais il demandera pas! On veut tous rester à la maison avec ses parents!" ^^
Ma grand-mère (80 ans) intervient et lui répond: "C'est faux tu sais! Certains veulent vraiment aller à l'école!...Je n'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi!!" ;-)
Moi (je reprends): "Au contraire, je suis sûre qu'il sera curieux, qu'il aura envie de savoir. Peut-être pas tout petit mais au collège?"
Lui: "Oui au collège c'est pas pareil...Mais il aura trop de mal à s'adapter au collège! C'est très dur!"
Moi: "Oui, le collège c'est dur pour tout le monde...D'ailleurs, toi, tu étais à l'école avant d'aller au collège...et tu as eu du mal à t'adapter..."
Lui: "Oui...".
Les personnes plus âgées comprenaient tout à fait notre choix. Ce qui n'étaient pas le cas des "jeunes" gens..

Et t'as pas peur qu'il ait des lacunes?
Bah..parce que ceux qui sont scolarisés n'ont aucune lacune? :D
Sérieusement je crois profondément au fait que si quelque chose nous plaît, on apprend à ce sujet de façon spontanée et enthousiaste. Je pense aussi qu'il y aura inévitablement des lacunes et que ce serait un leurre de croire qu'il est possible de tout connaître. Ecole ou pas.

Si grâce au film "Être et devenir" et les rencontres qui ont suivi, nous n'avons plus peur, nous avons encore des interrogations. Les questions que nous nous sommes posées rejoignent finalement les idées préconçues que nous pouvions avoir à ce sujet.
Ce qui a particulèrement inquiété le papa de Titouan fut de se demander où notre enfant trouverait des amis. Il est maintenant on ne peut plus rassuré!

Pour ma part, je me suis demandée et je me demande encore: "Et si mon enfant aimait l'école?".
Oui, parce que certains enfants aiment l'école! Alors, j'en suis venue à la conclusion que je proposerai l'IEF en premier lieu mais que, bien entendu, je ne m'opposerai pas à ce que Titouan aille à l'école si tel est son choix. Pas avant six ans toutefois (voire dix d'après nos rencontres). Car, je ne pense pas qu'avant cet âge, les enfants soient capables de mesurer les conséquences d'une telle décision. Il ne peut pas savoir ce que cela implique. Cela pèserait bien trop lourd sur leurs petites épaules en plus! Du coup, ce choix, ce sont ses parents qui le font pour lui. (Et quel que soit ce choix).
Maintenant, il est fort probable que Titouan veuille en effet aller à l'école à un moment ou un autre! Sa cousine et la fillette d'un de nos couple d'amis, toutes deux du même âge que notre garçon, iront à l'école. De plus, arrivé à 3 ans, il est bien rare que l'entourage ou de simples passants ne s'exclament pas: "Oh tu es grand(e) maintenant! Tu vas bientôt aller à l'école!".
Et ces remarques me font peur d'avance. J'ai peur que Titouan se sente mal à l'aise, qu'il ne sache pas quoi répondre...
Heureusement, les rencontres avec des enfants non-sco vont être de plus en plus nombreuses et nous ne seront pas seuls!! En effet, les plus jeunes ont l'âge de Titouan et la plus âgée a 15 ans 1/2!
Nous le laisserons aller à l'école s'il en fait une demande éclairée. Reste à voir quelle école!! Et, bien entendu, nous arrêterons s'il exprimait un mal être finalement. Nous l'accompagnerons et le soutiendrons au mieux, s'il s'y plaît! Bref, nous serons à son écoute, quel que soit ses besoins.

Un échec?
Dans la foulée, je me suis aussi demandée si je ne vivrai pas comme un échec si Titouan choisissait d'aller à l'école lorsqu'il aurait 8 ou 10 ans? Et j'ai compris qu'il ne pourrait y avoir d'échec. Que Titouan décide d'être scolarisé ou préfère l'IEF, dans tous les cas il aura fait un choix qui lui appartiendra. Et un choix, quel qu'il soit, est un grand pas vers cette autonomie que nous espérons tous pour nos enfants ;).

Et nous nous sommes aussi interrogés: "L'IEF ne mettra-t-elle pas en difficulté notre garçon? Vis-à-vis des autres et de la société?". Là-dessus, le papa n'a aucune crainte. Il est convaincu que c'est en donnant confiance à notre enfant que celui-ci pourra avoir les réponses face aux personnes mal intentionnées. Pour ma part, j'avoue avoir encore besoin d'être rassurée...
Les autres se mêlent parfois tellement de ce qui ne les regarde pas, sont tellement persuadés de savoir ce qui est le mieux pour tout le monde...Il ne viendrait à l'esprit de personne de dire à un enfant scolarisé: "Oh tu vas à l'école, tu dois être tellement triste sans tes parents. Et puis c'est tellement nul l'école, on doit apprendre la même chose tous en même temps, on doit rester assis toute la journée! Vraiment ils sont pas cools tes parents de t'imposer ça!". À l'inverse, on peut facilement entendre un adulte dire à un enfant non-scolarisé: "Oh mais t'es grand maintenant, tu vas devoir aller à l'école! Tu vas tellement t'ennuyer à la maison! T'auras pas de copains! Et puis faut laisser vivre ta maman, hein!"...Et là, à part sortir griffes et crocs, je vois pas ;).

Et puis je me suis dis: "Mon choix ne sera peut-être pas celui de mon enfant?". J'ai eu la chance de pouvoir poser la question à Isabelle Filliozat qui m'a répondu qu'en effet c'était un risque à prendre, comme pour tous les choix que nous faisons pour nos enfants! L'idée est donc d'aviser en fonction, de s'adapter.
La joie est un indicateur essentiel pour savoir si c'est le bon choix! Si mon enfant est heureux, si moi/mon couple aussi alors c'est le choix qui convient pour nous :).
Ensuite il semble important que l'enfant puisse essayer les deux options et qu'il puisse ensuite choisir. Toutefois, comme je l'ai dit plus haut, on ne peut pas demander cela à un enfant de moins de six ans (voire même dix).
Pour notre part, nous allons choisir l'IEF en premier lieu parce que nous sommes convaincus par l'idée des apprentissages autonomes. Notre rôle de parents est, entre autres, de choisir pour notre enfant, en attendant qu'il puisse choisir, de façon éclairée, pour lui.

Voilà principalement les questions qui se posent lorsque je parle IEF...
Et vous avez-vous d'autres questions, d'autres avis ou d'autres réponses à apporter?



Belle journée à vous :)

samedi 17 octobre 2015

Allaitement: un peu, beaucoup, passionnément!

Aujourd'hui, en cette semaine mondiale de l'allaitement maternel, je vous parle de notre expérience à ce sujet!
Avant de commencer je voulais bien entendu préciser que je n'étais ni pour, ni contre l'allaitement. Bien sûr il y a de précieux avantages à allaiter mais cela reste juste un choix comme un autre et je trouve bien plus sain pour tout le monde un bon biberon donné avec amour et tendresse, qu'un sein donné à contre coeur. Ceci étant dit, nous pouvons commencer ;-).

Avant de devenir maman:
Je n'ai pas été allaité et, autour de moi, je connaissais très peu de monde ayant allaité. Et encore moins "longtemps".
Toutefois, j'ai eu la chance de rencontrer trois enfants de plus de deux ans étant toujours allaités. C'étaient trois enfants épanouis, confiants, autonomes :).
Avant d'être enceinte, je savais que je souhaitais allaiter mais je me réservais aussi le droit de changer d'avis.
Pendant ma grossesse, j'ai lu "L'art de l'allaitement maternel" de La Leche League et à la fin du livre, je connaissais déjà pas mal de choses sur le sujet. Je me sentais prête et parée à vivre les pics de croissance ;-)! (Et fort heureusement car il y en a eu pas mal chez nous!).

Les premiers jours d'allaitement:
Lorsque Titouan est né, il est venu tout naturellement trouver mon sein et a tété...C'était simple et facile.
Mais, cela s'est compliqué un peu. Il ne parvenait plus à téter comme à son premier jour!
J'avais mal. Les tétées n'étaient vraiment pas des moments agréables...Je souhaitais alors arrêter l'allaitement. Mais, le personnel de la maternité m'a encouragé à continuer (ce que je n'ai pas apprécié dans un sens). J'ai persévéré et une auxiliaire m'a enfin parlé de ce que l'on nomme joliment un bout de sein en silicone. Et là ce fut magique! Titouan tétait parfaitement bien et je ne souffrais plus du tout!! Nous pouvions rentrer sereinement à la maison :).
Il a beaucoup tété les premières semaines. Il a eu tous les "pics de croissance" dont les spécialistes parlent!
Vers quatre mois (ou un peu avant), Titouan a décidé qu'il n'y avait plus besoin de ce truc en silicone et l'allaitement s'est poursuivi tout naturellement.
J'ai allaité à la demande, sans me soucier de l'heure de la dernière tétée. Et lorsque l'on me posait la question: "Et sa prochaine tétée, c'est quand?", je répondais "Heu...lorsqu'il en aura envie!!".
Je l'allaitais pour le nourrir bien sûr...mais pas que! Et je crois d'ailleurs que si on allaite son bébé dans le seul but de le nourrir, on arrête d'allaiter plutôt rapidement ;).
Je l'allaitais (et l'allaite) principalement pour ce lien si particulier qui se crée.

Et maintenant:
Aujourd'hui, Titouan est toujours allaité à la demande et il a très bien compris le principe! Mais à son âge, ses besoins sont différents de quand il était tout bébé. Il tète pour se nourrir bien sûr mais aussi pour faire un câlin. Il adore téter quand je lui raconte une histoire par exemple. Et, il aime s'endormir au sein :).

Par contre, j'ai essayé de faire en sorte que l'allaitement ne soit pas un refuge à émotions ou une sorte d'automatisme de contrôle. Autrefois, lorsqu'il se faisait mal par exemple il avait tendance à chercher à téter. Depuis qu'il a six ou sept mois, je préfère en premier lieu mettre des mots sur ses émotions, le soigner, le câliner, lui dire qu'il peut pleurer, etc. Et, au besoin, le faire téter :).
Il ne cherche pas du tout à téter lorsqu'il est en colère ou lorsqu'il a peur. Il crie, signe, pleure.

Les jugements, les regards:
L'allaitement est l'un des sujets qui posent vraiment le plus soucis autour de moi.
Il semblerait que l'on s'imagine que si vous allaitez votre bébé trois mois vous êtes une très bonne maman, si vous allaitez six mois vous êtes une super maman, si vous allaitez au-delà...c'est louche!
Quel dommage! Quel manque d'informations!
Passés les six mois de mon bébé, j'ai eu droit à pas mal de réflexions: "Il va falloir commencer à arrêter d'allaiter" m'a dit une puéricultrice de la PMI alors que Titouan avait tout juste 7 mois...
"Quoi? Tu l'allaites encore??", "Mais tu comptes l'allaiter jusqu'à quand?", "Il va te mordre avec ses dents!".
Pourtant l'OMS recommande l'allaitement au sein exclusif pendant les six premiers mois suivant la naissance, et en complément d'aliments solides de six mois à deux ans, voire plus. Et, toujours selon l'OMS, l'allaitement exclusif couvre entièrement les besoins d'un enfant jusqu'à ses un an! Entièrement, oui! Il n'y a donc aucunes raisons médicales de donner autre chose à manger que son lait à un petit enfant de moins d'un an! Mais nous le faisons pour qu'il puisse découvrir de nouvelles textures et saveurs :).
Les professionnels de santé m'ont souvent soutenu et encouragé. Encore maintenant d'ailleurs.

Je suis de nature pudique mais j'ai appris à l'être moins, notamment avec l'allaitement. Maintenant, j'ai pu remarquer que cela avait tendance à gêner mon entourage. Du coup, par respect pour leur sensibilité, je me retrouve donc à me cacher pour donner le sein à mon garçon. C'est loin d'être agréable ^^. J'ai même parfois l'impression de faire quelque chose de mal...Là encore, quel dommage!!
Cela ne choque personne qu'un enfant de trois ans boive un bol de lait pourtant!!

Des contraintes?
L'allaitement c'est beaucoup de bonheur. Pour le petit (ou grand) enfant comme pour la maman.
Pourtant, certains y voient surtout des contraintes. La pire pour certains? Ne plus boire d'alcool...Heureusement j'avais d'autres bonheurs que celui de boire ;)!!
Par ailleurs, parfois, Titouan a envie de téter alors que je suis occupée (en train de manger par exemple) et oui, il m'arrive de devoir quelquefois arrêter ce que je fais. Cela ne me dérange généralement pas. Et si cela me gêne, je lui dis! Et, parce qu'il grandit et qu'il prend de plus en plus conscience que moi aussi j'ai des besoins, je diffère tout simplement ce moment. Car, vous vous en doutez, à son âge, lorsqu'il veut téter c'est plus un besoin de câlin que parce qu'il a vraiment faim. Je le prends dans mes bras, sur mes genoux et je lui explique la situation. Son papa est aussi d'une aide précieuse dans ces moments là.

Et le papa?
D'ailleurs, à ce propos, son papa est tout à fait en phase avec le fait que j'allaite toujours notre bambin. Il a toujours participé, à sa façon, à ces moments. Au tout début, il veillait à ce je sois bien installée par exemple. Il caressait les pieds de son bébé, etc.
Et, j'entends beaucoup de parents qui disent que l'allaitement empêche au papa de s'occuper de son enfant. "Il faut que la maman tire son lait parce qu'ainsi le père peut lui aussi donner à manger". Je comprends. Maintenant, il y a tellement de façon de prendre soin d'un bébé: lui parler, lui donner son bain, lui changer la couche, lui faire un massage, lui jouer d'un instrument, chanter, le porter en écharpe, dormir avec lui, etc. Mon allaitement n'a jamais empêché Titouan et son papa d'être très proches! Ils sont même hyper complices :).

Allaiter longtemps...oui mais jusqu'à quand?
Jusqu'à quand allaiter mon enfant? Je n'ai pas vraiment d'âge limite. Je me suis toujours dit que je suivrai mon instinct et les besoins de mon enfant. Idéalement, j'aimerai aller jusqu'au sevrage naturel, quoi que j'ai un peu de mal, aujourd'hui, à m'imaginer l'allaiter au-delà de ses trois ans...mais qui sait??

Je cite enfin la LLL en ce qui concerne l'allaitement au-delà de 3 ans justement:
"Même parmi les mères allaitantes, l’idée d’un allaitement très long fait débat. À quel âge « long » devient-il « trop long » ? 
Les anthropologues vous diront que, sur un plan biologique, les petits humains sont programmés pour pouvoir téter jusqu’à environ 7 ans, âge auquel les premières dents, qu’on appelle justement les dents « de lait », sont remplacées par les dents définitives. La recherche montre également que les enfants ont besoin de sucer, que ce soit le sein, leur pouce ou une sucette artificielle, pour s’apaiser, et que ce besoin ne disparaît pas avant un moment qui se situe, selon les enfants, entre 3 et 7 ans. Et les anciennes générations, en particulier celles qui vivaient dans les zones rurales, peuvent raconter des histoires d’enfants de 5, 6 et 7 ans toujours allaités.
Même s’il est vrai que le lait maternel se modifie naturellement pour s’adapter aux besoins de l’enfant, à ces âges, l’alimentation repose essentiellement sur les aliments solides, et le fait d’allaiter encore est plus de l’ordre de la relation mère/enfant. C’est une des façons que choisissent certaines mères pour combler les besoins émotionnels de leur enfant et renforcer le lien d’attachement."

Je ne sais donc pas jusqu'à quand je vais allaiter Titouan. C'est sans doute lui qui me fera savoir quand il sera prêt à passer à autre chose. Ou peut-être que cela ne me conviendra plus. Ou peut-être qu'un autre enfant sera là et que cela changera les choses. Ou peut-être...
En attendant, nous profitons tous les deux de ces moments privilégiés, de ces moments rien qu'à nous parce que nous savons bien qu'un jour, il y aura une fin.

Pour prolonger la réflexion, je vous invite à lire cet article et celui-ci :).

Et vous, quelle est votre expérience avec l'allaitement? Avez-vous souhaité allaiter? Avez-vous pu le faire? Avez-vous, au contraire, préféré ne pas allaiter?

vendredi 16 octobre 2015

Le besoin d'ordre

Selon Maria Montessori, une période sensible de l'ordre apparaît aux alentours d'un an et dure jusqu'à 2 ou 3 ans environ. 
Pendant cette période l'enfant va être très sensible à la notion "Chaque chose à sa place. Une place pour chaque chose". Je vous en parlais ici.
L'enfant de cet âge a besoin d'ordre, de routine, d'habitudes. Il aime remettre à sa place, regrouper par catégorie, etc. Cela l'aide à mettre de l'ordre dans sa tête, cela le rassure et l'aide à grandir sereinement.
Cela ne veut pas dire que le petit enfant ne dérange pas! Lorsqu'il joue et qu'il s'étale c'est aussi on ne peut plus normal! Le jeu n'a pas de limites ;).

Beaucoup de parents se demandent: "Comment faire pour que ma fille/mon fils range?".
Quelques pistes:
- Ranger soi-même et le faire avec plaisir :);
- Organiser sa maison de façon à ce que tout soit clair pour son enfant. Vous pouvez même coller une image sur vos boîtes de jeux (une image "légo" pour les légos, une image "animaux", etc.).
- Faire confiance à son enfant! Lorsqu'il sera prêt il rangera de façon spontanée et enthousiaste!
- Et profiter de cette période inée de l'amour de l'ordre pour en faire une habitude :).

Depuis que Titouan est tout petit, je range et je lui dis!:
"Tu as fini de jouer avec ton hochet alors je le remets à sa place."
Et c'est tout naturellement que lorsqu'il a été prêt, il l'a ensuite fait de lui-même. Vers 12 mois, je dirais.
Aujourd'hui, je continues ainsi. Je lui proposes: "Je remets les cubes dans le bac. Tu veux toi aussi le faire?", "Tu as envie de m'aider à ranger les livres dans la bibliothèque?".
S'il refuse, tant pis! Mais la plupart du temps il est ravi de pouvoir ranger et j'ai même bien souvent besoin de ne rien dire! Il le fait spontanément et me surprend parfois par sa rigueur! Rigueur somme toute très classique à son âge ;).
Il a donc plaisir à remettre les choses à leur place. Mais pas toujours! Et dans ces cas, il est préférable de ne pas insister mais de continuer de montrer l'exemple sans en faire tout un plat :).
Chez nous, chaque chose a une place spécifique. Dans sa chambre particulièrement mais c'est le cas dans toutes les autres pièces. Bon, ça ne veut pas dire que c'est toujours rangé...loin de là! Ça bouge, ça vit, etc.
Titouan remet presque systématiquement les choses à leur place exacte. Lorsque ce n'est pas le cas, je ne dis rien et je le laisse le ranger là où il souhaite. Une fois qu'il a le dos tourné, je remets tout en ordre. (Pourquoi lorsqu'il ne voit pas? Parce que cela pourrait signifier pour lui "Tu as mal fait. Regarde comment il faut faire..."). Ainsi, la fois suivante, il visualise de nouveau là où le matériel/jouet se met et il intègre de façon autonome sans que j'ai eu besoin de ne rien dire du tout.

Les enfants de cet âge ont besoin de routines. Telle chose avant telle autre, etc. Ils aiment que l'on s'y tienne. Cela les rassure, les aide à anticiper: le repas, le bain, une histoire, au dodo.
Des petites chansons qui annoncent le début et/ou la fin d'un moment sont souvent appréciées: une chanson particulière avant manger, une chanson spéciale à la fin du bain, etc.




Et chez vous, comment ressentez-vous ce besoin d'ordre de votre enfant? Ou pas ;)?
Belle journée :)

jeudi 15 octobre 2015

Les p'tits goûters: Les bouchées au chocolat

Il semblerait que des idées de recettes à faire avec son enfant soient effectivement les bienvenues ici :)!
J'espère ne pas vous décevoir car je ne connais pas de recettes très très originales!! J'essaie juste d'en trouver qui puisse être réalisées par Titouan! Ou des les adapter ;)!
Je vais donc essayer de partager avec vous ce qui plaît chez nous :).
Je commence avec une recette ultra simple et parfaite pour un petit goûter rapide et gourmand!
Ces bouchées au chocolat ont beaucoup de succès...surtout auprès du papa ;)! (Mais Titouan et moi adorons également!!).
Pour les réaliser il vous faudra:
-1 pâte feuilletée toute prête;
-Une dizaine de carrés de chocolat pâtissier;
-Un jaune d'oeuf ou du lait;
-Du sucre.

1. Préchauffez le four à 180 °C.
Placez le papier sulfurisé et la pâte sur une plaque de cuisson.
Avec un emporte-pièce cylindrique ou un verre, commencez par découper une dizaine de cercles dans votre pâte feuilletée.
2. Placez un carré de chocolat au milieu de chaque cercle de pâte.
3. Refermez la pâte autour du carré de chocolat.
4. Badigeonnez avec un pinceau les bouchées avec un jaune d'oeuf ou un peu de lait.
5. Saupoudrez de sucre.
6. Placez au four pendant 10 min.

À déguster quand le chocolat est encore chaud (mais pas trop!) et fondant!

Que fait Titouan (19 mois)?
Il met les carrés de chocolat au centre de chaque cercle (et essaie de ne pas trop en manger!).
Il m'aide à enfermer les carrés de chocolat (et essaie de ne pas trop en manger ;))!
Il dore les bouchées à l'aide d'un pinceau (et il adooore cette étape!).
Il m'aide à saupoudrer de sucre (et il est très généreux sur la dose de sucre!!).





Bon appétit :)!