dimanche 13 septembre 2015

Mon bébé comprend tout?

C'est dans les années 1970 que Françoise Dolto, psychanalyste, connait un véritable essor. Elle révolutionne la vision que l'on avait, autrefois, de l'enfant. Celui-ci n'est pas un vase vide, il est loin d'être idiot et comprendrait même tout!
Françoise Dolto a le mérite d'avoir fait que l'on considère l'enfant comme une personne. Elle insistait sur le fait que le tout petit avait le droit de connaître la vérité.
Pourtant, les propos de la psychanalyste ont parfois été mal interprétés et des parents se sont alors mis à "trop" parler à leurs enfants, à tout expliquer en détails, et même, à se justifier, etc.

Le docteur Catherine Gueguen s'appuie sur les nouvelles découvertes de la neuroscience pour nous apprendre qu'il serait alors néfaste de TOUT expliquer à son enfant. En effet, l'immaturité de son cerveau ne lui permet pas toujours de mettre des mots, de relativiser, etc.
Isabelle Filliozat la rejoint bien entendu. Elle explique que, à trop en dire, on peut angoisser un tout petit. En réalité, ce dernier a besoin de savoir ce qui le concerne directement et non le pourquoi du comment, ni l'état de la conjoncture économique actuelle! Il devrait simplement avoir accès aux informations qui ont du sens pour lui.
La vérité dont parlait Françoise Dolto serait en fait la vérité qui concerne l'enfant lui-même. Celle qui l'aide à avancer, à s'identifier, à "mettre des mots sur" et à comprendre.
Si ses parents se disputent, le jeune enfant a besoin de savoir que ses parents ne sont pas d'accord ou qu'ils sont inquiets. Par exemple: "Ton papa a perdu son travail. Nous sommes stressés, mais ce sont des affaires d'adultes." Cela lui suffit. Il n'a pas besoin d'entendre les raisons de la dispute ou nos angoisses. Le risque sinon? Qu'il devienne otage de nos confidences et qu'il s'inquiète inutilement.
Ce dernier cas est heureusement rare mais, plus habituellement, prenons un exemple classique: comment fait-on les bébés?
En fonction de son âge, on ne dira pas la même chose car nos propos pourraient choquer notre tout jeune auditoire.
Allez, encore plus classique: les dangers. On avertira que le four est chaud, que c'est dangereux, etc. On ne se lancera pas tout de suite dans des explications du type "comment marche un four", etc. ;-)!
Comment savoir jusqu'où nous pouvons aller? En retournant la question à son enfant: "Et toi, qu'en penses-tu?".

Par ailleurs, il peut y avoir d'autres cas de mauvaise interprétation. Par ignorance, on pourrait s'imaginer que puisque notre enfant "comprend tout", il est en mesure de penser comme un adulte. Par exemple, en pensant que notre enfant d'un an "comprend" qu'il est interdit d'ouvrir tel placard, alors on pourrait prendre comme de la provocation ou de la défiance, lorsqu'il nous regarde droit dans les yeux en ouvrant le fameux placard. Or, le tout petit a besoin d'éprouver dans son corps cette "interdiction". Il touche au dit placard pour s'assurer que c'est bien cela qu'on lui a demandé. Lorsqu'il a encore besoin d'ouvrir ce placard c'est qu'il n'a pas totalement intégré cette consigne. Il nous faudra donc répéter encore et encore, sans s'imaginer que cela soit de la provocation ou quelque chose du genre.
Mais ce qui est "drôle" c'est que ce sont souvent les mêmes personnes qui affirment "les bébés ne comprennent rien" et qui prennent, pour de la provocation, certaines attitudes enfantines...! Vous avez remarqué vous aussi?

Mon bébé ressent tout, absorbe tout, et il a le droit d'avoir accès aux informations qui le concerne.
Et il me semble essentiel de prendre en considération les découvertes actuelles en matière de neurosciences et d'éviter de trop nous embarquer dans des explications non adaptées ou des interprétations erronées!

Et vous, quelle est votre expérience, votre avis à ce sujet?



Ps: L'entête de l'article reprend le titre de l'ouvrage "Mon bébé comprend tout" écrit par Aletha Solter. 

2 commentaires:

altahine a dit…

En ce moment je me dis souvent qu'effectivement, même si force m'est de constater que nos deux petits comprennent vraiment tout, je ne dois pas oublier qu'ils sont... encore petits, justement ! et j'essaie autant que possible de garder patience lorsqu'ils n'écoutent pas toujours mes consignes et que je dois répéter encore et encore...

Déborah Defaux a dit…

C'est pas facile cette "contradiction" (si je puis dire)! Eh oui, répéter encore et encore...c'est pareil ici!!
À bientôt!