dimanche 9 août 2015

Les limites

Il n'est pas rare de rencontrer certaines personnes qui pensent que l'éducation bienveillante se rapproche du laxisme. Or, comme en parle très justement cet article du blog Eduquer différemment...il n'en n'est rien!
Pour faire court, l'éducation bienveillante tend à une relation gagnant-gagnant entre le parent et son enfant. Il n'y a pas de relation de pouvoir, ni dans un sens, ni dans l'autre.

Pour la petite anecdote, il y a peu, j'étais au téléphone avec ma maman et je lui racontais que, ces derniers jours, Titouan pourchassait ses animaux, leur tirait les poils, les tapait, etc :-(. Elle l'a déjà vu faire, elle sait donc de quoi je parle.
Et là, elle me dit: "Il faut être ferme hein! Il va comprendre si tu es ferme!". Bon, bah...j'ai éclaté de rires!
Non pas que ses propos étaient complètement "à côté de la plaque" mais parce qu'ils signifiaient deux choses très intéressantes justement!
La première chose est qu'il est fort probable que ma mère pense que je ne suis pas assez ferme et que c'est la raison pour laquelle mon garçon de 17 mois court après ses animaux...Pas parce qu'il expérimente la course ou la relation de cause à effet ou parce qu'il a envie de leur faire un câlin mais que, dans l'excitation, il oublie un peu comment faire..bah non, hein ;-)!
Oui, parce que ma maman m'a déjà entendu "être ferme" avec mon garçon et que nous n'avons visiblement pas la même définition...Lorsque je suis ferme avec Titouan, je suis encore respectueuse. Non, je ne lui crie pas dessus pour "lui faire comprendre". Je lui exprime fortement mon désaccord, c'est tout. Oui, ma démarche a parfois des effets un peu plus tardifs qu'avec la peur ou la soumission. Mais elle est nettement plus bienveillante et surtout, elle me correspond mieux.
Enfin, il parait évident qu'elle ne savait pas encore ce qu'Isabelle Filliozat explique très bien: "Pour l'enfant, il s'agit surtout d'exercer sa coordination motrice. L'action le fascine. Il n'a pas encore la possibilité d'inhiber seul ses impulsions et est tout entier dans l'ici et maintenant de l'action. De plus, il n'a pas d'image mentale stable dans sa tête et ne réalise le résultat de ses actes que lorsque vous intervenez!", ("J'ai tout essayé", page 67). (Bien entendu j'ai rectifié le tir et maintenant elle sait ^^).
Lorsque l'on prend conscience de cela, il est évident que, dans une pareille situation, on ne remet pas en question son éducation. On continue d'être ferme et bienveillant. Là, en l'occurence, pour le cas de Titouan: On dit "Stop!" de façon ferme et douce, sans blâmer ou culpabiliser. On intervient physiquement en lui enlevant les doigts qui agrippent les poils. On lui rappelle que "Un animal se caresse" et on le caresse avec lui. Enfin, chaque fois que Titouan a la "bonne" attitude, nous lui faisons remarquer, souriant: "Oui, un chat se caresse!". Nous mettons nos animaux à l'abri, au besoin...
Et on répète inlassablement. 
Je profite de ces moments pour échanger avec mon garçon autour du respect et de l'empathie. Et il va sans dire que je ne compte pas le faire dans les cris et les reproches!
Un jour, il cessera de courir après son chien...parce qu'il sera prêt et qu'il aura envie de lui faire plaisir, et non parce que nous lui avons "fait comprendre".
Voilà pour l'anecdote qui m'aura finalement permis de déjà bien démarrer l'article ;).

Je poursuis avec d'autres phrases entendues et qui méritent que l'on s'y attardent. Les voici: "un enfant a besoin de limites", "un enfant cherche les limites".
Si la première résonne plus ou moins en moi, la seconde en revanche me pose nettement plus question. En effet, et si nous nous placions du côté des neurosciences et que nous nous disions plutôt "un enfant a besoin de comprendre"? L'enfant ne cherche pas de limites au sens où il chercherait à provoquer l'adulte ou à manipuler. Son cerveau ne le lui permet tout simplement pas encore! Le tout petit cherche surtout à décoder et à se faire une représentation du monde qui l'entoure. Et pour cela il a besoin d'essayer, de tester...encore et encore...afin d'être certain qu'il a "bien" compris.
Un enfant a-t-il besoin de limites? Je vous dirige vers cette interview d'Isabelle Filliozat et celle-ci. Pour les résumer un peu, voici ce qui est dit: Un enfant a besoin d'une structure et de règles. Mais, le terme "limites" enferme et aurait tendance à nous amener, nous, adultes, à voir l'enfant comme un être à cadrer et canaliser...
Dans son ouvrage "J'ai tout essayé", Isabelle Filliozat nous offre quelques conseils pour poser des limites de façon positive à son enfant. Elle propose de:
- Refuser en accueillant l'émotion,
- Donner des consignes plutôt qu'interdire,
- Responsabiliser plutôt que culpabiliser,
- Donner des informations,
- Décrire simplement ce que l'on voit,
- Faire confiance aux conséquences naturelles d'un acte,
- Se concentrer sur les solutions plutôt que sur les problèmes.

Avant d'aller plus loin, je vous propose d'abord de regarder cette vidéo qui aborde les grands principes de l'éducation bienveillante.
Et je reprends un passage concernant les limites justement. Mais les nôtres cette fois! Valérie Orvain explique que le tout petit observe les habitudes parentales et les règles qui lui sont propres. Il s'imprègne ainsi de son univers familial: "Chez nous, on...".
Chacun d'entre nous a ses propres limites qui sont liées à ses besoins, son tempérament. Et nous avons besoin qu'elles soient respectées pour être heureux. Notre enfant évoluera donc dans notre propre cadre. Non pas ce que la société dit ce qui est permis ou pas mais ce que mon coeur, ma tolérance me dit. Il y a des choses que j'accepte et d'autres non. J'en fais part à mon petit.
Nous accompagnerons nos enfants en leur faisant part de nos limites, tout en transmettant les valeurs communes, essentielles à un bien vivre ensemble.

Chez nous, il y a très peu de règles mais elles sont essentielles. Nous tenons à transmettre à Titouan le respect de soi et de l'autre. Et de tout ce qui en découle. Nous veillons donc à ce que la bienveillance règne. Nous tâchons de montrer l'exemple, en répondant aux besoins de notre garçon et en accueillant ses émotions. Nous essayons de faire de même pour nous!
Car, comme le dit la vidéo: "L'exemple n'est pas LE meilleur moyen de convaincre...c'est le seul!" (Gandhi).

Lorsque le jeune enfant est confronté à d'autres univers, à d'autres règles...il s'adapte! Il comprend que certaines choses se font à la maison mais pas chez ses grands-parents. Par exemple, on peut courir chez nous mais pas chez eux. On peut regarder la télévision chez eux mais pas chez nous. Ou l'inverse. Et c'est fabuleux finalement car, ainsi, le tout petit fait l'expérience de la diversité humaine. Nous sommes tous différents, plus ou moins tolérants, et c'est une formidable richesse! (Toute bienveillance gardée bien sûr!).
Non?


Belle soirée :)

2 commentaires:

altahine a dit…

Oh que oui !!!
On en a déjà parlé d'ailleurs, mais tout ça résonne beaucoup pour moi (y compris la phrase de ta maman) !!! Pas toujours facile de poser les "limites" et les règles en toute sérénité, mais c'est vraiment mon idéal.
Bonne fin de semaine !

Déborah Defaux a dit…

Effectivement, pas toujours facile de poser des limites tout en restant dans la bienveillance! Et à chaque fois...
Et, oui...les mamans parfois!! Il vaut mieux en rire dès qu'on peut je crois ;)
Profitez bien de vos derniers jours de vacances en France :)