lundi 24 août 2015

"J'ai tout essayé" # De 18 à 24 mois

Le merveilleux ouvrage d'Isabelle Filliozat, "J'ai tout essayé", m'apporte beaucoup au quotidien. D'abord dans ma pratique professionnelle et depuis 17 mois en tant que maman. Le résumé que j'entreprends n'a pas pour but de se substituer à l'auteur mais simplement d'ouvrir de nouvelles pistes et d'échanger, sur le blog, à ce sujet! C'est un livre que je ne peux que vous conseiller de lire et relire et rerelire ;-). 

Il y a environ six mois, je vous parlais de la partie de "De 12 à 18 mois: La période du non des parents".
Aujourd'hui, il est question de la partie "De 18 à 24 mois: La période du non des enfants".
Plusieurs idées dans ce chapitre et, en particulier:
- L'opposition
- La frustration
- Les "bêtises"
- "L'agressivité"

L'opposition:
Il est courant que le petit enfant de 18 mois commence à s'opposer. Pourquoi? Car il a besoin de s'affirmer, de savoir qu'il existe en tant qu'individu à part entière. Dès qu'il est rassuré sur ce fait, cette période n'a plus lieu d'être et il peut se concentrer sur autre chose.
Comment gérer cette période? En évitant de donner des ordres!
Isabelle Filliozat propose les alternatives suivantes:
- Installer des associations: bottes pour quand c'est mouillé, etc.
- Installer des routines, des suites de gestes.
- Poser des questions, faire réfléchir.
- Mettre l'enfant en position de décider ne serait-ce qu'une petite chose.
- Donner des informations.
- Donner des choix.

"Quand l'enfant obéit à un ordre, son cerveau frontal reste inactif. Quand vous le faites réfléchir, quand vous lui offrez un choix, et lui laissez donc un espace de décision personnelle (pas question de le laisser décider de tout bien sûr!) vous lui proposez de mobiliser son cerveau frontal, celui qui permet de penser, de décider, d'anticiper, de prévoir...de devenir responsable."

Quelques mots à ce propos...
Il y a quelques jours, au parc, une dame vient me voir et tout sérieusement me questionne: "Il est sage votre fils Madame?". Je dois avouer que j'ai eu quelques secondes d'hésitation...Je lui ai demandé: "C'est à dire??". Elle a eu l'air surpris, s'attendant sans doute à une réponse plus précise ^^. Et je suis partie.
Cette dame voulait sans doute dire: "Est-il obéissant? Vous écoute-t-il?". Il semblerait que, pour la société en général, avoir un enfant qui obéit est la panacé, un gage de réussite, le diplôme du "bon parent".
Est-ce vraiment ce que nous souhaitons pour nos enfants? Qu'ils obéissent sans se poser de questions? Qu'ils deviennent de gentils citoyens prêts à tout accepter??
Lorsque je suis fatiguée, j'oublies parfois les conseils d'Isabelle Filliozat et je donne parfois des ordres. Heureusement, Titouan est là pour me rappeler que, chez nous, c'est pas vraiment notre truc ;-).
Je recherche, en effet, plutôt la collaboration de mon garçon. Et cela se produit bien souvent :).
Parfois, il n'y a pas le choix. Nous devons rentrer, changer la couche, etc. Titouan exprime son désaccord et quant à moi, je lui explique que je comprends ce qu'il ressent tout en lui prenant la main pour rentrer par exemple ;). (Cf. Les limites).

La frustration:
Le cerveau d'un jeune enfant est encore immature et incapable de relativiser. Il a besoin d'apprendre à traverser ces émotions sans en avoir peur.
"Manifester de l'empathie sera plus efficace que de consoler. Il a le droit de pleurer! Il a vraiment mal et son cerveau est sous stress. La peur décharge la tension."

Les "bêtises" et l'agressivité:
Je l'abordais déjà lors de ce billet, le tout petit n'est pas encore en mesure d'inhiber seul ses impulsions.
Les "bêtises" ne sont donc que des expériences. Parfois, il faut vraiment respirer par le nez devant certaines d'entre elles mais elles apportent toutes quelque chose de constructif.
"Décrire ce que vous voyez est une bonne façon de prendre le temps de calmer votre émotion en découvrant la bêtise! Le temps de définir votre objectif et de choisir une option pertinente."
Par ailleurs, il est classique qu'un enfant de cet âge passe par une période où il va lui arriver de taper, mordre, griffer, etc.
Il fait cela de manière expérimentale et n'a pas l'intention de faire mal. Il ne réalise pas vraiment le lien entre son acte et la souffrance de l'autre. En tant qu'adulte, on en profitera pour lui enseigner quelques compétences sociales d'écoute et d'empathie. On adaptera notre réponse en fonction de l'âge de l'enfant et de sa maturité.

D'autre part, le conseil d'Isabelle Filliozat concernant le "Stop" plutôt que le "Non" est toujours valable.
À ce sujet, je vous propose un aparté avec un résumé d'un passage du livre "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent." d'Adèle Faber et Elaine Mazlish.
Pour remplacer le "Non":
1. Donner des renseignements (en laissant tomber le non).
2. Accueillez les sentiments (sans pour autant "céder").
3. Décrivez le problème.
4. Quand c'est possible, remplacez le "non" par "oui" (ex: Au lieu de "Non, tu ne peux pas aller jouer, tu n'as pas encore mangé.", dire "Oui, bien sûr, tout de suite après le repas.").
5. Donnez-vous le temps de réfléchir.

Sans reprendre ce qui a été dit ci-avant, vous pouvez consulter ce document qui propose des alternatives aux punitions et à la fessée.
On pourra aussi adapter l'environnement de façon à limiter les potentielles sources de conflits. On montre ainsi à son enfant qu'il a une place à la maison et que tout est pensé pour qu'il s'y sente bien. Cela ne peut que le rassurer sur son droit à être accepté tel qu'il est.

Cette période est à voir comme une phase positive, révélatrice d'une émancipation et libératrice.
C'est un âge que je trouve, personnellement, merveilleux, car je vois des individus s'affirmer. C'est une immense source de joie à observer.

Cette étape, tout aussi fabuleuse soit elle, n'est pas toujours évidente à vivre, (surtout lorsque la fatigue s'accumule!), alors, pour m'aider, je m'octroie des moments à moi!:
- "10 minutes pour soi" de Françoise Réveillet,
- "Calme et attentif comme une grenouille" d'Eline Snel (Oui, ça marche aussi avec les adultes ;)),
- Du Yoga,
- Boire une tisane,
- Me balader (seule!),
- Sortir en amoureux :),
- L'article humoristique "Réussir son terrible two", qui est à prendre au second degré bien entendu ;-).
Et il m'arrive de relire au besoin certains ouvrages sur le thème de la parentalité positive!

Et vous, comment vivez-vous cette période?


4 commentaires:

altahine a dit…

Mêmes (re)lectures et mêmes inspirations. Même fatigue aussi parfois, mais chez nous aussi on essaie plutôt de jouer la coopération et le dialogue que la domination. Et nos enfants s'opposent assez peu à nous, en fait, même s'ils disent non, bien sûr. Ils sont plutôt contents d'interagir, et s'ils ont parfois des frustrations, chagrins ou colères légitimes, cela ne dure jamais longtemps.
Je trouve aussi que cette période est magique. Depuis 1 mois et demi on les voit grandir sur tous les plans de manière sidérante, et ce qui me rend heureuse et fière est de les voir si épanouis.
J'ai beaucoup aimé l'humour de "Comment réussir son Terrible2" ! ^^
A bientôt !

Déborah Defaux a dit…

Il est pas mal l'article sur le terrible two en effet ;)!
Cela aide pas mal à relativiser les moments moyennement drôles de cette période ;)
À bientôt :)

Carole a dit…

Coucou
Chez nous, Gabrielle a commencé bien avant 18 mois pour nous faire part de se qu'elle ne voulait pas faire. Est-ce cette période des 2 ans un peu en avance? Je sais pas trop. En tous cas effectivement parfois c'est agaçant et on a pas envie de parlementer mais il faut se remémorer que tout ça est normal, que nos petits bébés se construisent ! Merci de le rappeler.
Très rigolo le "terrible two"!

Déborah Defaux a dit…

Coucou,
c'est vrai que ce ne sont que des tranches d'âges, car, chez nous aussi, cela a commencé bien avant!! Vers 10 mois je dirais...dès qu'il a commencé à vraiment se déplacer en fait ;).

Bisous à vous trois :).