lundi 17 août 2015

"Être et devenir": le film, la rencontre


Je suis enfin allée voir le film documentaire "Être et devenir", réalisé par Clara Bellar et dont vous pouvez visionner la bande-annonce ici.
Le documentaire aborde le sujet de l'instruction en famille et des apprentissages autonomes.
Ce jour, la séance se poursuivait avec une rencontre/échange. Je vous parle donc du film et de cette rencontre!

"Être et devenir":
Le film est juste extraordinaire, porteur, rassurant, vivant, enthousiaste, concret. J'ai eu le sourire aux lèvres pendant 1H39, j'étais en total accord avec le discours, émerveillée par les retours d'expériences. Les familles filmées sont incroyables de par leur réflexion, leur cheminement, leur confiance.
Vous l'avez donc compris, ce documentaire m'a profondément touché et m'a donné force et conviction pour commencer, à notre tour, cette aventure vers la liberté.
J'avais encore quelques interrogations et quelques doutes avant de voir le film. Aujourd'hui je me pose toujours quelques questions mais je n'ai plus peur.
Ce film a réussi à me donner confiance en moi, en mes possibilités infinies et en celles de mon fils. Et, plus globalement, confiance en l'Humanité...Oui, oui, rien que cela ;)!
J'ai maintenant très envie de l'avoir en DVD! Il y a tant à retenir, tant de réflexions et d'anecdotes intéressantes, touchantes et drôles dont j'aimerais me souvenir...
Pour en savoir plus c'est par .

La rencontre:
Après la séance, une discussion était organisée. Ce jour là, deux mamans étaient présentes pour animer.
Nous étions moins de dix spectateurs! La rencontre était donc propice aux échanges et au débat. Parmi nous, trois EJE :). L'une des intervenantes, est enseignante en disponibilité. Les deux mamans font l'instruction en famille et suivent leurs enfants qui apprennent de façon autonome et informelle.
Plusieurs questions ont été soulevées: 
- l'aspect financier/matériel;
- l'aspect intellectuel;
- l'aspect social.
Ce sont d'ailleurs les trois points autour desquels nous échangeons beaucoup le papa et moi.
Toutes ces questions je me les suis posées et j'ai aujourd'hui des réponses qui me conviennent. Les voici:

Faut-il être riche pour proposer l'instruction en famille? Non.
Tous les milieux sociaux sont représentés dans le film. Les intervenantes expliquaient que lorsque l'on fait ce choix, on s'organise en conséquence, on trouve des solutions.
Bon, personnellement, j'ai tout de même l'impression que plus on dispose d'argent, plus il est possible d'offrir des expériences variées à ses enfants. Mais les intervenantes ont fait remarquer qu'à Paris par exemple, de nombreuses activités sont gratuites.

Faut-il être cultivé ou ancien "bon élève"? Non.
L'apprentissage autonome implique que son enfant n'est pas dépendant de nous dans ses apprentissages. Lorsque notre enfant s'intéresse à un sujet que l'on connaît, on peut en discuter avec lui, l'informer, etc. Si ce n'est pas le cas, on peut encourager l'enfant à utiliser des ressources à l'extérieur du foyer. Nous apprenons tellement des autres! On peut aussi se mettre à chercher ensemble et apprendre en famille. L'une des "animatrices" nous rapportait l'histoire d'une maman qui ne savait pas lire et qui proposait l'instruction en famille à sa fille. Quand cette dernière s'est intéressée à la lecture, la mère et la fille ont appris à lire ensemble :).

Vais-je parvenir à transmettre un savoir? Oui et Non.
Disons que lorsque je propose l'instruction en famille avec l'idée des apprentissages autonomes, je ne pars pas du principe que je vais transmettre quoi que soit, au sens où je ne me dis pas: "Ce matin, je vais lui enseigner les fractions". J'accepte l'idée que je ne suis pas indispensable dans le processus d'apprentissage de mon enfant. Bien sûr je vais lui donner "matière à" mais lui et lui seul est maître de ses apprentissages. Je ne peux apprendre à sa place. Il fait ce cheminement seul, en fonction de sa maturité et de ses centres d'intérêts.
En tant que parent, nous faisons confiance à notre enfant. Nous sommes convaincus qu'il apprendra. Nous oublions l'idée de vouloir le diriger vers ici ou là. Nous le laissons nous guider. Une belle expérience de lâcher-prise! Dans le reportage, on rencontre un jeune adulte de 20 ans. À 12 ans, il ne savait pas encore lire...Sa mère avait de gros doutes sur son choix. Puis, elle a décidé de faire confiance à nouveau et, dès qu'il s'est senti prêt, son fils a ouvert un livre et il savait lire! Il avait 12 ans 1/2. Quelques petites années plus tard, il avait écrit une pièce de théâtre et était metteur en scène :D.
Ce mode de vie devient comme une philosophie. Un parent dit d'ailleurs: "Il faut avoir confiance et attendre". Puis il ajoute: "Et puis parfois, il faut avoir confiance et attendre...avait un gros noeud dans l'estomac!" ;).

Et nos enfants vont-ils avoir des amis? Un grand grand oui!
D'une part parce que les enfants sont partout et pas seulement dans les écoles! D'autre part parce qu'il existe une quantité d'associations de parents faisant l'IEF et qui organisent, très régulièrement, des sorties, des pique-nique, etc. Enfin, parce que nous avons la possibilité d'inscrire notre enfant à un atelier de son choix.
L'instruction en famille permet cette liberté de rencontres. Les enfants ne sont pas cloisonnés dans une même salle avec des enfants du même âge, comme c'est le cas à l'école. Ils côtoient des personnes de tous les âges et ont finalement, un choix plus large :).

Et si mon enfant veut devenir chirurgien?
C'est l'une des questions de la réalisatrice. Elle vient en effet de rencontrer plusieurs enfants qui se sont tournés vers des "carrières" artistiques, une fois adultes. Elle se rend alors à Harvard qui accueille des enfants venant de l'instruction en famille. L'un des professeurs lui rapporte alors que ces étudiants là sont très appréciés...car ils ont une fraîcheur, une originalité, une créativité formidables. 
Les enfants instruits en famille développent des talents et des passions. Ils y travaillent car ils aiment cela et que leurs parents leur en laissent la possibilité et la liberté. Ce talent sera celui de notre enfant. Musicien? Chirurgien? Menuisier? Journaliste? Architecte? Mécanicien? Enseignant? Un peu tout à la fois ;)?
En réalité, le parent qui instruit son enfant en respectant son processus d'apprentissage, ne se soucie pas du métier qu'il fera, il se soucie surtout que son enfant devienne un adulte autonome, confiant, en harmonie avec son environnement, épanouie...peut importe le ou les choix qu'il fera.

Et la marginalité?
Lors du reportage, un père explique qu'il était un peu réticent avec l'idée de l'IEF car il ne voulait pas que ses enfants soient différents. C'est tout à fait compréhensible.
Puis, il a rencontré des familles qui avaient fait ce choix. Il s'est senti moins seul. Et cette question s'est envolée. Elle n'avait plus lieu d'être. Il observait en effet ses filles et s'apercevait qu'elles étaient parfaitement "normales" au sens où elles étaient deux petites filles de leur âge, tout simplement ;)!

Dans un prochain article, je vous ferai part d'une conversation familiale à ce sujet. Cela répondra peut-être à d'autres interrogations. Affaire à suivre donc ;).

Et vous? Avez-vous vu ce documentaire? Avez-vous l'expérience de l'IEF? Est-ce en projet? Quel est votre point de vue sur le sujet?
De mon côté quelques lectures m'attendent! J'ai aussi hâte de rencontrer, bientôt, d'autres parents ayant fait ce choix et je songe aussi à retourner voir le film ;). Je vous raconterai ma prochaine séance/rencontre!

Belle journée à tous :).

2 commentaires:

Alemiah a dit…

Bonjour,
Je suis très heureuse d'être "tombée" sur votre blog ! Je suis la maman d'Aaron, un petit garçon de 10 mois. Comme vous je m'intéresse de près au maternage proximal. Depuis le début de ma grossesse, on s'est posé la question de l'instruction en famille. Finalement, nous allons tenter l'aventure :-)
Si cela vous intéresse, j'aimerais beaucoup que nous puissions échanger à propos de ce projet.
Amicalement,
Raphaëlle

Déborah Defaux a dit…

Bonjour Raphaëlle,

bienvenue sur le blog :). D'où es-tu?

J'échangerais avec toi avec plaisir! N'hésite pas à me contacter par mail :).

Déborah