dimanche 15 février 2015

"J'ai tout essayé" # De 12 à 18 mois

Lors de mon billet sur la parentalité créative, je vous annonçais un prochain article sur le livre "J'ai tout essayé" d'Isabelle Filliozat.
Je vous en propose donc de vous en parler aujourd'hui!
L'ouvrage s'adresse aux parents d'enfants âgés de 1 à 5 ans et retrace alors tous les éventuels conflits et crises de rage qui peuvent survenir durant cette période.
Après une première partie qui nous dit combien un petit a besoin de temps avec ses parents, d'affection et de reconnaissance de ses émotions, Isabelle Filliozat nous rappelle que de nombreux comportements "gênants" pour le parent sont bien souvent des comportements normaux de l'âge de l'enfant! Le livre est ensuite découpé en plusieurs parties qui correspondent à différentes tranches d'âges: 
- de 12 à 18 mois;
- de 18 à 24 mois;
- de 24 à 30 mois;
- de 2 ans 1/2 à 3 ans;
- 3 ans;
- de 3 ans 1/2 à 4 ans;
- 4 ans;
- 4 ans 1/2 à 5 ans.
Il y a ensuite deux parties où il y est surtout question d'écoute des émotions et de limites à poser. Enfin, Isabelle Filliozat précise que, pour un même acte ou une même situation, la réponse ou la proposition du parent ne devra pas être la même en fonction de l'âge de son enfant. Logique, n'est-ce pas?

Etant donné que mon garçon à moins d'un an, je vais surtout partager avec vous les "conseils" de la partie: 
"De 12 à 18 mois: la période du non des parents" ;-).
Plusieurs idées dans ce chapitre et notamment quatre d'entre eux que je retiens particulièrement:
- Dire STOP plutôt que non;
- Intervenir physiquement;
- Enoncer des phrases affirmatives;
- Reconnaître les besoins et émotions.

Dire STOP plutôt que non:
"Un enfant de un an touche à tout sans avoir conscience du danger, ni de ce qui est permis ou pas. Alors il nous regarde attentivement pendant qu'il agit...Et nous prenons cela pour de l'insolence!"
Lorsque nous disons "Non" c'est souvent sur un ton de reproche. En disant "Stop", nous ouvrons les yeux et notre ton est impératif sans être blâmant. 
Après avoir arrêté le mouvement de votre petit, des explications simples sont bienvenues.

Intervenir physiquement:
"Tout d'abord, mieux vaut sécuriser l'environnement et ranger les objets fragiles en hauteur pour qu'il puisse manipuler tout ce qui est à sa portée. Il va dans une mauvaise direction? Oups! Plutôt par là...L'attraper et le rediriger, guider ses gestes, inscrire ainsi la consigne dans son corps sera plus efficace qu'une commande verbale."
Une fois que vous avez dit "Stop" à votre tout petit, montrez-lui concrètement ce que vous attendez de lui.

Enoncer des phrases affirmatives:
Je me suis permise de résumer deux parties ainsi. Privilégions les phrases positives et indiquons à notre enfant ce qu'il peut faire et non ce que nous ne voulons pas qu'il fasse. En effet, certaines de nos directives "habituelles" sont confuses pour un tout petit qui ne peut retenir que peu d'informations à la fois.
Ce qui donne: "La porte du placard reste fermée" plutôt que "Ne touche pas à cette porte".
Ou encore: "Un chat se caresse" plutôt que "Ne tire pas les poils du chat"; "Cet objet reste dans ta main" plutôt que "Pas à la bouche!".

Enfin, Isabelle Filliozat nous rappelle que: "avant l'âge de deux ans, l'intelligence de l'enfant est principalement "sensori-motrice", c'est-à-dire qu'elle passe par ses sensations physiques et ses mouvements." Faire le geste interdit, permet au jeune enfant d'assimiler la consigne verbale. Elle nous conseille donc de dire à son petit qui nous regarde droit dans les yeux lorsqu'il fait le geste interdit: "Stop! Oui c'est exactement cela que je t'ai interdit de faire. Maintenant ce placard reste fermé".

Reconnaître les besoins et émotions:
Isabelle Filliozat explique que les enfants n'ont pas besoin qu'on leur donne tout, tout de suite, mais qu'on leur signale très vite les avoir entendus. Les interactions rapides permettent l'apprentissage de la frustration. Entendu, le petit peut plus facilement attendre.
"J'ai entendu que tu avais faim. Ce n'est pas facile d'attendre quand on a faim, hein!".

Plein d'autres précieuses idées dans ce livre (à lire et à relire)!

Nous mettons en pratique avec Titouan ce qui a été énoncé ci-dessus et nous nous adaptons au fur et à mesure et en fonction de notre garçon.
Ce n'est pas tous les jours faciles, hein! En effet, depuis qu'il marche à quatre pattes et qu'il explore tous les moindres recoins, il y a de nombreuses fois où nous devons intervenir et dire "Stop" (en dépit d'un appartement sécurisé et adapté!), ce qui provoque, le plus souvent, de la frustration et de la colère chez notre bébé! Et chez vous, comment cette période s'est-elle passée ou se passe-t-elle?

On en reparle dans six mois, pour la période de 18 à 24 mois ;-)?


6 commentaires:

altahine a dit…

Je suis contente de lire ce billet et de constater que c'est intuitivement ce que nous essayons aussi d'appliquer chez nous. Maintenant que Louna et Solal marchent (ils adorent, si ça ne tenait qu'à eux ils feraient ça toute la journée jusqu'à épuisement - hum, et d'ailleurs ils marchent beaucoup, beaucoup, en fait !) c'est vrai qu'on est très souvent amenés à leur dire souvent "stop" (en fait c'est multiplié par 2...) et qu'il y a parfois de la frustration mais globalement je les trouve plutôt très réceptifs, c'est cool. Et puis ils ont sûrement l'avantage de la gémellité et leur complicité croissante et réjouissante qui les aide à surmonter les moments difficiles. ^^

Déborah Defaux a dit…

Oui en fait Isabelle Filliozat c'est surtout du bon sens!
Ça doit être exaltant de voir ses deux bébés marcher en même temps! Quelle chance :-). Et je suis sûre qu'effectivement cela les aide d'être deux!
Titouan aussi est plutôt cool dans l'ensemble, quoi qu'il ait des périodes avec et d'autres sans!
Bon dimanche à toi :-)

altahine a dit…

Ils se sont lâchés pour la première fois à 3 jours d'intervalle, Louna la première il y a 3 semaines, Solal ensuite. C'est génial oui, mais un peu flippant côté surveillance et chutes (Sol s'est fendu la lèvre cette semaine et pourtant tout en les laissant expérimenter on surveille de près mais il y a du mouvement en permanence)...
En tout cas Titouan a l'air tellement mignon, à la fois concentré et zen, sur les photos ! ;-)

Déborah Defaux a dit…

Wahou! À trois jours d'intervalle seulement! Ça a dû être "sport" effectivement! Les chutes sont malheureusement inévitables :-(

Bientôt les 1 an!!!

Carole a dit…

Coucou
Oui ce livre est effectivement très intéressant! C'est une autre approche de l'éducation, qui n'est pas connue. Pourquoi????
En tous cas, nous allons essayer d'aller vers cette voie là aussi.
Titouan est trop mignon

bisous

Anonyme a dit…

Bonjour Déborah,

Maman depuis un an d'un petit garçon, je me plaîs à suivre votre blog depuis quelques mois. il m'apporte en effet des réponses au sujet de l'éducation.
En ce moment, bébé commence à toucher à tout, met tout à la bouche, et se met debout partout, un vrai défi permanent.
De mon côté j'essaie d'expliquer à mon petit ce qu'il peut faire ou non ou de dévier son attention vers autre chose. Mon mari a du mal à supporter le fait que bébé touche à tout et ne comprenne pas son "non". Quand il recommence plusieurs fois, il le met dans son parc, et cela me fait mal.
je ne sais comment guider mon mari vers une éducation plus positive. il adore son fils, mais nous sommes face à une divergence d'opinion au sujet de cette période d'exploration.
Vers quel âge bébé comprend-t-il vraiment qu'il y a des choses avec lesquelles on ne peut pas jouer ?
Merci d'avance de votre réponse.
Nathalie