mardi 29 décembre 2015

Un petit coucou..

Voilà cinq jours que nous sommes arrivés dans le sud-ouest de la France et que nous profitons d'un temps exceptionnel!
J'espère que vous avez passé un joyeux réveillon vous aussi :).
Voici quelques photos prises ces derniers jours! Dehors!!





samedi 19 décembre 2015

DIY: Tablettes de couleurs

La pédagogie Montessori accorde une place majeure au développement et au raffinement des sens. Habituellement, on proposera à l'enfant, à partir de 2 ans 1/2, des "boîtes de couleurs". Elles sont au nombre de trois. La première comprend 6 tablettes soit 1 paire de chaque couleur primaire : rouge, jaune et bleu. La seconde comprend 22 tablettes soit 11 paires de tablettes de couleur : rouge, jaune, bleu, orange, vert, violet, marron, rose, gris, blanc et noir. La troisième, elle, se compose de 63 tablettes représentant 9 couleurs dans 7 dégradés (rouge, bleu,jaune, vert, violet, orange, marron, rose et gris). 

À quoi sert ce matériel? 
Il développe l'acuité visuelle chromatique et permet la découverte des nuances et des dégradés.
Il permet d'introduire le vocabulaire des couleurs, d'affiner le sens chromatique (perception des couleurs) et de préparer indirectement l'enfant au travail artistique.

Ce matériel revient extrêmement cher..
Du coup, j'ai préféré le réaliser moi-même. Du moins, les premières boîtes et qui plus est, à ma façon. Bon, c'est nettement moins agréable pour l'oeil je vous l'accorde! Pour la jolie boîte de dégradés, j'attends qu'elle soit de nouveau disponible sur les sites dédiés!!
Je n'ai pas réalisé la première boîte de couleurs car, pour l'avoir observé, elle est très rapidement survolée par les enfants qui investissent davantage rapidement la seconde.
J'ai donc découpé dans du papier épais 22 rectangles de couleur. Je les ai rangés dans une petite boîte que j'avais déjà (et que je vais "customiser" ;)).
J'ai présenté à Titouan les 6 tablettes des trois couleurs primaires. Les autres sont mises de côté pour l'instant.
Lorsque le moment sera venu, j'ajouterai les couleurs suivantes jusqu'à réunir très progressivement les 22 tablettes.
Titouan qui s'amuse spontanément à rassembler des objets par paire a tout naturellement cherché à réunir les mêmes "tablettes" entre elles.
Il nomme "jaune" ce qui est jaune. Il sait prononcer "bleu", "rouge", "noir", "orange", "marron".
Rappelons que ce jeu n'est pas là pour "apprendre" à son enfant mais bien pour répondre à un centre d'intérêt. (cf.article "Apprendre à son enfant?").
Rappelons aussi que ce jeu est avant tout sensoriel. Si nous pouvons nommer les couleurs, il est d'abord essentiel d'avoir laissé l'enfant s'imprégner sensoriellement des couleurs en amont.
Si vous souhaitez présenter ce matériel de façon montessorienne, votre rôle consistera à présenter le matériel sans dire mot et précisément. Vous commencerez avec les trois couleurs primaires. Vous demanderez à votre enfant s'il souhaite essayer lui aussi. Lorsqu'il maîtrise la mise en paires, vous pouvez commencer une leçon en trois temps.
La leçon en trois en temps est typiquement montessorienne!
1. L'adulte nomme lentement les couleurs (sans article ou déterminant).
2. L'adulte demande à l'enfant: "Peux-tu me montrer "Rouge"?", etc.
Lorsque cela est acquis vous pouvez passer à la troisième et dernière étape.
3. L'adulte montre du doigt l'une des tablettes et demande à l'enfant: "Peux-tu me dire de quelle couleur est cette tablette?".
Cette leçon en trois temps est valable pour de nombreuses "activités".
Titouan n'en n'est pas encore là. Et cela ne m'intéresse pas pour le moment. Je n'ai donc absolument pas procédé ainsi. Mais je serais ravie d'avoir votre retour d'expérience si vous essayiez :).
Bon week-end à tous et bonnes vacances pour ceux qui le sont déjà ;)!




mardi 15 décembre 2015

Le petit enfant et les écrans

Vous connaissez probablement les recommandations des pouvoirs publics concernant l'écran et les jeunes enfants. Vous pouvez les retrouver ici.

La télévision ou autres types d'écran placent l'enfant dans une position passive. Et cela peut nuire à son développement.
Un petit enfant de moins de trois ans a besoin de faire des expériences réelles, de bouger, d'interagir. 
Il y a tellement d'autres choses à faire avec lui que de regarder un dessin animé! Jouer, lire, se promener, chanter, danser, peindre, etc.
Nous faisons tout cela avec Titouan.
Lorsque mon garçon a eu aux environs de 18 mois, je me suis questionnée sur ces recommandations. À savoir: Pas d'écran pour les moins de trois ans.
À la maison, nous n'avons pas de télévision mais nous avons un ordinateur et des téléphones portables. Et, en toute honnêteté, l'ordinateur a une grande place dans nos vies d'adultes. Notre enfant a toujours connu ces outils. Toutefois, nous ne l'avons jamais laissé regarder d'écran, du moins, aucune image animée (à l'exception de "Face time").
Mais, il y a peu, je me suis détendue de ce côté là. Je crois que ce sont des recommandations à relativiser. Un juste milieu à adopter :).
Pour moi, la diabolisation des écrans risque d'avoir des effets pervers! Que souhaite un enfant a qui on interdit telle ou telle chose qu'il a juste devant lui? Il le souhaite encore plus et en a une consommation excessive.
Je me souviens d'anniversaire avec des bonbons. Les enfants qui n'avaient jamais le droit d'en manger se ruaient dessus et en mangeaient plus que de raison. Les autres en mangeaient deux ou trois, tranquillement.
Comme tous les enfants de sa génération, Titouan est attiré par les écrans. Bien sûr, nous essayons d'allumer notre ordinateur uniquement quand il dort mais ce n'est pas toujours le cas! Parfois, nous écoutons de la musique sur notre ordinateur. Parfois nous regardons vite fait nos mails, etc. Nous ne regardons jamais de vidéos ou les actualités. Nous sommes toujours très vigilants concernant le contenu que notre garçon pourrait être amené à voir même par inadvertance.
N'oublions pas non plus que le cinéma est un art et que cela fait finalement parti de la culture. Culture à transmettre et à partager.
Bref, depuis quelques semaines, Titouan connaît d'un peu plus près l'ordinateur ;). Occasionnellement dans la semaine, il regarde 2 à 5mn de "dessins animés"..qui n'en sont pas tout à fait! Nous regardons ensemble, blottit l'un contre l'autre, des animations d'albums (en anglais), qu'il connaît déjà. 
Je ne le laisse jamais seul devant. Je commente ce que l'on voit et lui aussi.
C'est important pour moi de choisir un "programme" de qualité et que je sélectionne soigneusement, comme je le fais avec ses albums, ses jouets ou la musique qu'il écoute.
Ce n'est pas encore une habitude (et je ne cherche pas à ce que cela le devienne) mais c'est un moment de fin de journée qui est agréable pour nous deux. C'est un temps où Titouan est trop fatigué pour jouer sans s'énerver et où nous avons déjà lu et relu de nombreux albums. C'est un temps de complicité comme un autre :). Très appréciable lorsqu'il commence à faire bien froid dehors!
J'ai culpabilisé un peu les premiers temps ("Les écrans c'est le "mal" ;)) et désormais, ça va mieux ;).
Sur les photos ci-dessous, notre garçon tape frénétiquement sur les touches d'un ordinateur éteint ;)!.

Et pour vous, comment ça se passe?


lundi 14 décembre 2015

Peindre ses fenêtres au Blanc de Meudon

Le Blanc de Meudon s'utilise avant tout pour nettoyer son argenterie. Il est facile à appliquer et à enlever :-)!
La recette est simple. Il vous faudra deux doses de Blanc de Meudon pour une dose d'eau. Ajustez les proportions au besoin.

J'ai proposé à Titouan de décorer nos fenêtres. Je l'ai laissé totalement libre bien sûr! Depuis quelques jours, mon garçon allait chercher ses pinceaux et rouleaux et cherchait à "peindre" les murs. "Peindre" est entre guillemet car fort heureusement il n'y avait pas de peinture sur les outils ;). Mais disons que j'avais pu observer l'un de ses besoins du moment: peindre sur une grande surface.

L'idéal est de laisser son enfant peindre spontanément et sans directives particulières et ce, même s'il est en âge de peindre un "joli" bonhomme de neige ;).
En revanche, vous pouvez peindre à ses côtés et pourquoi pas représenter un village de noël, des flocons de neige, etc. Vous pouvez aussi utiliser des pochoirs.
Chez nous, Titouan s'est adonné très très joyeusement à cette activité. Puis, lorsqu'il en a eu assez de peindre, je lui ai proposé de nettoyer les vitres. Il a été ravi! Après avoir laissé parler sa créativité en peignant les vitres, voilà qu'il allait désormais pouvoir exercer sa motricité fine, sa concentration et le plaisir de mener à bien une tâche.
Ce moment a été riche pour lui!
Etant donné qu'il est encore jeune, il n'a absolument émit aucune gêne à ce que son "oeuvre" soit enlevée. Au contraire, même! Il adore autant peindre que nettoyer ;)!
Mais, pour un enfant plus âgé cela posera peut-être problème. À vous de voir. Personnellement, cela ne m'aurait pas dérangé de laisser mes vitres ainsi quelques jours..
Cette semaine, je lui ferai la surprise, à son levé de sieste, de découvrir un paysage de Noël sur nos vitres :).





dimanche 13 décembre 2015

Préparer Noël #2015

Ah, préparer Noël! Nous sommes en plein dedans et c'est tellement agréable! Nous faisons des biscuits ou des gâteaux tous les jours ou presque, nous regardons pousser notre blé de la St Barbe, nous organisons des petits goûters avec nos proches, nous allumons nos bougies, nous admirons les jolies décorations de la maison et dans la ville et nous écoutons des chants de Noël :).
Voici donc quelques photos d'ambiance ;)!




Les petits sablés ci-dessus ont un succès incroyable :). Alors je vous donne la recette! (À réaliser avec des petites mains ;)).
Il vous faudra:
-160g de farine,
- 90g de beurre demi-sel mou,
- 40g de cassonade,
- 2 cuillères à café de "Quatre épices"
- 15g de miel,
- 1 oeuf battu.

Commencez par mélanger la farine et le beurre jusqu'à obtention d'une pâte sableuse. Ajoutez le sucre et les épices.
Creusez un puit et mettre le miel au centre ainsi que l'oeuf battu. Mélangez jusqu'à obtenir une boule de pâte.
Placez au réfrigérateur pendant 45 mn.
Sur un plan fariné, étalez la pâte à l'aide d'un rouleau pâtisserie, sur une épaisseur de 5mm environ. Découpez les biscuits avec des emporte-pièces et placez-les sur une plaque recouverte d'un papier cuisson.
Placez au four pendant 11 à 12 minutes dans un four à 200°C.
Lorsque les biscuits auront tiédis, vous pouvez ajouter un peu de sucre glace ou un glaçage royal (c'est l'option que nous préférons).

Et pour vous, comment ça se passe ces préparatifs de Noël?
On se retrouve bientôt pour une activité simple et créative :). Bonne soirée!

mercredi 9 décembre 2015

Livre: Animaux






S'il y a bien un album que Titouan adore ces derniers temps, c'est "Animaux" de Richard Scarry. Pourtant je ne suis pas fan des illustrations un peu grossières mais lorsque je l'ai vu à 1 euro dans une brocante, je n'ai pu résister à l'appel du célèbre auteur!
Et j'ai bien fait! Mon garçon l'adore. Nous le lisons plusieurs fois par jour :).
Le format est très original, les illustrations, bien entendu, complètement vintage. Le texte est court, le vocabulaire est cependant plutôt varié!
Le graphisme est étonnant et en contraste dans le sens où certains animaux sont représentés tels des personnages de dessin animé (ou presque) et d'autres sont vu de façon très réaliste.
Finalement, vous savez quoi? J'ai appris à l'aimer ce livre ;)!

Bon mercredi avec le rendez-vous "Chut, les enfants lisent" organisé par le blog "Devine qui vient bloguer?" :).

lundi 7 décembre 2015

"Et ça marche la parentalité positive?"

Petite réflexion du jour..
En parlant autour de moi et en écoutant certaines personnes, je me suis rendue compte des risques de la discipline positive. Non pas qu'elle pourrait être néfaste mais plutôt qu'elle pourrait être non seulement mal interprétée mais aussi mal "appliquée".
Jane Nelsen partage dans son ouvrage "La discipline positive", les craintes de Rudolf Dreikurs sur les distorsions possibles dans l'application des principes fondateurs de la discipline positive (principes adlériens).
Je cite (p.53-54) : "L'application des principes adlériens ne prend son sens que si elle s'accompagne d'encouragement, de compréhension et de respect. Si ces qualités ne sont pas intégrées, alors les techniques utilisées seront réduites à une manipulation irrespectueuse, pour "assujettir" l'enfant plutôt que de l'impliquer dans la coopération."
Et voilà qui rejoint parfaitement la question que l'on me pose régulièrement: "Et ça marche la parentalité positive?".
Si vous entendez par là "Est-ce que mon enfant va m'obéir?", eh bien je ne peux vous le garantir.
En fait, lorsque l'on met un pied dans la discipline positive, on change complètement notre regard sur l'enfant et nos objectifs éducatifs changent avec lui. Je ne souhaite pas que mon garçon m'obéisse, sois "sage". Je souhaite communiquer avec lui, le comprendre, l'aimer pour ce qui l'est.
Mais si dans votre question "Et ça marche la parentalité positive?", vous entendez "Vais-je pouvoir entrer en relation avec mon enfant? Me connecter à lui?", je réponds que c'est l'objectif premier et que oui, ça marche dans la grande majorité des cas.
J'observe mon petit garçon et je le vois curieux, enthousiaste, empathique, coopérant (tout en ayant 21 mois, hein ;)!), entreprenant, créatif :).
Maintenant ce n'est pas une "technique." (Ce mot me paraît tellement froid!). Et cela ne se lit pas non plus comme un mode d'emploi. Cela demande beaucoup de soi, de remise en questions parfois, d'indulgence envers soi-même aussi :).



samedi 5 décembre 2015

Apprendre à son enfant?

Je fais partie d'un groupe de parents qui discutent autour de la pédagogie Montessori, entre autres. Et, quelque chose revient souvent dans les discussions. Certaines mamans (oui, il y a peu de papas) proposent des activités en veux-tu en voilà à leur enfant. L'intention est chouette et souvent l'idée est de faire plaisir à son petit.
En tant qu'EJE, j'ai eu des périodes comme ça, où je proposais énormément de choses aux enfants. Souvent parce que, parfois, la pression parentale était telle que je tombais dans le piège de la production..
Lorsque j'entends parler ces mamans, les activités proposées sont souvent d'ordre scolaire. Rarement, on parlera de la motricité de son enfant. Mais, on s'étalera sur les "apprentissages" fraîchement acquis, autour de notions bien précises: chiffres, couleurs, formes, lettres, vocabulaire.
Je crois que proposer toutes ces activités donne, peut-être, le sentiment d'être un bon parent. Ça fait "bien"..
Ou alors parce que ces personnes s'imaginent qu'elles doivent "occuper" leur enfant?
Aujourd'hui maman, je ne me laisse pas avoir par cette idée reçue. Je sais que ce dont mon fils a le plus besoin c'est de ma présence et de celle de son papa :). Ce dont il a besoin, c'est de notre bienveillance, notre respect, notre confiance. Ce dont il a besoin c'est de pouvoir être acteur et autonome, au quotidien. Ce dont il a besoin c'est de Nature! Ce dont il a besoin c'est de jouer! Seul, avec moi, avec son papa, tous les trois, avec d'autres enfants et d'autres adultes. Lors du jeu, il se produit plein de choses. Le petit enfant fait tout un tas d'expérience, fait des tests, etc. Et puis lorsque je laisse Titouan jouer sur notre table de l'avent et que je découvre ça (cf.photo), je me dis qu'il y a de l'idée...ou un drôle de hasard ;)!


Cela ne veut pas dire qu'il ne faille nécessairement jamais rien proposer bien sûr ;). Seulement, c'est l'attente qui diffère. Il est essentiel finalement qu'il n'y ait aucune attente. Pas même celle du plaisir où, en cas de non-plaisir, on éprouvera un sentiment d'échec et peut-être même un peu de rancoeur..
La fierté que l'on ressent devant son enfant qui connaît de plus en plus de choses est légitime.
Cette fierté devrait néanmoins toujours rester sobre. Le risque sinon? Une surenchère néfaste entre parents, une pression et des attentes sur un petit enfant qui n'a absolument rien demandé et qui, pour qui, apprendre est naturel.
La pédagogie Montessori respecte le rythme des enfants, leurs intérêts et ne cherche pas à en faire de petits génies! Souvenez-vous, j'en parlais un peu ici.
Au Jardin d'enfants où je travaillais, nous recevions beaucoup de parents pour qui Montessori c'était malheureusement cela. Nous devions alors leur expliquer que non, nous ne pousserions pas leur enfant à apprendre plus vite et que d'ailleurs, c'était contre nature. Nous leur expliquions que nous allions les laisser grandir à leur rythme tout en leur offrant des stimulations et en répondant à leurs besoins et à leurs intérêts.
La pédagogie Montessori est parfois un peu victime de son succès et souvent très mal comprise. En effet, beaucoup d'enfants qui sortent d'une école maternelle Montessori savent lire, écrire, compter jusqu'à...piouff!! Mais ce n'est pas là l'essentiel! Ce que je retiens personnellement c'est que ces enfants là aimaient venir à l'école, aimaient travailler, avaient confiance en eux et en l'adulte.

Il n'est pas rare que j'entende autour de moi: "Comment puis-je apprendre à mon enfant le nom des couleurs?", "Mon bébé nomme toutes les formes! Hein c'est quoi ça Thomas?", "Ma fille de 15 mois compte jusqu'à 4! Que puis-je faire d'autre?".
Ces remarques peuvent mettre beaucoup de pression inconsciente sur les épaules de nos enfants.
Alors lorsque j'entends ces phrases et ces questionnements, j'ai envie de répondre qu'il n'y a rien à faire pour que notre enfant apprenne. Enfin si, il y a tout ;). 
Si vous vous référez à l'article "Les apprentissages autonomes", vous pourrez vous apercevoir que pour John Holt, les apprentissages se font de manière naturelle, spontanée et sans efforts.
Cela signifie aussi que plus un environnement est riche et stimulant, plus il y a de choses dont l'enfant pourra se saisir.
Le nom des formes, des couleurs, etc. se retiendront au fil des conversations, des lectures, des jeux, des ateliers, des chansons, etc. De façon ludique et autonome. Le matériel Montessori correspond parfaitement à ceci d'ailleurs.
Mais, sans matériel, tous ces apprentissages se feront de toutes les façons lorsque cela fera sens pour notre enfant.
Lorsque vous nommez les couleurs à votre enfant, de façon naturelle et spontanée au cours d'une conversation vous lui permettez de se saisir des informations que vous transmettez: "Tu as collé un carré jaune", "Peux-tu me donner la voiture rouge?". 
Il en va de même lorsque vous lui lisez un livre sur le thème, lorsque vous chantez des comptines numériques, etc.
Lorsque j'entends un parent dire: "Mon fils a apprit les couleurs grâce à des jeux de tri, etc." Je réponds "Eh bien non!". L'enfant en question n'a pas apprit les couleurs grâce à ceci ou cela, il a apprit les couleurs parce qu'il était prêt! Ces jeux et activités ne l'intéresseront uniquement s'il est dans cette période sensible là. Ces jeux et activités ne sont finalement que des "excuses".

On pourra toujours "forcer" les choses, certes...On pourra rabâcher à son enfant le nom des couleurs, des lettres, etc..mais pour quoi faire??
Quel en est l'intérêt? À part gonfler l'égo parental en cas de réussite ?!

Il apparaît donc inutile de demander à son enfant et à tout va: "Il est où le rond?", "Et c'est quelle couleur ça?"...dans le but de lui apprendre.
En effet, lorsque le petit enfant entre dans une période sensible il n'a pas besoin que l'adulte lui pose ce genre de questions! Mais c'est lui qui, spontanément vous dira: "C'est un carré!", etc.
Il est également préférable de ne pas le rectifier: "Mais non c'est pas rouge! C'est jaune!". D'une part parce qu'il est fort probable que si votre petit insiste ("Si c'est rouge!"), c'est qu'il est certainement en pleine période sensible du langage (et non des couleurs) et que ce qui l'intéresse c'est simplement de dire "rouge" pour le plaisir! Il aime découvrir de nouveaux mots et "rouge" lui plait bien ;)! Laissez-le se réjouir et riez avec lui! Ne tenez pas rigueur de ses "erreurs". Pas d'inquiétude, si vous ne luttez pas, cela ne durera pas ;)!
Le laisser dire alors? Le laisser se "tromper"? Dites simplement le véritable nom de la couleur ("Jaune :)"), sans le juger ou le rabaisser, et montrez-lui un objet de la couleur rouge ;).
Un adulte qui rectifie et corrige régulièrement peut être blessant pour un tout petit en pleine construction de son estime de lui.
Faisons confiance à nos enfants :)!
Pour ma part, avec Titouan, je ne me suis jamais focalisée sur le nom des couleurs, des formes, etc. Occasionnellement, je dis à Titouan: "Tu as encastré le disque bleu", "Oh, tu as choisi un pantalon rouge!", par exemple. Mais c'est tout. (Bon, c'est déjà pas mal me direz-vous ;)).
Et puis, il y a 4 ou 5 mois, il s'est passionné pour les balles et les ballons. Il s'exclamait (et s'exclame encore;)): "Ballon!" lorsqu'il en voyait un. Je me suis ensuite aperçue que tout ce qui avait une forme ronde était, pour lui, un ballon. Du coup, je lui disais simplement: "C'est un rond". Et il s'est rapidement mis à répéter "rond". Cette forme a ensuite été très vite identifiée dans notre vie quotidienne, nos jeux, nos activités créatives et nos lectures. Cela avait un intérêt pour lui et il a intégré cela à la vitesse de l'éclair, sans le moindre effort. Les autres formes simples ont suivi très rapidement, de la même façon. 
Et je reste persuadée que cela en sera ainsi pour tous les autres savoirs.
Voici une vidéo où Jean-Pierre Lepri, nous explique pourquoi et comment apprendre est naturel:

video

Et vous, qu'en pensez-vous? Comment le vivez-vous?

vendredi 4 décembre 2015

Du blé pour la St Barbe

Aujourd'hui, nous fêtons le jour de la Sainte-Barbara (un petit coucou à "ma" lectrice Barbara ;)) et voilà qu'il y a une jolie tradition que je voulais faire découvrir à Titouan! 
Vous retrouverez cette tradition provençale, ici
Chez nous, j'ai simplement dit à mon garçon que nous allions faire pousser du blé pour la St Barbe :D. (Et je ne lui ai absolument pas parlé de la vie de cette pauvre Barbara!!).
Vingts jours avant Noël, la tradition veut que l'on fasse pousser du blé. On dit que si la germination se fait bien et que le blé est vert, la prochaine moisson sera abondante.
Pour Noël, le blé aura, normalement, bien germé :).

Pour cela c'est tout simple, mettez un coton humide dans une coupelle et disposez le blé dessus. Humidifiez régulièrement. Le blé pousse plutôt vite et c'est donc rapidement très concret à observer pour un petit enfant!!
La coutume veut que l'on plante le blé dans trois coupelles :).
Pour plus de sûreté j'avais fait un test préalable pour m'assurer que ça germerait bien! Et ça marche! Mais sur une vingtaine de grains de blé, seuls la moitié ont germé. C'est déjà pas mal me direz-vous ;)! Histoire qu'il y ait un peu plus de vert j'ai préféré ajouter des lentilles ;)!).
Ce matin, j'ai placé du coton humide dans des petits pots en verre et je me suis chargée de mettre les lentilles (oui c'est préférable quand on sait que les lentilles germent en milieu humide et que mon garçon met tout à la bouche..oui encore :D!). Puis, c'est Titouan qui a mis les petits grains de blé. Il était tout content ;)!
Et nous les avons humidifié avec un vaporisateur d'eau. Grand sourire jusqu'aux oreilles pour mon garçon!!








Ps: J'ajouterai des photos au fur et à mesure ;). N'hésitez pas à revenir voir l'évolution!

jeudi 3 décembre 2015

Sous le sapin il y aura... (18-36 mois)

J'aurais beaucoup aimé vous faire une jolie "whishlist", seulement mes compétences en photoshop sont plus que limitées ^^. 
Je vous propose donc quelques idées de cadeaux pour un enfant de 18 mois à 3 ans environ!
Voici ce qu'il y aura, sous le sapin (enfin, sous les sapins!) pour Titouan! 

1. Une mini-cuisine (Ikea) et tout plein d'accessoires (Ikea), une dinette en bois:

Chez nous, ce sera LE cadeau de ce Noël!

2. Un petit train en bois (Ikea):


3. Un Bilibo:
Le nôtre vient de chez Hop Toys. Cet objet un peu étrange est tout et rien à la fois ;). Parfait pour développer tour à tour la motricité globale et l'imaginaire :).


4. Des cubes sensoriels (Hop Toys):


5. Des Smartmax:
(Merci Géraldine pour cette géniale idée ;)!




6. Un collier de perles:
Celui-ci est idéal pour les jeunes enfants qui portent encore beaucoup à la bouche ;)!


Et aussi..des albums :)!

Voilà qui n'est pas dans sa liste parce que Titouan les a déjà, mais qui pourrait plaire:
- des poupées,
- des voitures/motos, etc,
- une maison des serrures,
- des fruits en bois à découper,
- des figurines animaux,
- des jeux d'encastrements (Djeco et Goula sont une référence).

Et bien sûr, n'oublions pas que le petit enfant n'a absolument pas "besoin" de tout cela!
Titouan, par exemple, joue avant tout..à faire le ménage. Enfin, que dis-je il FAIT le ménage! Ses activités favorites: passer le balai, nettoyer avec une éponge, épousseter, faire la vaisselle, ranger les courses, vider le lave-vaisselle, etc!
Alors, s'il vous manque des accessoires de ce genre, voici encore une idée de cadeaux ;)!

Enfin, l'article "Cadeaux pour ses un an!" pourrait peut-être vous inspirer?

Et chez vous, qu'il y aura-t-il sous le sapin?

mardi 1 décembre 2015

Méli-mélo des petits bonheurs: Novembre 2015

Ce mois-ci aura été marqué par de terribles événements. Maintenant, cela n'empêche pas de nous réjouir de ces petits bonheurs. Au contraire même. Je crois que plus que jamais il est essentiel de faire attention à toutes ces jolies choses et à ces moments passés ensemble.

Nous voici déjà au mois de Décembre! Alors, voici nos petits bonheurs de Novembre.

Un théâtre d'ombre pour la Saint-Martin,
Titouan qui joue avec de grands cartons et rit joyeusement,
Rencontrer deux potentiels copains, futurs "non-sco" eux aussi, et leurs chouettes mamans ;),
Assister à un joli spectacle tous les trois!!
Titouan qui découvre avec joie sa nouvelle veilleuse "ciel étoilé" :),
Des jeux, sous la couverture, bien au chaud ;),
Passer du temps en famille :)!
Un deuxième spectacle pour Titouan :)! Et cette fois, mon garçon a vraiment adoré et participé!
Danser, chanter, jouer à cache-cache,
Bientôt Noël et une jolie table de l'avent :D!
Choisir et regarder notre sapin "nature".

Et aussi, penser à quelques idées d'activités pour préparer Noël et se mettre dans l'ambiance :). En vrac:
- Décorer notre sapin,
- Fabriquer une couronne,
- Faire des petits sablés de Noël,
- Organiser et préparer un goûter pour les copains,
- Ecouter des chants de Noël,
- Se promener sur un marché de Noël (si on ose..),
- Aller voir les vitrines de Noël (si on ose..),
- Etc..


Et chez vous? 

Yoga, méditation et jeux de relaxation

Parfois Titouan improvise des petites séances de yoga! Et du coup je n'ai pu résister à l'envie de vous en montrer quelques images (qui datent un peu toutefois!) ;)!
Pour nos moments de détente plus organisés, je m'aide du livre "Jeux de relaxation" de Nicole Malenfant, du formidable "Calme et attentif comme une grenouille" d'Eline Snel et des idées d'une sophrologue que je partage aujourd'hui avec vous!
Je recommande les deux ouvrages car, bien que cela s'adresse, a priori, à des enfants de plus de 2 ans, cela a un effet bénéfique déjà avant. En tout cas, chez nous :).
Titouan a également bien accroché avec "Mes premières comptines de relaxation" aux éditions "Petit Nathan" et "Comptines de relaxation". Il a rapidement essayé de m'imiter. Je lui ai proposé pour la première fois, vers 15 mois.
(Par contre, nous avons essayé "Mes premières comptines pour bien dormir" et ce fut un fiasco total! Je n'ai jamais vu mon garçon aussi tendu et énervé qu'à cette écoute. J'ai retenté plusieurs fois, me disant que c'était sans doute le hasard...et ce n'était visiblement pas le hasard!).
Bien entendu, Titouan ne "médite" pas. Toutefois, je sais qu'il s'imprègne de l'ambiance de la séance. Et c'est déjà énorme!
D'autre part, nous parlons vulgairement de "yoga" mais là encore, il serait plus exact de parler de "yoga adapté". Le petit enfant découvre son corps, ses possibilités, ses limites. Il prend conscience du mouvement et du calme...avant tout dans la joie et le plaisir!

Voici plusieurs jeux de relaxation que m'a transmis une sophrologue de mon entourage:

Faire rouler une petite voiture sur son corps (dès la naissance):
Certains enfants n'apprécient pas le contact direct avec les mains. Surtout s'il n'est pas intime avec cette personne. On pourra alors se servir d'un objet comme médiateur. Par exemple une petite voiture ou encore une balle sensorielle.
La petite voiture qui roule sur le corps offre un massage ludique, que l'enfant peut pratiquer seul assez rapidement.
Titouan aime beaucoup lorsque j'utilise une balle tactile à picots durs.

Jouer avec des plumes (dès la naissance):
Ce jeu est un succès garanti de 0 à 99 ans!
Les plumes caressent, chatouillent, volent...On travaille le souffle sans s'en rendre compte et les petits "guilis" procurés sont très agréables. Afin d'éviter l'intrusion, la sophrologue conseille de laisser l'enfant maître du jeu. Et à nous de voir s'il est d'accord pour que nous le caressions avec la plume!

Le cri de la girafe (dès 2 ans):
La sophrologue demande aux enfants:
"- Savez-vous pourquoi on ne peut pas entendre les girafes crier?
- ...
- Parce qu'elles ont un trop long cou!".
Alors, elle invite les enfants à se transformer en girafe au long cou. Et à crier...sans qu'aucun son ne se fasse entendre!
La bouche s'ouvre un peu pour le bébé girafe, moyennement pour la maman girafe et très grande pour le papa girafe. Cet exercice tout simple détend la mâchoire, et mine de rien, libère quelques tensions! Essayer pour voir ;-)!

Des fourmis dans les jambes (dès 2 ans):
Ce jeu permet à l'enfant d'alterner mouvement et repos de façon ludique. Assis par terre, les jambes allongées, vous battez des jambes et les faîtes doucement taper contre le sol. Lorsque vous arrêtez de taper, vous ressentez comme des fourmis dans les jambes. Faîtes-le remarquer à votre enfant qui va alors se mettre à l'écoute de son corps et de ses drôles de sensations. Chassez ensuite les fourmis, en caressant vos jambes, des cuisses à la pointe des pieds. Recommencez autant de fois que cela amuse votre petit.

Souffler sur un mouchoir (dès 2 ans):
Ce petit jeu est aussi mentionné dans "Jeux de relaxation" de Nicole Malenfant. C'est tout simple! Votre petit est allongé sur le dos, et place un mouchoir en papier sur sa bouche. Il devra ensuite souffler le plus longtemps possible. Pas facile, hein?



Belle journée et joyeuse première journée de Décembre :)

lundi 30 novembre 2015

Un calendrier de l'avent?

J'ai un peu hésité quant à la réalisation d'un calendrier de l'avent "classique" pour Titouan (21 mois). Je trouvais en effet qu'un calendrier de l'avent comme on en voit souvent n'est pas tellement adapté à un si jeune enfant qui ne s'intéresse pas encore au chiffre (ou si peu) et qui n'a pas encore besoin de "patienter". Oui, Titouan n'a pas de souvenirs de Noël et il n'a donc pas vraiment de représentation de cette fête. Pas besoin non plus de lui proposer une surprise "matérielle" chaque jour et de créer chez lui envies et frustrations inutiles ("Mon chocolat!!", "Je veux ouvrir toutes les cases!!", "Il est où mon cadeau aujourd'hui??"). Et, je le trouve encore un peu trop jeune pour lui proposer "un bon pour...".
Mais c'est évidemment très personnel :).

En stage, dans un Jardin d'enfants Steiner, j'avais été sous le charme du chemin de 24 bougies proposés par la jardinière. Ce chemin était avant tout religieux et spirituel. Marie et Joseph avançait, petit à petit, jusqu'à l'étable. Chaque jour, un enfant allumait une bougie de plus que la veille...c'était de plus en plus lumineux, de plus en plus beau!!!
Et c'était très "parlant". Les enfants matérialisaient mieux ainsi le temps qui passe.
Au Jardin d'enfants Montessori, j'avais proposé aux enfants âgés de 2 à 4 ans, ce type de chemin de bougies. (Sans tenir compte de l'aspect religieux). C'était tout à fait magique :)!
À la maison, si vous souhaitez vous aussi vous inspirer de ce chemin, je vous invite à expliquer simplement le concept à votre petit. La dernière bougie symbolisera ce qui vous parle le plus: une fête avec toute la famille, la naissance de Jésus, l'arrivée du Père Noël, les vacances, etc.

J'ai hésité à le proposer à Titouan, jusqu'au dernier moment en fait! J'avais pourtant tout le matériel nécessaire. Mais, plusieurs points m'ont fait changer d'avis dont celui-ci:
Je n'ai pas pris le temps de vous en reparler mais notre table des saisons, qui est à la base sensée être une table vivante, a été chez nous...une table volante ^^. Titouan a beaucoup aimé cette table et les petits objets qu'il y avait dessus maintenant, il passait son temps à jeter les marrons dans tout l'appartement..Du coup, j'ai déplacé tout ça en hauteur, sur notre cheminée. Nous avons donc une cheminée des saisons ;). Bon, bien entendu, mon garçon va grandir et cela va changer mais, en attendant, voilà où nous en sommes..
Le grand nombre de bougies m'a fait peur..surtout si Titouan avait envie de tester leur gravité :D.

J'ai alors réduit le nombre de bougies à 4 comme les 4 dimanche de l'avent...Chez nous, ce sera donc une table de l'avent ;)!
J'aime l'idée d'allumer des bougies à cette période de l'année. C'est magique et chaleureux :-).
J'ai disposé 4 petits pots en verre dans lesquels j'ai placé une bougie chauffe-plat.
J'ai réalisé quelques sapins en suivant ce tutoriel et en m'inspirant de celui-ci. J'ai placé tout autour des figurines sur le thème de la forêt, quelques étoiles (tutoriel chez ).
En fond, j'ai installé une guirlande lumineuse. Et voilà!
On peut ensuite inventer des histoires avec son enfant et déplacer les figurines au gré de ses envies :-).
La tradition veut que le premier dimanche, nous allumions une seule bougie. Et que nous la rallumions, tous les soirs de la semaine.
Le deuxième dimanche, nous allumons une bougie de plus, etc.
Vous pouvez les disposer en cercle ou, pour symboliser le temps qui passe, en ligne.
Pour nous, cela commencera officiellement demain soir, le 1er Décembre :). (Bien que nous ayons allumé notre première bougie dimanche!).
Titouan était totalement émerveillé devant cette scène. "Wahou!! Joli!" s'est-il exclamé à plusieurs reprises ;)! J'aime beaucoup moi aussi. C'est tout doux :).
(Sur les images, toutes les bougies sont allumées mais c'était juste pour les photos ;)).

Peut-être avez-vous opté pour le calendrier de l'avent? Ou peut-être avez-vous préféré autre chose ou ne rien faire de particulier? Racontez-moi :).




vendredi 27 novembre 2015

Pâte à sel sensorielle...de Noël!

J'ai proposé à Titouan de la pâte à sel sensorielle de "Noël" :)!
J'ai commencé par faire de la pâte à sel toute simple et je l'ai divisé en deux boules. J'en ai parfumé une à la cannelle et l'autre aux quatre épices.
Pour une invitation Reggio, j'ai ajouté quelques bâtons de cannelle, quelques clous de girofle et des bâtons de bois. J'ai disposé le tout sur un plateau. Et voilà!!
Je n'ai pas nommé de suite ce qu'il y avait sur le plateau mais j'ai attendu que Titouan se familiarise avec les différents "objets".
Mon garçon s'est amusé à planter toutes ces petites choses dans la pâte, un moment. Il a humé la cannelle :).
Je craignais qu'il ne mette à la bouche les clous de girofle et cela n'a pas loupé ;)! Je ne sais pas si vous avez déjà goûté mais c'est vraiment pas bon du tout du tout!! Du coup, il a recraché de suite et n'a pas retenté l'expérience ^^.
Les clous de girofles se sont aussi retrouvés un peu partout sur le sol...Pas grave, Titouan a exercé sa motricité fine, sa concentration et sa patience ;)!
Cela sentait drôlement bon dans la maison!! 
Je lui proposerai encore quelques jours, j'ajouterai sans doute quelques pommes de pin en plus, puis je tenterai de cuire la pâte pour en faire une décoration pour notre futur sapin! J'espère que ça marchera ;)!
Et bien sûr nous avons ressorti nos bouteilles sensorielles de Noël!!

Bon week-end :)



mercredi 25 novembre 2015

Le Père Noël en question


Ah, cette fameuse question du Père Noël!!! Faut-il faire croire à son enfant à l'existence de ce gentil monsieur barbu??
Je vous fais part de mon point de vue...qui n'engage que moi bien entendu ;-).
Autrefois, je ne me posais pas vraiment la question. Le père Noël était une tradition. Chacun d'entre nous avait cru à son existence...et nous sommes tous tombés de haut un jour au l'autre, entre nos six et sept ans ;-).
Et puis, j'ai commencé à réfléchir sur le fait que certains adultes utilisaient le Père Noël comme menace ou chantage: "Si tu n'es pas sage, tu n'auras pas de cadeaux!", "Attention le Père Noël te voit faire des bêtises!"...
C'est triste, non? C'est même un peu violent, qu'en pensez-vous?

J'ai aussi étudié la pensée de Maria Montessori. Elle posait la question: "Mais comment ce qui est le fruit de notre imagination pourrait-il développer l'imagination des enfants?". Elle poursuivait en disant que nous seuls adultes, imaginons. Les enfants, eux, croient. Elle demandait encore: "Est-ce la crédulité que nous voulons développer chez nos enfants?".
Bref, elle était résolument contre l'idée de "faire croire" au Père Noël. Pourquoi? Parce que cela implique que l'adulte dupe le petit enfant et se joue de sa naïveté, notamment pour le faire obéir. Menace, chantage, etc.

Dans les écoles Steiner-Waldorf, la dimension est tout autre. On ne parle pas de Père Noël mais de St-Nicolas, ce qui est, un peu dans le même esprit (le côté religieux en plus). Dans ces écoles, l'imagination a une grande place. Le problème est que cette imagination naît pas toujours des enfants eux-mêmes. Ce sont les adultes qui racontent bien souvent tout un tas d'histoires sur tout un tas d'événements. Certaines choses m'ont même choquées. Une anecdote? La Jardinière d'enfants raconte pourquoi les feuilles sont vertes à des enfants de 3 à 6 ans. Non il ne sera pas question de photosynthèse, à aucun moment et pas même au "grand" de 6 ans. Mais de lutins tout verts qui y vivent...À un enfant de 5 ans qui s'exclamera :"Mais noon!". La jardinière se fâchera et lui dira: "Ah si dis-donc!! Puisque je te le dis", le regard sévère...
Bref, de nombreuses choses me parlent et me touchent dans cette pédagogie mais certains points me dérangent profondément..Petit aparté pour vous dire que c'est là, je crois, où j'ai vraiment commencé à réfléchir à la question: "Qu'avons nous le droit, en tant qu'adultes, de faire croire aux enfants?".

Je me souviens de mes premiers Noëls ou je guettais l'arrivée du Père Noël. Excitation et joie intense avant d'aller se coucher...Waouh, le père Noël allait passer cette nuit!
Serais-je cruelle au point de ne pas vouloir faire vivre cela à mon enfant? Je me suis posée la question. J'ai retourné le truc pas mal de fois ;)!
En réalité, je me souviens surtout du jour où j'ai compris que l'on m'avait menti et que les adultes avaient joué de ma naïveté. Je leur en ai longtemps voulu. Sans compter la déception et la perte!

Bien entendu, je suis sûre que la grande majorité des adultes qui choisissent de raconter l'histoire du Père Noël à leurs enfants, ne le voient absolument pas comme un mensonge mais plutôt comme une jolie tradition!!

Est-ce que le Père Noël est indispensable à la fête de Noël?

La fête de Noël est avant tout magie, lumière et plaisir d'être ensemble! Et elle n'a pas besoin, il me semble, de ce monsieur barbu!
D'ailleurs, lorsque je travaillais au Jardin d'enfants Montessori, les premières années, le père Noël était abordé comme le veut la coutume. Puis, j'ai amené cette réflexion auprès de mes collègues. Nous avons réfléchi ensemble, nous en avons parlé avec les parents, etc. Finalement, nous avions décidé que le père Noël ne serait pas mentionné et les derniers Noëls ont été les plus magiques!! Nous avions insisté sur l'ambiance, la décoration, les lumières, etc. C'était parfait :).

Chez nous, j'ai choisi ce qui me semble être un juste milieu, une alternative. Le père Noël est une légende et elle le restera: "On raconte que....", "On aime bien raconter que..".
L'enfant y croit s'il en a envie mais il a aussi le choix de ne pas y adhérer. Je n'entretiendrai pas le mythe en déposant un verre de lait et un biscuit...sauf si c'est une demande, un jour, de Titouan!
Cette année, mon garçon est encore un peu jeune. Je ne suis même pas sûre que je lui parlerai déjà de cela!

Sur ce, je vous laisse avec un clip vidéo d'un chanteur un peu poète et drôle! Enfin, en tout cas, moi, ça me fait gentiment sourire ;)!

video


Et vous, qu'en pensez-vous? Qu'avez-vous choisi?

mardi 24 novembre 2015

Accompagner un enfant en crise

Titouan est, dans l'ensemble, un petit garçon plutôt souple et conciliant. Il me répond souvent "D'accord". Je suis, moi aussi, quelqu'un de souple. Je rentre rarement dans une lutte de pouvoir et je dis régulièrement "Chuut!" à mon petit égo à l'intérieur de moi, sans pour autant cesser d'être à l'écoute de mes émotions.
Nous avons mis en place plusieurs "outils" pour éviter les crises. Par exemple, l'environnement est adapté à notre enfant, ce qui lui permet d'être autonome pour un maximum de choses (cf. Article "Environnement adapté et autonomie".). Nous évitons de lui donner des ordres et nous tâchons de susciter sa coopération (cf. Article "Susciter la coopération").
Nous lâchons-prise aussi. Mais cela ne veut absolument pas dire que nous laissons faire. En fait, lorsque Titouan exprime un mécontentement à une situation/action, je me demande: "Est-ce raisonnable ce que je lui demande là?", "Est-ce si important?". Et très souvent je me rends compte que je peux lâcher!!
Et lorsque ce n'est pas possible pour diverses raisons (sécurité bien souvent) et bien j'accompagne la crise.
On ne peut pas éviter toutes les crises. D'une part parce que nous ne sommes pas parfaits. Nous ne nous exprimons pas toujours comme nous l'aurions souhaité, nous sommes fatigués, énervés, etc. Notre patience est au plus bas.. Notre enfant, lui aussi, peut être fatigué, malade, etc.
D'autre part, parce que les crises ne sont pas nécessairement négatives! Evidemment, la façon dont un tout petit se fâche est souvent impressionnante mais ce n'est que dû à une immaturité de son cerveau. En fait, il est simplement en train de nous dire qu'il n'est pas d'accord. Et il en a le droit.
Notre rôle à ce moment là consiste à l'accompagner à traverser cette crise, à nommer ses émotions et à l'aider à ne pas en avoir peur.
Vouloir éviter à tout prix les crises comme signe d'une éducation "parfaite" ce serait voué à l'échec et à l'insatisfaction permanente. La vie n'est pas parfaite. Parfois, nous ne sommes pas d'accord et c'est très bien aussi.
Un exemple concret? Comme vous le savez, Titouan n'aime pas tellement me donner la main dans la rue. Par conséquent, il arrive qu'il y ait quelques conflits à ce sujet. Pour éviter la crise, je rappelle les consignes avant que nous sortions et en générale ça se passe plutôt bien :).
Il y a quelques temps, nous nous promenions dans le quartier et nous arrivions à un passage piéton. Titouan a voulu enlever sa main de la mienne. Or, des voitures passaient à cet instant. Hors de question donc, qu'il ne me lâche la main ne serait-ce qu'une seconde. Je lui ai rappelé: "Dans la rue, on se donne la main. C'est dangereux. Regarde, des voitures passent." Il n'y a rien eu à faire. Et une crise est survenue. Je l'ai alors pris dans mes bras. Lui, criait et se débattait. Tout en le ramenant à la maison, je lui disais: "Tu es très très fâché!! Tu voulais marcher seul! Et moi je te porte!! Oh c'est énervant hein!!".
Pendant la crise, je ne cherche pas à lui expliquer quoi que ce soit ou à lui "faire entendre raison". C'est trop tard pour cela. J'en rediscuterai avec lui lorsqu'il sera au calme.
Titouan s'est calmé quelques secondes après mes mots emphatiques et il est passé à autre chose. Sans doute parce qu'il avait été entendu et reconnu dans son droit à vouloir faire quelque chose que je ne l'autorisais pas à faire. Ou alors parce qu'il a rapidement pu monter les escaliers et que ça, c'est super chouette :D!

Une amie m'a rapporté un problème qu'elle rencontre avec son fils de 2 ans. Il ne veut pas être attaché dans son siège-auto. Chaque matin, pour aller retrouver la nounou, c'est la crise!!
Lorsque mon amie n'est pas trop pressée, elle lui propose un jeu, une diversion et elle attend tranquillement que son fils soit d'accord pour aller dans le siège-auto.
D'autres matins, ce n'est pas possible. C'est la course, mon amie est fatiguée, etc. Bref, elle n'a pas envie et/ou pas le temps d'attendre. Et elle a le droit.
Alors qu'il refuse ouvertement de coopérer, elle se fâche. Parfois, elle crie aussi. Et, dans la seconde d'après, elle regrette.
Dans ces cas-là, il semble essentiel d'avoir avant tout de l'empathie envers soi-même. Oui, nous avons le droit de ressentir de la fatigue, de la colère, de l'agacement. Oui on a le droit de penser: "Bon allez qu'il aille chez sa nounou parce que là, j'en peux plus!!". J'ai remarqué que l'on se met parfois inconsciemment la pression. On aimerait que la journée soit "parfaite" sans cris, sans colère, etc.
Or, si fort heureusement il y a des journées très très agréables, il y en a où on se dit qu'on aurait mieux fait de rester couché..
Accepter la crise de son enfant c'est aussi accepter que certaines choses nous échappent et que nous ne contrôlons pas tout. C'est accepter que la vie soit imparfaite.
Mon amie souhaiterait que son fils soit toujours super content d'aller dans le siège-auto. Le problème c'est que parfois, lui aussi, il est fatigué/énervé/pas envie et qu'il a le droit..Et puis, peut-être n'a-t-il pas envie de se rendre chez sa nounou?
Les matins où on ne peut pas vraiment faire autrement et qu'une crise est là, le mieux qui reste à faire c'est simplement de l'accompagner: "Tu ne veux pas aller dans le siège-auto! Tu aimerais rester à la maison/te promener." Vous pouvez même lui dire: "Ah moi ce matin, j'avais envie de rester au lit! J'étais bien dans mon lit!". Peut-être se reconnaîtra-t-il dans vos mots et que cela lui donnera du baume au coeur pour grimper dans le siège-auto ;)!
Il se débat? Il vous tape? Rappelez-lui les règles de base: "Chez nous, on ne se tape pas.". Protégez-vous de ses coups en le maintenant. Oui ce n'est pas agréable et confortable et oui on se sent mauvaise mère à ce moment là..Et oui c'est vraiment frustrant d'avoir affaire à cette situation!!
Pour éviter ce genre de crise qui survient finalement lorsque nous sommes pressés, le mieux est encore d'anticiper et de prévoir quinze minutes en plus..Ce ne sera évidemment pas toujours réalisable!!

Par ailleurs, j'ai remarqué que c'est souvent le mot "Non" qui amène à une crise. Alors, plutôt que de dire à son enfant: "Non, tu ne peux pas jouer maintenant. Là, nous allons manger.", lui dire "Oui tu joueras après dîner". C'est une formulation qui est très bien acceptée chez nous :). Merci Adèle Faber et Elaine Mazlish ;).

Enfin, le câlin est encore ce que nous avons inventé de mieux ;). Quand la crise débute ou pourrait débuter, je propose un câlin à mon garçon. Il vient se blottir contre moi et tout s'apaise :).

Et chez vous, comment cela se passe-t-il?

lundi 23 novembre 2015

Susciter la coopération

Peut-être avez-vous parfois quelques difficultés à susciter la coopération chez vos enfants dans certains des actes quotidien? Pour nous, par exemple, s'habiller et changer la couche..relève bien souvent encore du défi!! (Quoi que je note une nette amélioration depuis que nous avons mis en place quelques habilités dont je vous parle ensuite ;)).

"Quand le parent n'a plus d'attente, l'enfant ne subit plus de pression, son opposition tombe.
Attention, le lâcher-prise n'est pas un truc pour obtenir reddition. Il y a des choses sur lesquelles on peut lâcher, plus qu'on ne le croit. En revanche, il y a aussi nombre d'aspects absolument non négociables, imposés par les nécessités de la socialisation, pour la santé, voire la survie de l'enfant. Pas question de faire du lâcher-prise une technique universelle. Et lâcher-prise n'est pas laisser faire!
Le lâcher-prise est utile parce que l'opposition de l'enfant  porte plus souvent sur le processus que sur le contenu! L'enfant ne s'oppose pas vraiment à mettre son pantalon, mais à la manière dont vous le lui avez demandé, ou parce qu'il veut d'abord les chaussettes, ou..". Extrait du livre "J'ai tout essayé" d'Isabelle Filliozat.

Éviter de donner des ordres nous permet, entres autres, de lâcher-prise et de susciter la coopération: 
- Installer des associations: bottes pour quand c'est mouillé, etc.
- Installer des routines, des suites de gestes.
- Poser des questions, faire réfléchir.
- Mettre l'enfant en position de décider ne serait-ce qu'une petite chose.
- Donner des informations.
- Donner des choix.
Je vous en parlais ici.

Un aménagement adapté est essentiel pour permettre à notre enfant d'être autonome et acteur sur de nombreux points. Et cela contribue grandement aussi à nous éviter de donner des ordres!!

Pour poursuivre, voici quelques habilités proposées par Adele Faber et Elaine Mazlish et extraites de leur ouvrage "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent.". Celles-ci s'adressent à des enfants de plus de 2 ou 3 ans (ou avant pour certaines!):

Pour susciter la coopération d'un enfant:
1. Décrivez ce que vous voyez ou décrivez le problème
Il y a une serviette humide sur le lit
2. Donnez des renseignements
La serviette mouille ma couverture
3. Dites-le en un mot!
La serviette!
4. Décrivez ce que vous ressentez
Je n'aime pas dormir dans un lit humide!
5. Écrivez une note
(Au-dessus du porte-serviettes) S'il te plaît, replace-moi ici pour que je puisse sécher. Merci! Ta serviette.

Pour un petit enfant de moins de trois ans, on pourra sans doute reprendre aisément les quatre premières habilités. Pour le moment, ce qui touche le plus Titouan ce sont les habilités 1, 3 et 4.
Grâce à ces habilités, le jeune enfant ne se sent ni dépendant ni coupable mais au contraire valorisé, acteur et responsable.

Fort heureusement, ce n'est pas parce que nous allons utiliser ces habilités de façon appropriée que nos enfants vont toujours réagir en conséquences!! Ce ne sont pas des robots!! (Je vous déçois là ;)?)
Il ne s'agit pas de présenter une série de technique de manipulation du comportement, capable d'entraîner une réaction automatique.
Ce ne sont pas des "astuces" mais bien des idées, des propositions, etc.
Il s'agit surtout de s'adresser à ce qu'il y a de meilleur chez les enfants: leur intelligence, leur initiative, leur sens des responsabilités, leur sens de l'humour, leur capacité à être sensibles aux besoins des autres.
Il s'agit de créer un climat émotionnel qui encourage les enfants à coopérer, parce qu'ils se soucient d'eux-mêmes et qu'ils se soucient de nous.

Notre expérience:
S'habiller et changer la couche sont deux moments chez nous qui posaient (et posent encore parfois) régulièrement soucis.
Si l'on y réfléchit bien ce sont deux moments où notre enfant a encore besoin de nous. Bien sûr il est maintenant capable de faire de plus en plus de choses seul. Cependant, il reste dépendant pour pas mal de petits trucs. Je crois que c'est là un point clé pour nous.
En effet, pour toutes les autres actions quotidiennes, Titouan agit intégralement seul: se laver, manger, boire, etc. Je ne l'assiste presque pas..
Alors, j'ai choisi de mettre en place quelques habilités. Plutôt que de lui dire: "Maintenant c'est le moment de s'habiller" ou "On s'habille!" qui se solde toujours par un petit garçon qui s'en va en courant, je lui demande: "Qu'est-ce qu'on fait après le petit déjeuner?" ou "Tu aimerais choisir ton pantalon ou ton pull?" ou encore "Nous avons besoin de s'habiller pour aller nous promener".
En règle générale, Titouan est réceptif et s'en va en courant pour chercher...ses vêtements cette fois ;).
Eh oui je dis "en règle générale" parce que parfois il n'a pas envie, tout simplement. S'il n'y a aucune obligation à ce que nous sortions là tout de suite, je lui dis: "Quand tu sera prêt à t'habiller, je serai prête à t'aider". Souvent, il m'amène ses habits dans les cinq minutes qui suivent..
Parfois, nous avons une obligation (ou plutôt "J'ai" une obligation), je lui explique: "Je n'ai pas envie d'arriver en retard à mon rendez-vous. J'ai besoin que tu sois habillé." Quelque fois, il coopère suite à ces explications.
D'autres fois, ce n'est pas le cas. Je lui dis alors "Je comprends que tu préférerais rester en pyjama, le problème c'est que je suis pressée et que je dois me dépêcher. " Il lui arrive, à ce moment là, de coopérer. Si ce n'est pas le cas, je l'habille contraint et forcé..Cela ne me plaît pas du tout mais je suis souvent à cours d'idées à ce moment là..! Heureusement c'est de plus en plus rare!
En ce qui concerne le change de couche, c'est un peu différent. Le papa choisit souvent de distraire Titouan: un livre, un jeu, etc. Et généralement cela se passe sans trop d'encombres. En effet, le jeu est souvent un moyen très agréable de faire passer un moment qui peut l'être moins..
Avec moi c'est plus difficile parce que je vise plutôt la collaboration que la distraction..Du coup, j'essaie de le faire participer au maximum: prendre la couche, mettre le liniment sur le coton, se nettoyer, mettre à la poubelle, etc. Le problème c'est qu'il n'a absolument pas envie de rester immobile, que ce soit debout ou allongé. Il ne cri pas ou ne se débat pas mais il cherche à s'enfuir..Il m'arrive de lui changer la couche en plusieurs fois ;). Ce moment, quoi qu'il se passe de mieux en mieux, n'est pas encore très détendu!

Chaque fois que Titouan coopère, je le remercie: "Merci de me donner ta jambe pour que je puisse mettre ton pantalon", "Merci de rester allongé sans bouger lorsque je te change la couche", etc.
Depuis que nous avons mis ces habilités en place, je note une réelle amélioration. Il participe plus volontiers et coopère. Si une habilité ne l'amène pas plus à coopérer, je change d'habilité et parfois j'en essaie plusieurs..Je tâche de trouver celle qui nous convient le mieux pour tel moment. Cela change souvent et je dois donc très régulièrement m'ajuster.
Si c'est au début une gymnastique de l'esprit, au final cela devient tout à fait spontané.

Coopérer est un état d'esprit qui me semble indispensable pour un bien vivre ensemble. Tout peut être prétexte à susciter la coopération de votre enfant. Par exemple, plutôt que de lui proposer de classiques jeux de compétition, pourquoi ne pas lui proposer des jeux de coopération? Il en existe de plus en plus! Certains sont accessibles dès 2 ans :).

Et chez vous, comment cela se passe-t-il?

Je vous souhaite à tous une belle soirée et je vous parle très vite de l'accompagnement d'un enfant en proie à une crise émotionnelle...!

mercredi 18 novembre 2015

Des mots pour apaiser

Dur de revenir sur le blog après ces événements mais c'est important aussi de mettre des mots et d'aller de l'avant. Je remercie les lectrices qui ont pris de nos nouvelles, ça touche beaucoup :).
Dans cet article j'ai envie de partager avec vous plein de choses. Excusez par avance ce qui risque d'être un peu brouillon..révélateur, sans doute, de l'état d'esprit dans lequel je suis aujourd'hui.

J'espère, qu'autour de vous, tout va bien.

Les attentats ont eu lieu à moins de dix minutes de chez nous. Depuis, le quartier revit. Mais, il faut être honnête, il est très difficile de se remettre des événements.
Notre quartier c'est comme un petit village. J'y suis née et j'y suis restée. Je ne suis d'ailleurs pas la seule et je croise très régulièrement mes copains et copines de l'école. C'est rare à Paris.
Des visages que je croisent depuis presque 30 ans..Imaginez!
Notre quartier est complètement cosmopolite. Il y a de tout et c'est pour ça que je l'aime! Tout le monde se connaît, au moins de vue.

Comment cela s'est passé pour nous ce soir là?
Je rentrais d'un atelier. Alexandre essayait de rendormir Titouan. Je me suis assise devant mon ordinateur et j'ai entendu des pétards ou un rideau métallique qui dysfonctionnait..Nous n'avons pas du tout compris. Puis, les pompiers sont arrivés. Cela n'arrêtait pas. De notre fenêtre nous ne voyions pas grand chose. Nous avons regardé les informations en direct, chacun notre tour. L'autre essayant de rendormir notre petit garçon qui n'avait de cesse de dire: "Pin, Pon!..Parti??". Difficile de le rendormir. J'apprends que l'un des lieux touchés est celui tenu par un ami d'enfance. Impossible d'avoir de ses nouvelles. Titouan ressent mon attente, mon inquiétude, notre choc aussi. Il entend les sirènes des pompiers qui sont omni-présentes. Il fait nuit.
Bref..Je n'ai pas hésité une seconde et j'ai parlé à Titouan.

Que dire à nos enfants?
Les pédopsychiatres sont visiblement d'accord sur le fait que tout dépend de l'âge et du contexte.
En deçà de 4 ans, Serge Tisseron propose de dire que quelque chose de grave s'est passé et que des gens sont morts, que nous sommes inquiets et que cela n'a rien à voir avec l'enfant.
Pour les plus âgés, Serge Tisseron propose un dialogue en partant de ce que l'enfant dit avoir vu/entendu/compris. (cf.vidéo)

Autour de moi, certains parents ont fait le choix de ne rien dire du tout, pour protéger/préserver leurs enfants.
J'ai fait le choix de dire. Mais je ne l'ai pas dit n'importe comment.
Pourquoi en parler est important?
Parce que l'enfant, même le tout petit bébé, ressent les choses, ressent l'angoisse de ses parents. Il voit et entend les adultes autour de lui. Il voit que Papa se fâche soudainement plus rapidement qu'à l'accoutumée. Il voit que Maman est perdue dans ses pensées. Il voit bien que ce n'est pas comme d'habitude. Il n'est pas idiot.
Mettre des mots lui permet de se rassurer et surtout de comprendre qu'il n'y est pour rien.

Leur dire la vérité c'est les inscrire dans le Monde. Ils en font parti. 
Maintenant, ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas choisir ses mots. 

Que dire à un petit enfant de moins de trois ans?
Si vous êtes loin de tout ça et en fonction de ce que vous ressentez, vous pouvez peut-être vous en tenir à: "Il s'est passé quelque chose de grave. J'ai été choqué. Je me remets doucement. Cela n'a rien à voir avec toi. Je t'aime." ou même tout simplement: "J'ai appris une mauvaise nouvelle. Je ne suis pas très bien. Tu n'y es pour rien."
Mais dites-leur que vous vous êtes inquiétés et précisez encore encore qu'il n'y est pour rien.
Les enfants ont souvent tendance à se croire responsable des émotions de leur parent.
Il est important aussi de mettre des mots sur leur ressenti à eux. Vous pouvez dire: "J'ai l'impression que tu es inquiet/triste." Votre enfant confirmera ou non vos impressions.

Si vous vivez à Paris ou comme nous, à deux pas des drames, c'est un peu différent. Mais pas plus que ça..
Le soir des attentats et alors que nous entendions les sirènes des pompiers, que je m'inquiétais pour un ami et des familles habituées des lieux (parents "d'élèves"), j'ai dit à Titouan: "Il s'est passé quelque chose de grave. Papa et moi sommes choqués et inquiets. Cela n'a rien à voir avec toi. On t'aime."
Il nous était impossible de ne rien lui dire. Il entendait, voyait, ressentais. En mettant des mots, nous l'avons apaisé.
En fait, je me rends compte que, malgré notre proximité avec les lieux et les victimes, nous avons préservé notre garçon au maximum de ce que nous pouvions.
Nous n'avons pas la télévision et nous n'avons donc pas été tenté de l'allumer en la présence de notre enfant. Nous nous sommes relayés et discrètement isolés pour regarder les informations en direct sur internet le soir du drame.

Et après 5 ans?
Je pense que j'aurai eu ce discours, qui est très soft, jusqu'à 4 ou 5 ans (voire plus) selon sa maturité..Pas nécessaire, selon moi, de parler de "morts", "d'actes de guerre", etc. Et encore moins de parler de terrorisme ou de détails atroces. Surtout si cela s'est passé à côté de chez soi, c'est terriblement angoissant.
Au-delà de 5 ans: "Des méchants ont tué des gentils", c'est suffisant non? Mais il n'y a pas de mots justes ou de mots à éviter. Chaque parent l'a dit (ou pas) avec ses mots et ses ressentis. C'est très bien aussi.
Comme le conseille Serge Tisseron ou encore Claude Halmos, vous pouvez partir de ce qu'il a entendu et des questions qu'il vous posera. Tout comme nous, les enfants ont besoin de comprendre. Expliquons-leur. Sans détails abominables. Sans angoisse. Parlons-leur de tolérance, de solidarité et d'amour.

Rassurer votre enfant:
Si votre enfant a eu accès à des informations qui l'ont boulversé, je vous propose un petit exercice qui peut le rassurer et vous rassurer vous aussi :). Vous pouvez lui dire, en le tenant par la main: "Là, maintenant, tout de suite, tu es en sécurité." Dites-lui autant de fois que nécessaire. Demandez-lui: "Tu sens comment ça fait d'être en sécurité à l'intérieur de soi?". Ainsi, petit à petit ou peut-être instantanément, il éprouvera ce sentiment de sécurité indispensable à son bien-être. La peur est un sentiment qui empêche de grandir sereinement.
Contrairement à ce que nous pourrions penser, il n'est pas conseillé de lui dire que cela ne se reproduira plus. Nous n'en savons rien.
Inutile aussi de lui dire que cela peut se reproduire à tout moment. Ce serait trop angoissant.
Mais lui dire que nous sommes là pour lui, que des adultes et des gens qui l'aiment sont là pour le protéger, que nous sommes ensemble.

Accueillir les sentiments:
Certains adultes cachent leurs émotions pour ne pas inquiéter leurs enfants. Or, c'est le silence, le faire semblant qui les inquiètent car ils sentent que cela sonne faux.
Ces sentiments, aussi désagréables à vivre soient-ils, font partie de la vie. C'est important d'aider votre enfant à les nommer.
On pourra accueillir les sentiments en disant, par exemple:
"Tu as l'air...",
"Je vois que tu es... "(quand le sentiment est très évident),
"J'ai l'impression que..."
"Ça peut être gênant de..."
"Souvent on se sent... lorsque..."
Parlez de vos ressentis sans trop en faire, sans l'inquiéter.

Que penser de la minute de silence?
Certains professionnels de la petite enfance se sont demandés comment mettre en place la fameuse minute de silence. Je crois que celle-ci ne fait pas sens pour un petit enfant de moins de six ou sept ans. Cela demande beaucoup trop d'abstraction, de prise de conscience, etc.
Peut-être le ressentez-vous différemment?
Une minute de silence peut se faire à un autre moment plus approprié, pour nous, adultes. L'important c'est de penser aux victimes et à leurs proches.
Je vous invite à visionner cette vidéo, extrait d'une conférence d'Isabelle Filliozat.
Enfin je me questionne quant à la portée de cette minute de silence imposée dès l'école primaire. Il me semble que de "forcer" la main des enfants pour se recueillir, penser aux victimes, c'est les obliger à avoir de l'empathie. Or, l'empathie mature.
Certains enfants ont aussi le droit de ne pas être tristes à ce moment-là. Et de ne pas culpabiliser de ne pas ressentir ce que le professeur ou le parent aimerait qu'ils ressentent. Peut-être réaliseront-ils quelques jours ou quelques mois plus tard. Et là, ils auront probablement et profondément envie de penser à ces personnes disparues et à la fraternité. Réellement. Pas parce que l'enseignant(e) le leur auront demandé.

La vie continue:
Autour de moi, notamment sur les blogs que j'aime habituellement lire, il y avait, dès le lendemain des attentats, des petits mots disant "La vie continue", "Je n'ai pas peur", "Je n'ai pas voulu être triste pour mes enfants", "Je vais sortir, faire la fête! Un beau pied de nez!", etc.
Or, je ne le ressens pas de la même façon. Oui, la vie continue. Oui, l'amour est plus fort Ce sont des évidences.
Maintenant, je n'ai pas envie de faire la fête. Non, je n'ai vraiment pas envie de sortir. Non, je ne vais pas me frotter à la foule. Oui, j'ai peur. J'ai peur d'un mouvement de foule, d'une panique générale ou pire.. Lorsque je me rends dans un lieu public, je cherche du regard la sortie de secours..
J'ai peur parce que je suis Maman. J'ai peur parce que je les aime, ces deux-là, mon homme et mon fils. Et qu'ils m'aiment.
Alexandre et moi pensons aux victimes chaque jour et en particulier à un "ancien" papa du Jardin d'enfants qui était malheureusement au Bataclan ce soir là..et qui laisse deux petites filles et une femme.
Pendant trois à quatre jours, j'ai été comme sidérée. Je m'en remets tout tout doucement.
Parfois il est bon aussi de s'écouter, de prendre le temps, de ne pas avoir peur d'avoir peur..pour repartir de plus belle!!
Pendant ces jours de choc où je me disais "Mais pourquoi?", "Mais comment?", "Ça aurait pu être moi ou un proche.", je ne suis pas que restée à regarder les actualités, cloîtrée à la maison. Non, j'ai dansé avec Titouan. J'ai ri de le voir rire et j'ai ri avec lui. On s'est fait des chatouilles, on a joué à cache-cache et à s'attraper. On a promené notre chien. On s'est dit qu'on s'aimait. On a joué au ballon. On s'est fait des tas et des tas de câlins et de bisous. La vie continue, bien sûr.



Ce billet est ma participation, un peu en avance, aux "Jeudi éducations" de Wonder Mômes.
Eux aussi participent:
Parent Ultime avec "Apprendre la paix intérieure aux enfants",
Creativemumandco avec "3 jeux 100% fait-maison pour aider les enfants à gérer leurs émotions!",
Les idées du Samedi avec "La forêt des Mille Ombres, un livre sur le vivre ensemble",
Félie et ses monstres gentils avec "Mais maman, pourquoi ils font ça ? Pourquoi ils font du mal ?",
WonderMômes avec "Favoriser le langage avec les Images à raconter (coffrets Montessori)",
Maman Moderne Politiquement Incorrecte avec "Quelle éducation pour mes enfants après le 13.11.2015?",
Family's Power avec "Après les attentats".